4 février 2011

Ordre & Chaos

Je pense avoir commencé ma vie amoureux de l'Ordre, de ses plaisirs clairs et de ses points de repères rassurants.  Oui, je le pense.

Je vois cependant un renversement s'installer aux débuts de l'adolescence (ou aux tous débuts de l'âge adulte devrait-on dire pour circonvenir à ce concept inutile et disgracieux qu'est "l'adolescence"), au contact de cette Civilisation (pour ne pas dire Empire) où l'Ordre n'existe que comme prétexte servant à contrôler, à dominer, à uniformiser.  L'Ordre, dans les mains de cette Civilisation, est un Marteau, un Assommoir.

Par dégoût de cette utilisation (voire récupération), donc, je me suis tourné vers le Chaos, vers la Folie, vers une Révolte qui pour toute intérieure qu'elle soit n'en demeure pas moins une révolte, une dissidence (secrète) face à qui m'entoure, rejet massif qui a fait de moi un inexorable mésadapté, seulement capable de se maintenir au milieu de ses contemporains qu'en ayant enfilé un déguisement social aussi pénible que mensonger.

Lentement, la Folie s'est incrustée; maintenant, vieillissant et étant presque entièrement revenu à l'Ordre, c'est toujours avec un trouble, avec une trémulation névrosée, que je vie et rêve.

Je suis un homme à deux faces, un Janus pas du tout héroïque, un humanoïde dont le cerveau est en train d'être fracturé par le ying yang.  Un stoïque, classique et vieux jeu, qui pourtant est animé par un Néant tumultueux.