27 septembre 1994

Pas Dodo 3

12h29 am. 27 septembre.

Pointant d'un doigt pointu de son ongle, "Te souviens-tu?"
Voix grinceuse de vent rocheux.

Comme une poignée de porte qui
se frappe sur une brique d'un mur.
Et que ça en casse une rondelle rouge,
frottant d'un même mouvement
les dents de celui qui en témoigne de son oreille.

La rondelle sur une planche peinturée, entourée de ses miettes.

Ligne blanche et rapide passant
sur d'agitées branches.
Les emmenant un peu par de l'air.

20 septembre 1994

12h15. À la café.

Je suis coupable d'être comme un étang.
Je ne bouge pas, sauf quand le vent m'agite.
Ou quand une roche perce la surface.
Alors, ces remous par ces remous, j'agis.
Mais je ne peux empêcher ou provoquer ces remous.
Je ne peux que réduire ou augmenter l'éclaboussement de ces impacts. Un peu.

J'agis sur mes eaux pour que telle algue survive, et que telle autre meurt.
Quelque fois des poissons m'habitent, mais quand je suis trop froid ou que mes eaux sont trop stagnantes, ils vont ailleurs.

Quelques fois il pleut beaucoup et je déborde sur des feuilles, ou sur des êtres-amis.

L'hiver, quand je gèle, on ne me voit pas beaucoup sous cette couche de glace, mais une branche d'arbre tombée peut venir me casser, et alors le moindre vent agite l'eau qui ne veut pas se re-solidifier.

Je supporte mal l'ajout d'étangs voisins. Un rien et je déborde. Sans jamais renvoyer l'eau-envahissante à l'étang d'où elle vient, bien sûr.

1 septembre 1994

Une maison ancienne,
remplie de sons qui te prennent sous la langue,

Une lumière qui vient de ta droite,
sortant par des fenêtres de bois irrégulières.

Des pensées de groupes,
dans des lieus de seuls.

Des visions de ridicules,
venant d'un peu partout.

Oh oui, l'hiver est déjà là.

Non, c'est trop de ré-intorité.
Je dois sortir.

*  *  *

C'est ici que l'on se sent recroquevillé,
de constater toutes ces renaissances.

Tout a l'air ensoleillé, malgré ces nuages
et ce bruit d'eau.

Hé, insecte, dis moi donc que ce n'est pas toi qui fait ce son…

Ce fantôme de gamin qui me regarde de sa balançoire…
qu'est-ce qu'il me veut ?

Ça aussi c'était trop.
Je suis revenu en-dedans.

Et je suis revenu à mes pensées de groupe.
Plus ça va, et plus les choses me deviennent graves.
C'est ça la différence ne pas mettre la même importance qu'avant aux mêmes choses.

De trop s'habituer à ces choses de la maison.