27 novembre 2015

Le Labyrinthe, encore une fois. [...]

Dans mon carnet usé, plié, cerné, ridé, j'écris:

"Mes battements de coeur sont réguliers et calmes, mais dans ma tête tes mots résonnent d'un sens puis de l'autre. [...] Dans tous les cas il y a incompréhension. Un bond spatio-temporel que j'ai manqué, passage dans un univers parallèle où il on dirait que c'est le Pire qui s'est concrétisé. [...] Et c'est cette inconscience qui doit probablement être mon pire péché, à tes yeux du moins. [...]"

Assis sur le sol de pierre froid, je tourne les pages de ce callepin, comme si mes propres écrits pouvaient me véhiculer une quelconque bribe de sagesse.

Je regarde d'un côté de ce couloir, de l'autre, sachant très bien qu'en fait il n'y a pas de sortie. Seulement une fuite constante, échappant au Minotaure pour plus ou moins longtemps. Oui, je vais continuer d'arpenter ces interminables allées déambulatoires, [...] Et je n'ai pas plus de raison de persister que j'en ai d'abandonner. Tout s'équivaut. Non, ce n'est pas vrai. Voilà la maudite malédiction: quand [...] la douleur s'estompe, et je peux laisser chaque seconde me traverser sans que ça soit une dégradation indigne.

Je ne sais rien, plus rien. Et le hurlement résonne, me semblant encore plus près.

25 novembre 2015

Matin froid, tout illuminé d’éblouissement, tendant vers des essences hivernales. Ligne nuageuse artificielle contre ciel tout bleu; beauté défigurée. Éveil neutre, à la limite de l’indifférence. En marchant, une pensée: 

« À la lumière matinale, tout semble futile, tout est équivalent, toutes nos activités ne sont conçues que pour une chose : désarçonner ce Temps qui nous passe dessus. Désarmer ce Réel qui à tout moment menace de nous déverser son Trop-plein, voire de faire céder le barrage complètement. »

Je pense à elle, fraîchement éveillée dans sa « thébaïde épurée, » et suis aspergé par un petit espoir triste, un chagrin souriant, car malgré ce qui se passe ou ne se passe pas, malgré Novembre qui fait des siennes, malgré cette Solitude qui veut me faire payer pour les outrages diffamatoires que j’ai prononcés à son égard, malgré l’hébétude désemparée qui m’habite du matin au soir, la vision de son visage… est douce. Est belle. Est là, juste ici, sous mes parois crâniennes, pour m’accompagner. Pour me détourner de ce qui trop terne ou brutal. Pour me remettre le nez dans ce qui a le potentiel de m’élever. Pour me rappeler à l’ordre et m’inciter au chaos. Pour infliger à mes lèvres une légère flexion vers le haut, à mes sourcils une détente et un apaisement. Pour m’aider à être mieux épris de ma conscience, plus conscient de mes ferveurs.

Je ferme les yeux et la salue.

24 novembre 2015

Comme des créosotes funambules qui charment ou déchantent, des images retenues par la mémoire.  Moments de plénitude, placés sur l’Horloge comme un linceul, où l’Individuel était abandonné volontiers, au profit de l’élan vers le Mystère de l’Autre.  Les yeux tournés vers les nuages et l’horizon; donc vers l’Idéal et l’Avenir.  Une nuit passée à se regarder dormir, alors que la proximité tentait d’abolir l’espace de l’entre-deux.  Cohabitations de courtes durées, prendre l’habitude de nos habitudes; secondes paisibles, confidences, confessions.

Avant la contraction et le besoin de l’hermétique que nous emmène l’Hiver qui approche.

22 novembre 2015

"Is anything as lovely to me
as the truth in love?
I'll take it over freedom any day.
It brings me ever an' this time to my knees
An' on my knees I run away

Yes I know your sticks an' stones
they will easily break these bones
an' all my words come back to haunt me"

21 novembre 2015

Méandres hésitants
le sol est ferme
mais il y a Brouillard
(ou est-ce des signaux de fumée?)
je ne vois plus le Phare
ne sais plus où est le Sud
où est le Fleuve
la Verdure.

Je n'entends rien
silence mystérieux
sybillin et voilé
que je n'ose pas briser.

La statue est là
quelque part
je ne la trouve pas
le faisceau de la Tour
me manque
et je cherche encore
le feu qui brûle
mais qu'y puis-je?

Qu'importe
une brume
n'est pas
un Labyrinthe
ce qui est caché
peut être caresse
autant
que menace.

Ne pas se laisser affecter par l'Extérieur
jouir de cette promenade intriguante
car Maintenant il n'y a que ça
demain ne m'importe pas
je me retrouverai peut-être
Ailleurs
sous un ciel dégagé ou
dans un autre brouillard
à osculter une autre statue
(ou la même ayant bougé)
ou je parviendrai au bord
du Gouffre sans le voir
et je
       t
        o
          m
             b
              e
                r
                 a
                   i
et qui sait
ce que ça donnera?

Qu'importe.

Car mes yeux baignent
dans des volutes attirantes
convoitises palpables
je vois les traces
de pas du Possible
il n'en tient qu'à moi
de les suivre
ou pas.

Des instants
post-crépusculaires
qui me lassent
je m'accomode par respect
mais je veux autre chose
mes synapses me quémandent
tout autant que mes appétits
et je n'ai pas peur d'être seul
plus peur d'être entouré non plus.

Je refuse l'opprobe
la panique
les reproches silencieux
la giffle du silence
l'insulte
l'indignation
l'obfuscation
la sériosité bornée
la culpabilité
mais aussi
les caprices
l'ignorance
le narcicisme
et l'abandon
et la couardiase.

Honnêteté et bravoure,
c'est ce que je veux incarner.

Et il ne faut pas oublier
qu'une question
--- peu importe
comment elle
est formulée ---
demeure dans le domaine
de l'incertitude
et a l'humilité
de ne pas se faire
affirmative.

Et celui qui pardonne
est peut-être le seul
qui puisse s'attendre
au Pardon.

Ne rien oublier
garder en tête chaque pixel
de cette claque magistrale
donnée par ton père
chaque milliseconde
de ce jour 
où ta mère 
t'a envoyé paître
chaque once de mépris
qu'on a eu pour toi
mais pardonner
--- pour soi.

Quelle joie:
devenir daltonien
à la couleur
de la Mort;

sourd
à la voix
du Charron;

conscient
des attentions
d'Orphée;

myope
à la présence
des Krakens;

me glorifiant
dans le fumet
de l'anonymat et
de l'absence de pouvoir;

reconnaissant
car l'absence de goût
me permet d'imaginer
toutes les saveurs
toutes.

Cette plume qui descend
c'est cet oiseau
qui l'a perdu
(c'est le Vent!
c'est le Vent!)
je vais l'attrapper
avec ma bouche.

I'm S.G.
secret apprentice shaman
I'm still looking
for the Magick.

And I won't warp myself
for anyone.

12 novembre 2015

Pour A. (Muse singulière)

Douce féline, mains délicates, sourire calme, lèvres ravies, yeux sibyllins de Joie.

Âme fauve et indomptée, authentique païenne au regard perçant, tes touchers sont amènes, satinés, vulnéraires.

Dans ta thébaïde épurée je trouve quiétude et bonté, donne libre cours à mes inclinations, mes appétences, chimères ou mirages fantasques.

Me révéler, me dépouiller, que tu en fasses de même, que nos conjonctures temporelles nous prédisposent aux entrelacements enveloppés.

Que chacune de nos communions soient propitiatoires, infuses de probité, fécondes de souffles contemplatifs et inspirés.

S’il y a plénitude le temps d’un instant c’est que notre dyade est légitime et précieuse.

Soyons.
Syncopes irritées
(éréthismes impatients)
qui nous traversent
--- inopinées ---
les mots
des mots
nous les retournons
à notre avantage
nos Confiances
les induisant de Vérités
(ombrageuses
tristes
radieuses
étincellantes)
même quand nos paroles
sont maladroites

Tout est devant nous
(affluences astrales
nuées de corps célestes
)
je dois arrêter
de regarder
où je mets les pieds

Le pire qui puisse arriver
est un Bloc glacé
qui continue de se dissoudre
de perdre de sa prestance
(aura fulminant)
les gouttes perlant
jusque dans mes mains

Je dois tout simplement
cesser de boire
de cette eau là

10 novembre 2015

Hier
ma main sur la tienne
ta main sur mon Astre
qui bat sans se battre;
recevoir et donner
donner et recevoir:
c’est nourrir la Flamme.

Ce matin
un de tes cheveux
sur ma chemise.

7 novembre 2015

Loose Leaves, by Bright Eyes



"There are stories in the soil, loose leaves cover the ground
There's volumes in the forest, no one reads out loud
If I could take them down off of that mountain shelf
We used to climb but no one tries to go up that far now yeah

We're all too busy working, entertaining ourselves
Forty hours television and prescription pills
Well I take two a day to make my brain behave
It never does but who's to say at least my doctor gets paid

So that's fine, yeah come by we'll take the afternoon off
We can kiss and undress or if you want just talk
Cause I've got nothing real, just empty space to fill
And you're my girl I like your style just imagine all the time we could kill

And time's not poison but once you drink it all you'll die
So let's just sip it real slow
Yeah we can nurse it all night
Try to believe that once it's gone
We'll pour another round and come back to life
Come right back

I guess I'm moving faster now or that's what they said
And though some days still take forever I can't disagree
Because it seems to me that I wake up and sleep
Look in the mirror have no idea what happened in between

But I remember counting days down 'til the year could be done
So I could scatter all my notebooks on the prep school lawn
And disappear again into a summer's bliss
Of staying out and sleeping in and getting drunk with my friends

That's gone and I know that it won't ever come back
I accept I won't cling to what I had in the past
But life's a slippery slope, regret's the steepest hill
Hope for the best, plan for the worst 

and maybe wind up somewhere in the middle

And I'm not saying that I know what I want
But I know what I don't, don't want to rot in my room
And never know what could have been
Believe what everyone else tells me is true
Yeah, they say 'true'
That's what they say
"

Couldn't have said it better myself.

6 novembre 2015

they are the lights;
what is a Light?
Darkness is mine,
and Light is thine

I love them both,
I make an oath:
to look with Grace
on their Embrace

and as for me,
I'm filled with Glee;
too weird to Love
my mind a flood

aiming to sink
up to the brink
in my Despair,
safe in my lair

I offer up
my heart to Luck,
my soul to glories
of deadly Stories

I burn my eyes
with golden Lies,
lost in a Maze,
a joyous haze

I'm lost to fancies,
grim fantasies;
sweeped off my feet
by those I meet

Imagination
and make believe:
my Education,
it's them I'll weave



5 novembre 2015

A time will come
(won't it?)
when I will cease
to be wary
of reckoning
(red foreboding glyph)
for all my
golden hours;

when guilt 
(parasite
gut-worm
of Conscience)
will not have to be
dodged
(or blithed out)
at every corner
Day and Night
for events reals
or hypothetical;

when Time
will be renewed
in its Density
and Fabric
(tell me more)
made whole
into a thing
of Substance;

when holding her hand
holding her close
will not have to be done
on a schedule 
(make every breath count)
on the clock
(tick tock)
with so much planning;

when the days spent
with my children
(so little time)
will no longer
be made up
of sweat and toil
(not-merry-go-round
of senseless repetition)
in a faraway world 
parallel to theirs;

when I will catch up
with myself
(soon, I hope?)
and there
shall make a stand;

when I will fully understand
that all of my curses
(I cultivated them so well)
can be made
into blessings;

when I will grasp at last
that the darkness
inside of me
is a source of strength
(it will be made to
by hook or by crook
or else what a waste)
and so should never
be shunned
or be made
to shrink;

when by virtue
of the ink
on my fingers
and in my blood
I will become
a custodian
of storytelling
(you wish...)
in humble obscurity
seeming uselessness
and justified indifference;

when I won't have to submit
(you think that's possible?)
and will be master
of my comings & goings
into human society
or my solitary retreats;

when I will reach
(after endless building 
and finding
conjuring 
and summoning
excavating
burgeoning
bridging
rejuvinating
ressurecting)
the multiple
the infinite 
intimate places
that I can call
Home.

4 novembre 2015

In(tro)spections

Survival having been foisted on to me, it is with a clear Eye that I now look upon my murky Mind. I see one who, crushed by the years, then had the rock rolled off him, and was told to go his way. One who was battered, bruised, scarred, bleeding, limping, anxious, reduced to a tiny puddle of human essence.

Having been incinerated alive, there was almost nothing left of me. I took it upon myself to heal, and I did. My survival is no longer in jeopardy. I can smile, I can love, I can function, I can stand up for myself, I can feel pleasure. As if the symbolical conduits between my Brain and the rest of my Being had been re-established.

But there is a part of me that sometimes still doesn’t want to live. Doesn’t feel it’s worth it. Doesn’t believe he can build anything except in his mind. Doesn’t want to keep going in an unsuitable life with a smile.

Doesn’t want. And yet does. It’s Ying/Yang, Black/White, and I’m ever trying to reconcile the two without it becoming a blurry glob of greyness.

It’s like I don’t care anymore, so everything is easier. But I fear it’s a dangerous attitude; how can I tell if I am being indifferent to something that is not acceptable?

I don’t know. I don’t care. Case in point.

Before, I cared but couldn’t feel; now I feel but do not care.

And as a result I feel closer to the Void than ever before. Infused with the Imminent End in All Things. Struck by the inevitability of solitary suffering. Stunned by the infuriating irritation of Possibilities.

‘At Peace because I am alone,’ is probably what it comes down to. I see it, accept it, but am struggling to acknowledge all the far-reaching ramifications.

But none of my questioning matters
I still have to
nod and obey and comply
curb and control and mute
whether I wrack my brains to create
or numb it with diversions…
it’s all the same.

It’s all the same. But is it? No, not entirely. The charged up voltage I feel in me when I’m right in the center of the exhilarating Mindtrip… that’s not the same.  But it’s so seldom that I feel it, so difficult to achieve in this context, that it’s a constant struggle not to
give up give in give way
to Stupor & Silence
Fear & Loathing
Despair & Distress.
Alone.

So I hang on (to you)
and I stand straight (by you)
and I feel (with you)
and I write (for you)
and it keeps me going.

Maybe all it is
is the result of
having been famished;
I need to take it slow
or else be sick
not aim for the gluttonous feast
but not give up
on nourishment either
take my time
reclaim (what has been lost)
rebuild (my strength)
re-establish (my world)
recover (my Self)
remove (what is harmful)
retrace (my steps)
return (to my rightful Mindscape).

Until finally
I can plunge and swim
in the waters of my living Self.

3 novembre 2015

L’Algèbre de la Hâte
géométries variables
complexités post-euclidiennes
à en dérouter Pythagore
l’équation craque
sous le poids des inconnus
juxtaposition incongrue des paires
symétries inouïes
dérivés inattendus
exposants hexaglyphiques
sous le Signe Factoriel
du Néant Infini
(Ø )
le Chaos Absolu
à la base zéro
négation même
de l’Univers Entier,
Premier,
Primaire.