26 septembre 2011
Faussetés
10 août 2011
Émeutes
3 août 2011
Dump
14 juin 2011
X'Ed Out (2010), by Charles Burn
9 juin 2011
Liens & Citations
2. "Know
-- tiré de Elegiac Feelings American, un poème de Gregory Corso écrit en mémoire de Jean-Louis
Une Bénédiction
En sortant de l'autoroute allant vers Rochester, au Minnesota,
le crépuscule bondit doucement sur l'herbe.
Et les yeux de ces deux jeunes chevaux Indiens
s'assombrissent de bonté.
Ils sont venus volontiers des saules
pour nous accueillir mes amis et moi.
Nous franchissons les barbelés jusqu'au pré
où ils ont brouté toute la journée, seuls.
Ils se remuent nerveusement, peuvent à peine contenir le bonheur
de nous voir venir à eux.
Ils se prosternent timidement comme des cygnes mouillés. Ils s'aiment.
Il n'y a pas de solitude comme la leur.
À nouveau chez eux, ils commencent à grignoter les jeunes pousses du printemps dans l'obscurité.
J'aimerais tenir la plus petite des deux dans mes bras,
car elle a marché jusqu'à moi
et a touché ma main gauche de son museau.
Elle est noire et blanche,
sa crinière tombe rebelle sur son front,
et la brise légère m'incite à caresser son oreille allongée
délicate comme la peau du poignet d'une fille.
Soudainement je réalise
que si je sortais de mon corps je deviendrais
bourgeon.
26 mai 2011
Entre deux
12 mai 2011
Pensée vague en deux points
4 mars 2011
Pensée
4 février 2011
Ordre & Chaos
14 janvier 2011
Déclaration Actuelle de mes Avoirs Imaginaires
Dans l'immédiat, je suis en train de (re)lire 1984 d'Orwell (lecture qui suit le Précis de Décomposition de Cioran et l'Arcane 17 de Breton). J'ai aussi une "lecture pour la maison", c'est-à-dire Absolute Promethea 2, luxueuse édition que j'ai reçue à Noël; quand ce sera terminé je retournerai à ma lecture interrompue de The League of Extraordinary Gentlemen 2, que je décortique grâce aux annotations de Jess Nevins, et que je creuse encore plus grâce aux fabuleux Dictionary of Imaginary Places d'Alberto Manguel.
J'ai aussi entamé une "Immersion BD", où je me suis établi un itinéraire de lecture de bandes dessinées principalement belges et françaises, commençant dans les années '20 avec les premiers balbutiements d'Hergé, puis Quick & Flupke, les premiers Tintin, les débuts de Spirou. C'est là que j'en suis (aux alentours de 1942). Éventuellement, il y aura Blake et Mortimer, Bob et Bobette, Lucky Luke, Astérix, Johan & Pirlouit, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Gotlib, etc.
Il y a ces trames narratives encore vivantes, épisodiques, que je porte en moi en permanence, dans l'expectative du prochain numéro, du prochain épisode (League of Extraordinary Gentlemen: Century, Hellboy, BPRD, Dark Tower, Fables, et depuis tout récemment, X'Ed Out de Charles Burns… et des séries télévisées, Weeds, True Blood, que je regarde avec ma Compagne).
Il y a cette "Immersion Jack Kerouac" que j'ai entrepris il y a deux ans, un long parcours où je m'astreins à tout lire l'œuvre de Kerouac (romans, journaux, correspondance), du moins tout ce qui m'est disponible, organisant le tout de façon minutieusement chronologique. C'est maladif, j'en conviens. J'en suis présentement dans l'année 1949; au fur et à mesure, je mets le résultat de mes "travaux" sur un site (je suis rendu à l'année 1947)
Je me plonge dans des films, les uns après les autres… je viens de finir A Serious Man et Candy Mountain, et Cocksucker Blues, et suis maintenant à revoir Children of Men. Ensuite, ce sera probablement El Topo, que je n'ai pas vu depuis longtemps. Ou The Devils, que je n'ai jamais vu.
J'ai aussi un certain historique avec les jeux vidéos, qui se poursuit à ce jour. J'ai commencé Epic Mickey, et quand dans le jeu on rencontre un des vieux courts métrages, je mets le jeu à pause et je vais trouver le cartoon en question dans un de mes coffrets métalliques de Disney Treasures, et je le regarde avec mes garçons.
Je suis aussi à peu près à mi-chemin de Icewind Dale 2, ayant précédemment fini le premier, et m'enlignant ensuite vers Neverwinter Nights.
Je suis aussi retombé dans un vieil amour de jeunesse, les Lone Wolf de Joe Dever (Livres Dont Vous Êtes le Héros), que je peux maintenant "lire" de façon électronique.
Et puis il y a cette partie de Dungeons & Dragons que je fais avec mes gars, aussi, qui est une histoire, une autre, que je contiens dans ma tête.
Et, finalement, il y a ces histoires qui sont miennes, qui m'occupent parmi tout ça… Marla & Philippe, la Sorcière de Feu… d'autres.
Mon crâne, un enclos où j'entasse des Créatures Imaginaires; ça me tient lieu de cerveau, et c'est ce feu sacré qui parfois doit jaillir de mes yeux (ou me carboniser les synapses). Ou pas, qu'est-ce que j'en sais?
12 janvier 2011
Extrait d'une lettre à un père
30 décembre 2010
Naked
Une phrase de Mike Leigh, tirée d'une conversation avec Will Self, alors qu'ils s'attardaient à la dimension spirituelle du film Naked.
Ça m'a tout de suite fait penser à William Blake. En fait, je pense que cette formule s'applique, d'une façon ou d'une autre, à tous les écrivains qui me touchent.
Voici, pour le plaisir, le poème London de Blake:
LONDON
I wander thro' each charter'd street,
Near where the charter'd Thames does flow.
And mark in every face I meet
Marks of weakness, marks of woe,
In every cry of every Man,
In every Infants cry of fear.
In every voice; in every ban.
The mind-forg'd manacles I hear
How the Chimney-sweepers cry
Every blackning Church appalls.
And the hapless Soldiers sigh
Runs in blood down Palace walls
But most thro' midnight streets I hear
How the youthful Harlots curse
Blasts the new-born Infants tear
And blights with plagues the Marriage hearse
29 décembre 2010
Tel quel
A moment of stillness
where one has the
ability to take it in
absorb some small
parcel of truth,
that cobalt which lies
behind
every
little
thing.
22 décembre 2010
Adaptations
-- Alan Moore, dans une entrevue de 2009
Alors, ceci étant dit, j'invoke Jebus et Cthulhu pour que foirent tous les maudits projets d'adaptations, de On the Road à Dark Tower en passant par Black Hole.
Pensée du Solstice
"Traînant derrière lui une grande robe blanche, ce Fantôme avait la forme d'un vieillard vicieux, sa barbe étant composée de grands glaçons acérés, son corps un magma de gel bleuté. Très rapidement il passa au dessus d'elle sans la voir, laissant derrière lui son voile glacial qui se déposait tranquillement sur la Forêt. Au contact de ce voile, les feuilles qui restaient se figeaient, l'écorce se couvrait de frimas, les fougères se glaçaient et craquaient. […] La pleine lune, blanche immaculée, était haute dans le ciel, et était entourée d'une Anneau de Fée, cet arc-en-ciel brumeux qui fait frémir les contrées glacées que surplombe l'astre de la nuit.
Le Fantôme touchait à tout, envoyait partout son souffle subarctique, il n'oubliait rien et ne négligeait personne." (Extrait de La Sorcière de Feu)

Morozko, illustration d'Ivan Bilibin
* * *
En cette période où nous atteignons le bas-fond le plus obscur de toute l'année, j'aurais ceci à dire: il faut être bon avec ceux qui nous entourent (et avec nous même). Nous allons tous mourir. La souffrance est inévitable mais il est en notre pouvoir de ne pas en rajouter. Voilà.
1 novembre 2010
Samhain 2010
Le premier réflexe est de se scandaliser de ce manque flagrant d'étincelle. Mais au lieu de ça, j'étais triste pour eux. Et surtout, j'étais fier et rempli de joie, me trouvant chanceux d'avoir près de moi trois beaux garçons vivants et enflammés par la Fête, prenant part à la soirée et à ses rituels avec énergie, sourires, bonne humeur, vitalité.
Oui, j'étais fier de mes trois gars. Pour des enfants n'allant pas à l'école, supposément en manque d'interactions sociales, je les ai trouvé pas mal plus "sociaux" que tous les autres enfants que j'ai vu.
22 octobre 2010
Le Talent
Le Talent est cette chose qu'on s'imagine un jour posséder; après quoi plus rien n'est pareil, et la gloire de la Création se transforme en une complexe affaire qui ne s'occupe plus de ses oignons.
Genre
Je suis complètement d'accord avec le constat, l'absurdité de la catégorisation ainsi que l'aberration psychique avec laquelle on se retrouve — tous et chacun, peu importe où on se trouve (lecteur ou écriveux), peu importe notre position sur la chose. Ces catégories nous ont contaminé le cerveau, qu'on le sache ou pas, et même si on les abolissait aujourd'hui on continuerait fort probablement de penser en ces termes là pour le restant de nos jours. On est pris avec, j'en ai bien peur. "Language is a virus," pour paraphraser un autre Mister B.
Mais là où je débarque, c'est dans les recommandations. Ne faites pas ci, ne faites pas ça, brulez tel livre, lisez celui là.
Si on veut commencer à remettre les choses en question, il faut aller jusqu'au bout. Remonter le problème à la racine. C'est-à-dire, l'acte de publier dans sa totalité.
(J'ai déjà écrit là-dessus ici et ici et ici.)
On n'a plus besoin d'écrire de nouveaux livres. Il y a en existence assez de livre pour satisfaire l'appétit littéraire de qui que ce soit, pour toute une vie. Inutile de continuer à publier.
Si toutefois on a envie d'écrire, parfait, je m'en réjouis. Je continue de penser que la pulsion de créer est importante, cruciale et précieuse. Mais alors, bordel, faites le dans la liberté la plus complète. Réécrivez tout Tolkien, si ça vous amuse. Embarquez-vous dans une série en bande dessinée racontant les aventures de petits lutins bleus. Écrivez 27 romans sur les aventures de votre personnage de Dungeons & Dragons. Quelle espèce d'importance? L'important c'est de s'amuser, de tripper. La pertinence d'un écrit, c'est une illusion. Les livres ne changent plus le monde, et depuis longtemps. Détrompez-vous quant à votre importance artistique individuelle.
"You are not a beautiful and unique snowflake. You are the same decaying organic matter as everyone else, and we are all part of the same compost pile."
S'il est vrai que dans le meilleur des cas on pourrait espérer rejoindre une âme sœur avec le fruit de notre création, il est aussi vrai qu'il y en a déjà eu plein d'autres qui ont fait au moins aussi bien, sinon mieux.
En fait, ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a d'important pour moi que l'acte de Créer. On ne peut se mettre à juger de l'originalité ou de la valeur de la Création d'un autre que coiffé d'un Orgueil des plus nuisibles. Il ne faut pas tuer le problème en augmentant le nombre d'interdits; il faut selon moi décapiter le Tyran qui nous impose le problème depuis si longtemps, c'est-à-dire le mode mercantile de distribution de livres.
Un peu d'humilité. Éventuellement vous serez mort. Éventuellement la race humaine n'existera plus, et même le chef d'œuvre le plus universellement reconnu sera réduit en poussières.
"- Vois-tu, mon vieux, c'est ce qui me donne des sueurs froides, parfois… As-tu jamais songé à cela, toi, que la postérité n'est peut-être pas l'impeccable justicière que nous rêvons? On se console d'être injurié, d'être nié, on compte sur l'équité des siècles à venir, on est comme le fidèle qui supporte l'abomination de cette terre, dans la ferme croyance à une autre vie, où chacun sera traité selon ses mérites. Et s'il n'y avait pas plus de paradis pour l'artiste que pour le catholique, si les générations futures se trompaient comme les contemporains, continuaient le malentendu, préféraient aux œuvres fortes les petites bêtises aimables!... Ah! quelle duperie, hein? quelle existence de forçat, cloué au travail, pour une chimère!... […]
- Bah! qu'est-ce que ça fiche? il n'y a rien… Nous sommes plus fous encore que les imbéciles qui se tuent pour une femme. Quand la terre claquera dans l'espace comme une noix sèche, nos œuvres n'ajouteront pas un atome à sa poussière.
- Ça, c'est bien vrai, conclut Sandoz très pâle. À quoi bon vouloir combler le néant?... Et dire que nous le savons, et que notre orgueil s'acharne!"
Rien n'a d'importance. Sinon que dans le Présent, dans l'acte de création qui nous fait oublier notre douleur & qui nous fait vibrer.
On s'en prend à la mauvaise personne si on s'acharne sur l'individu qui suit ses goûts et se laisse aller à l'écriture, peu importe ce que ça donne. Car dans le fond, est-ce qu'il y aurait autant de proto-Tolkien si ce n'était de la promesse de devenir millionnaire avec un best-seller? Tout est là, pour moi. Traitez-moi d'idéaliste naïf si vous le voulez, mais je maintiens que si on séparait l'Art du Domaine Mercantile, on écarterait par le fait même tous les opportunistes qui ne se lancent dans la création que par appât du gain, et donc par le fait même tout redeviendrait beaucoup plus pur.
S'il y tant de nigauds qui se laissent séduire par une formule et qui s'efforcent de la reproduire, c'est parce qu'il y a un marché qui en redemande. Abolissons le marché, et sans aucun doute les formules disparaîtront aussi. Car à quoi bon copier, si on n'espère rien en retour?
28 septembre 2010
Et voilà qu'inexplicablement je suis saisi par une puissante montée de déjà vu: je vois ma vieille maison d'Ellivret Sam, le soleil d'une fin de soirée estivale illuminant la fenêtre de la salle à dîner… une sensation de calme, de beau chagrin cérémonial.
Pourquoi est-ce que cette phrase là évoque cette "vision" là? Je n'en sais rien. C'est comme si le concept d'un "retour" drastique vers un état plus pur au niveau de la race humaine me menait à l'équivalent, mais au niveau personnel. Du macro au micro.
Curieux. Un déclencheur de mémoire qui me fait penser à la synesthésie.
