17 septembre 2015

Quelle absurdité: se sentir trahi.  Comme si la loyauté, l'honnêteté, la fidélité, la solidarité, la fraternité, étaient autres choses que des idéaux de rêveurs.  (Fuck it then, I'll be a dreamer.)

Mais quand même.

[...]

Trop vulnérable, la colère rôdant sous la surface, mais au bord des larmes en même temps... en ce moment c'est dans la forêt ou au sommet d'une montagne qu'il faudrait que je sois... seul avec mes idées, mes projets, mes lubies inutiles et inoffensives.

16 septembre 2015

La tête dans des idées de propagandes ancestrales

(solidification du Réel en un monolythe cyclopéen qui nous entraîne tous vers le fond)

et encore un peu touché/troublé par la vraie folie de ce jeune homme dans le métro, l'intelligence noyée qu'il y avait dans ses yeux médicamentés

("Es-tu Français?  Non?  Tu parles bien.  Tu viens d'où?  De Montréal?  Ah oui?  Est-ce que t'es professeur d'Université?  Non?  Tu pourrais.  Dans ta matière la plus forte.  Aimes-tu l'histoire?  Oui?  Moi aussi.  La période de l'histoire que je préfère c'est celle de l'Ancien Testament, surtout le Roi Salomon.  C'était toute de l'or dans son temple.  Ça devait être super beau.  Pis y'a des cons qui sont allés toute voler ça.  Faut-tu être cave.  Comme mon coloc.  C't'un avocat mais y se gèle tout le temps, y'a jamais d'argent.  J't'a veille de l'foutre dehors.  Y peut même pas payer sa moitié du loyer, mais y peut se payer de la coke, de l'héroïne.  Le Créateur y'a voulu nous sauver mais y'était trop petit, tout petit et tout poilu, à côté de la grande statue de 18 pieds de Satan.  Le Diable y'est grand.  Moi j'aime bein mieux suivre le Diable... y'est bein plus grand.  J'ai été dans plein d'instituts paychiatriques, à fin j'étais dans celui où tu restes pour le restant de tes jours mais je suis sorti.  Pendant que j'étais là j'ai beaucoup lu.  Mais en anglais.  En français je bloque sur chaque syllabe, comme si j'étais un arriéré.  Mais en anglais je lis vite de même.  Parles-tu anglais toi?  Oui?  T'as appris à l'école, ou en voyageant aux States?  Pis ta femme, a parle anglais aussi?")

sentant mon oeil gauche qui veut sortir de son orbite

(encore une fois, sentiment de trahison par mon propre corps qui se manifeste cette fois par une menace de désertion)

les émotions écorchées par ce parcours rapide de ma vie en photos

(malaises qui se cachent sous les sourires, chagrins futurs que j'aperçois dans des scènes mais des décennies a l'avance, humains qui maintenant sont morts ou hors de ma vie, vieillles plaies, blessures plus nouvelles, le sang se mêle et on ne peut pas savoir d'où il vient)

j'ai en moi enthousiasmes et fatigues à parts égales, mon esprit s'élançant mais mon corps le ramenant au sol.

Comment lâcher du leste sans pour autant tout foutre en l'air?

15 septembre 2015

Poème Malade

la douleur dans ma tête
s’estompe peu à peu
me rapprochant de toi
la grisaille fait place à la blancheur
et au bleu heureux
car le reste de la journée m’appartient
et elle se terminera dans tes bras

trahi par mon corps
je sais très bien
que la santé est fragile
que je suis mortel
la beauté est éphémère
l’amour circonstanciel
l’intimité capricieuse
la sérénité volatile
l’honnêteté difficile
la pureté temporaire
le désir insatiable
l’exaltation trop rare
l’enthousiasme précieux
l’humanité néfaste

mais je n’y peux rien
je ne suis qu’une forme de vie
individualisée et solitaire
aussi insignifiant qu’un arbre ou un poisson
laissé à moi-même pour une poignée de décennies
dans le Néant Primordial et Cosmique

mais je suis capable d’oublier
de rire
d’aimer
de rêver
de toucher
de créer
d’être emporté par la force
de me propres pensées

les feuilles commencent à tomber
témoin d’un autre Automne
sur mon fond de tristesse
il y a un noyau
--- nucléus prométhéen ---
qui me permet d’avoir
gratitude complète
envers chaque aspect
de ma vie actuelle

en amour avec une femme exceptionnelle
ce qu’elle ressent pour moi est intense aussi
Mystère qui restera Mystère
Magie qui continue d’être Magie

je ne sais pas de quoi sera fait
le restant de ma vie…
quelle textures
quelles atmosphères
quelles couleurs
quelles lumières
quelles compagnes
quels compagnons
quelles douleurs
quels drames
quels désespoirs
quelles réussites
quels malentendus
quels déplacements
quelles paralysies
quelles incompréhensions
quels étrangers
quels bouleversements
quelles ruptures
quelles rencontres
quelles victoires

mais toujours le Soleil sera là
la Lune aussi
et la certitude
que jusqu’à la Fin
je ne serai plus jamais
mon propre geôlier

12 septembre 2015

Muse

muses mutuelles
conversations ininterrrompues
se chercher sans le savoir
se voir partout
dans nos lieux de vie
dans nos rêves
nos prunelles se contemplant
sans s'user

se nourrir
s'alimenter
se faire du bien
se répondre:
dialogue absolu
qui englobe
bien plus
que les mots

conversations imaginées
puis articulées
obsessions bénéfiques
qui nous rapprochent
du Tout

11 septembre 2015

Hier midi

Ton visage, familier maintenant, que je suis capable d’invoquer dans ma tête à volonté (ce qui n’était pas le cas au début), je l’aperçois au loin, dans la foule.  Tu me vois aussi.  On fait du slalom entre les humain jusqu’à ce qu’on se soit rejoint.

Nous avons environ les trois quarts d’une heure à passer ensemble, dans une journée qui en a vingt-quatre.

Cherchant en vain une place où s’asseoir dans un Temple du Commerce qui est à deux pas de l’abandon, puis voulant accéder à un bel espace vert qui était jadis interdit au commun des mortels, et qui l’est toujours…. finalement nous abandonnons, et nous marchons.

Tu me tiens le bras, geste audacieux il y a quelques semaines, maintenant tout naturel.  Nos pas se synchronisent.  Nous jasons de ton projet, et je trouve une façon d’en faire partie, et nous parlons aussi d’un projet en duo, et nos existences s’enroulent un peu plus l’une avec l’autre, comme deux tiges qui se dirigent vers une lumière commune.

Et puis on s’arrête là où on doit se séparer, et on étire un peu le moment, ayant envie de tout sauf de retourner à nos chaînes de montage modernes.

Et puis c’est l’heure.  Tu touches mon bras avec douceur.  Tu te tournes, je me tourne aussi.  Je marche.

C’est terminé.  Mais malgré tout nous avons trouvé le moyen de se voir, accoutumance maintenue et nourrie, pour le Bien de nous deux.

10 septembre 2015

Le Roi Minos est sans pitié, indéniablement cruel.  (Certains disent même que c’est lui, son identité camouflée par une tête de taureau, qui arpente le Labyrinthe, et s’occupe personnellement de l’exécution de ceux qu’ils a condamné.)  Il nous expédie dans son Domaine des Couloirs sans égards pour l’âge, le sexe, la richesse ou la qualité de qui nous sommes.

On peut y déambuler pendant des années, sans se souvenir de comment on y est entré, ne sachant pas il y a combien de temps ce passage s’est fait; l’errance et la confusion deviennent une partie intrinsèque du quotidien, forçant ceux qui survivent à accepter une existence emmurée, sans espoir de trouver une sortie.

Le Roi peut aussi décider de nous y jeter soudainement, sans crier gare, les yeux bandés, les mains liées, un bâillon sur la bouche, et alors il n’en tient qu’à nous de se secouer pour se défaire de ce qui nous retient avant de mourir de faim, de soif, ou égorgés par la Bête.

Parfois, même, on y nait, résultante malheureuse de la rencontre fortuite de deux égarés, et alors les longs couloirs sinueux constituent toute notre existence, forment notre conscience, et en sortir peut être un choc si violent que le Perdu peut en venir à vouloir retourner dans la familiarité de son Enfer.

Mais peu importe comment on s’y retrouve, il y a une vérité sous-jacente qui s’applique à tout le monde qui y souffre : tous les moyens sont bons pour en sortir.  Il faut se débarrasser de la culpabilité, en ne la ressentant pas si possible, en la fuyant si on ne peut pas.  Il faut profiter des occasions qui se présentent à nous, car il n’y en aura peut-être pas d’autres.  Il ne faut pas mettre son destin dans les mains d’un autre, et ne pas non plus tout miser sur un seul rêve, une seule approche, un seul idéal.  C’est beaucoup plus facile de s’en sortir si on a autour de soi des partenaires, des compagnons, des amis, et en plus on peut les aider aussi.  Il ne faut pas revenir sur ses pas par peur d’explorer un nouveau couloir, et même dans une impasse il y a parfois des petits passages cachés.  Il faut accepter qu’on ne sortira peut-être jamais du Labyrinthe, et apprendre à apprécier la vie que l’on a sans pour autant abandonner l’espoir de trouver la sortie.  Il ne faut cependant pas prétendre qu’on est libre et qu’il n’y a pas un autre monde au-delà de ces murs.  Si on entend la Bête s’approcher, il ne faut pas s’arrêter, s’étendre par terre; il faut alors bien s’entourer et se diriger vers une autre section.  Il est utile de se dessiner des cartes, de tracer des points de repères, et de comparer nos notes avec celles des autres.  Et finalement, se rappeler que même si la Bête nous rattrape, il lui arrive d’être distraite, ou magnanime, et d’épargner celui ou celle qui croyait que tout était fini; il faut alors la laisser passer et se relever quand on croit qu’elle est assez loin.
Le jour se lève.  Je marche.

Les champignons sont morts, disparus à l’approche de l’Automne.  On ne voit plus l’Anneau des Fées mais je sais qu’elle est là.  Je fais attention de ne pas y mettre les pieds.

Par terre, partout, les émanations de tous ces arbres, petites sphères à chapeaux, chênes en devenir.

Le ciel est onirique, gris-bleu et rose-jaune et mauve-rouge; amas étranges de vapeur d’eau… comme vous me faites rêver.

Du coin de l’œil je vois le Labyrinthe.  La Bête, sentant ma présence, hurle à en faire redescendre l’astre du jour.

Mais dans ma Cage mon Astre brûle encore.  Tous les soleils finissent par mourir, mais je préférerais m’éteindre autrement que cannibalisé par le Minotaure.

Une vie à remplir mon cœur de cristaux pour qu’il finisse par être immangeable, brisant les dents de celui ou celle qui s’y essaierait.

9 septembre 2015

Regardant le Bleu que me laissent voir les nuages, je comprends que j'essaie de parler le Langage de l'Amour avec les Mots de la Solitude.  J'ai tout à apprendre.

Les nuages sont partout, même à ma hauteur, envahissants et oppressants, et voilà que je t'aperçois dans ce gaz-moutarde, sortant comme de nulle part, souriante et si belle dans un contexte qui autrement est glauque.

Nous nous sommes trouvés.  Prends ma main, je prends la tienne.  Que ce lien soit notre Fil d'Ariane si jamais on se perd.
I’m not hungry
(food is a drag
it just wants
to get out)

but I am famished
for warm cheeks
smooth thighs
loving smiles
heart-to-heart confessions
the nursing of our selves
supporting and cherishing
you you you
getting lost
having the time to do so
reading (books, your palms, your lips)
writing (stories, letters, poems, my life)
your hand in mine, on my face, on my arms, awakening my desire
your eyes talking to me
your ears caring for me
walking in natural surroundings
swimming in a lake
warming up by a fire
sleeping in
sleeping out
laughing
touching
doing nothing
doing everything

being

[La Bête qui Épie]

Il faisait beau, si beau, je savourais la chaude caresse lumineuse du soleil sur mes paupières fermées.  Et puis j’ai senti une ombre.  Ouvrant les yeux je réalise que je suis entouré d’arbres.  Des géants imposants qui devaient être beaux, il y a longtemps, mais qui maintenant sont morts.  Cadavres de bois dégarnis.  Une contraction s’empare de ma poitrine.  Je ne retrouve pas le sentier qui m’a mené ici, dans cette forêt lugubre.  Est-ce que ça veut nécessairement dire que je suis perdu?

J’entends quelque chose, une présence qui foule le sol recouvert de feuilles mortes.  Une avancée bruyante vers moi que je ne peux pas observer.  Est-ce une Bête affamée qui me traque ou un simple animal?  Impossible de le déterminer.  Mais je n’attendrai pas qu’il soit trop tard.  M’éloignant de ce qui approche, j’entame la marche qui --- je l’espère --- me mènera là où les arbres sont vivants.

7 septembre 2015

Me sentant exister jusque dans mes moindres extrémités, étant en ce moment complètement incarné dans ma corporalité, je sors et laisse la brise me caresser comme une amante, concubine sacrée de l'amour éolien.  Je ferme les yeux, ouvre la bouche légèrement.  J'expire, plusieurs fois, rapidement, lui témoignant du plaisir que je ressens.  Je sens son toucher sur mon visage, mon cou, ma poitrine, mes flancs, mes côtes, mes bras, mes mollets, mes genoux, mes cuisses.  Elle m'entoure, entièrement.  De longs moments ont passés, durant lesquels j'étais affairé sans y penser.  Je me retire de son étreinte un peu contre mon gré, et me dirige vers l'eau.

Surplombant le bassin, je vais sous la surface et fais des vas-et-viens attentionnés, doucement, caressant les parois intérieures de l'amalgame liquide, prenant soin de parcourir la totalité de la superficie sous-marine, n'oubliant aucun des petits replis délicats, récoltant par la friction de mes actions chaque particule recouvrant cette cavité, repassant encore et encore à certains endroits qui en ont un peu plus besoin, avec un peu plus de force, un peu plus de pression.

Devant reprendre mon souffle, je réintègre mes quartiers et retourne à mes associations inégales avec la terre et ses surfaces.  Je m'installe dans ses territoires et, à grosses gouttes de sueur, je lutte et je me tourne et me retourne, sentant que je perds la bataille, la moindre granulation de cet élément s'insérant dans chaque creu de mon corps.  Malgré tout je persiste.  À coups de lacérations et de subjugations électrifiées, je fais ce que je peux pour dompter, maîtriser.  Mes doigts s'enfoncent et en ressortent humidifiés, dégageant une odeur riche et enivrante.  Je traverse les douces toisons végétales, avec délicatesse, ne voulant pas trop tirer sur les racines de ces protubérances.  (Et puis je vois par terre des plumes, restes concrets de mes ébats aériens.)  Je lutte aussi longtemps que je le peux et puis juste comme on allait avoir raison de moi et me conquérir, je me retire et laisse cette matière terrestre à ses propres pulsions machistes.

Malgré la chaleur je dois finalement me rapprocher du Feu.  Comme des morsures stridentes, des griffes labourant ma peau, les flammes n'épargnent rien et lèchent chaque millimètre de mon corps.  Quand la douleur me fait plisser les yeux, je vois des lueurs pétillantes à travers mes paupières.  Je relâche tous mes muscles et me résigne à l'incinération.  Si l'incandescence diminue, si elle commence à manquer d'oxygène, je souffle doucement sur les tisons, avec constance, persistance, et puis elle se ravive.  J'ajoute du combustible et l'abandon s'impose à moi.  Depuis tout en bas dans mon bassin, et puis gravissant les échelons jusqu'à ma poitrine et puis ma gorge, je sens la chaleur monter et s'intensifier, désintégrant ma Pensée mais me laissant mes songes.

Enfin, le quatuor élémental étant complété, je laisse un grand soupir aller, je respire doucement, profondément, le feu s'évaporant, la sueur perlant sur mon corps, l'air l'asséchant, la Terre me supportant et me berçant.

6 septembre 2015

Immobilité d'un dimanche après-midi qui est toujours là, même si moi je m'active jusqu'à la sueur.  Un vent tenace qui éparpille mes tas de poussières, et sèche les vêtements que j'ai étendus dehors.  Mon esprit est lent, quand je parle je cherche mes mots et mes phrases sont maladroites.  Fatigue.

Feuilles qui virent au rouge.  Lente progression vers les antipodes hivernaux.  Et moi aussi je passe à une autre saison de ma vie, je m'imagine dans de nouveaux contextes, avec des gens nouveaux, avec une autre variation de l'amour en moi, et une intransigeance face à mon bien-être.

Images de toi et moi, pauvres mais ensemble, marchant dans des rues enneigés, et puis s'enfermant dans un petit espace qui nous est propre, et y faisant vivre la juxtaposition de nos coeurs.

La réalisation que je me retiens, que je garde ma créativité dans un espace aux délimitations circonscrites, parce que la pleine portée de ma Vision n'est pas compatible avec mon quotidien de fourmis.  (Je le sais d'expérience, ça m'a presque déjà détruit.)  Que faire avec ça?

Car en moi Ils réclament le droit à l'extériorisation existentielle... Marla & Philippe, Barnabé le Farfadet, Jérémie, Jennifer, Gordon Filligreen, le Grand Brouillard de Montréal, les citoyens d'Ellivret Sam la municipilaté insulare, Mortifer, ce moine qui s'appelle Albrecht je crois, ce salaud de Célestin Pantois, l'Espion sans nom, l'artiste aux roches, le personnage qui s'en va à Carthage...

Peu importe.  Je vais trouver un moyen d'équilibrer la balance d'Anubis.  Je n'oublie pas l'Elpis au fond de l'Urne.  Je résoudrai l'énigme, qu'elle me soit posée par le Sphinx, par Sméagol, ou par Blaine.  

Et je ne serai pas le seul à être conscient de mes réussites et de mes défaites.

5 septembre 2015

as we are slowly getting nearer 
the border leading from Summer to Fall
so many things are trying to keep us apart

(distance which we bridge with telegraphic exchanges of words;
the past which has shaped & twisted us, and hooked into us with its razorsharp barbs;
the present which pits us against barricades and palissades and masquarades and accolades;
the future which tries to lure us forward with promises of faraway perfection;
connections to other beings with their own gravitational pull;
the anomalous compositions of our rebellious individualities;
our lack of worldly means which we disregard anyway;
solitary natures with the need for silence and space and an occasional absent mind;
different origins with their specific propagandas and dictatorial rules;
our quirks and foibles which lie about themselves so as to appear in the worst light possible;
our fears which have such a strong leech-like grip on the back of our necks;
our doubts which feed on every little passing fancies and distort them into deformity)

and yet against all odds we are connecting our treehouses with cans-and-string telephones, and  scary but thrilling rickety little passways, and clothesline to smuggle the merchandise, and vines to swing over quickly when needed, and a very small manually-propelled elevator where we have to huddle together when we need to make our way down to solid ground.

We defy time and conventions and traditions and expectations and regulations and fabrications and we strengthen our bond and deepen it and brighten it and protect it.

What need have we
for complications?

there is a path
there is another path
both decades long
their origins far apart

they did not meet
for so long
then one day
did

something happened
strange wonderful happenstance
nobody could have predicted
neither one knew

precipitated by 
combined compatibility
it plodded head on
straight into Magick
and now I understand
the meaning of Luck:
when the Forces of Randomness
come together to give you
something so good
it's beyond expectations

zero cinq zero neuf quinze

Les visages du Réel
s'animent
d'une tangibilité
trop concrète
et me heurtent
me hurt

le ciel bleuchagrin
rayonne et éclate
sur le mur de briques
et la lave lumineuse
coule par mes yeux
en moi
et c'est une joie
et elle me fait mal aussi

Douleur, plaisir
se rejoignent, se confondent
la simplicité m'est refusée

ma faiblesse, ma force
ça se mêle aussi
je peine à les discerner
la maîtrise m'échappe

mais j'attire
je plais
il en découle donc
que cet amalgame
incongru et atypique
a de la valeur
de par sa rareté
et pour sa capacité
prismatique
de capter et de refléter
toute la gamme
des couleurs

* *

des mots qui envahissent mon esprit, me demandant d'être écrits, sans cesse:

"Jalons obstrués
orifices barricadés
l'irriguation des morsures
soupapes empressées
suivent au pas
la portée de l'entrain"

silly overheated brain nonsense

oh to have in the Now
you for company
and you as the center and focus
of the rest of this day

I am not fatalistic
I am accepting

but now comes a wave
my body-organism
conspiring against me
an effort to turn
my thoughts topsy-turvy
I am helpless in this stream
but I can hold my breath
and not drink the liquid
of these stygian waters
floating in a sea 
of ill black Humours
I have visions
of all these things
which I must now let go of...

this profound soul-ally who now grasps at the purse-strings

close-knit unit which we constituted, complete partnership which she chose to dissolve

family life which I did not fully chose but which I accepted and embraced and was able to benefit from

it's all going away from me now
the irony of getting the solitude
I've been wanting
the space to be myself
for myself
not for others
strange sorrow for all those days being a husband and a father, miserable but never completely all the time and not because of them because of the situation which I didn't fight against and not standing up for myself and keeping quiet and complying and serving and obeying and agreeing and following and helping and rubbing my brain with sandpaper

maybe I wanted out
maybe I wanted out of this
maybe all I wanted was to be alone
hurt to the bone that my wife
just saw how my despair
contributed to hers until
anyway I don't know what she felt or why
but she ended us
and now wants to go
far away with them
saying I can follow if I want
but all I want is to be left alone
free to be
free to be with others
free to love
free from the slavery
free to be who I want to be and not be responsible for someone else's salvation or despair
I love
probably too much
and this is all coming out wrong
but I don't deserve what I've been living for the past decade and a half... I want and need to grasp at something else
I'm crying again for all the lost purity of being in the warm proximity of my children but now I will have to do without
crying at the corruption and downright destruction of certain ideas and ideals and also at the broken hopes of a foolish young man who thought love could make everything turn out for the best

now I love but it pulls me
away from them
and I will not resist
I will fight for it even
I want this
I deserve this
I want this for myself
(crying again)
passionate love
crying too much

I would not have chosen this but by the beard on my face I will not let this chance go to waste.

Let them hate me, scorn me, deride me, curse me, misconstrue my intentions and my actions... they will not stop me.  But I will weep.

3 septembre 2015

"J'ai hâte de te lire."

Plaisir de t'entendre me dire ça, joie, mais aussi... comme une glace dans la gorge.  Et si jamais un jour je ne peux plus écrire, que restera-t-il de moi?  Que restera-t-il à aimer?

Je souffre encore de ne pas sentir que mes histoires donnent un peu d'émerveillement, de réconfort, de connection humaine ou de sentiment d'appartenance à quelqu'un.  Et cette souffrance a déjà été assez forte pour que j'arrête, parce que le sacrifice de mes énergies étaient trop grand pour ce que ça me rapportait.  En ce moment mes énergies sont grandes, mais si un jour je redeviens artistiquement stérile, qu'est-ce que je serai?

Je suis un écrivain (secret), oui, mais je suis plus que ça.  Je suis un ontolo-makon qui résiste à tout et à rien, parce qu'il refuse de capituler même en temps de paix, et qu'il est incapable d'accepter d'être né à une époque, dans un pays, où il n'a pas sa place à moins de se dépersonnaliser.  Et je refuse aussi d'accepter qu'il faut vendre son âme à l'Argent pour être capable d'atteindre à une situation qui nous convient un tant soit peu.
Changement d'entête.

"SCRAP/PARTAGE/UNLOAD/ABANDON/DEAD WEIGHT/LARGUER/SHARE/TOUT ET RIEN/WHATEVER/ON S'EN FOUT/WHO CARES?/PAS MOI"

est devenu

"RANDOM/BROUILLONS/UNLOAD/PARTAGES/THIS AND THAT/CONSIGNATIONS/SHARE/TOUT ET RIEN/SURRENDER/ABANDONWHO CARES?/MOI"

2 septembre 2015

[Improvisation sans intermédiaire]

le tapis continue d'être tiré
sous mes pieds
je me laisse tomber
par en arrière
car je sais que le sol
est une illusion
tout comme l'acte de tomber
car nous tombons tout le temps
c'est rien que le Néant

désintégrer mes particules
et elles se mêleront à celles
qui composent cette Solidité
qui supportent mon support charnel

je souris
mes yeux sont
doux et ouverts
brillants et pétillants
laissant les lueurs entrer
sortir
voyager

je ne veux rien
que la paix
le calme
des idées
des compagnes
des compagnons
des rires
des contacts
des livres
de l'eau
des arbres

des gens qui vont accepter et comprendre
que j'ai une blessure qui ne guérira
peut-être jamais
mais que ça ne m'empêche pas de vivre

la possibilité d'être seul quand je le veux
et bien entouré le reste du temps

pleurer dans la forêt, pleurer dans les bras d'une amie
chanter autour du feu, chanter tout bas dans mon lit
ce que je veux quand je le veux
le rêve de Liberté qui a eu raison
de tellement de gens avant moi

je ne suis pas confus mais je déborde
hémorragie interne 
le sang qui est pompé sur la Plaie
et qui la brûle comme du vinaigre

dans ma tête je crie et ça me fait mal aux oreilles
dans ma tête je ris et ça me calme les nervures
Le Vent me souffle à l'oreille des notes majeures, d'autres mineures.  Des musiques intempestives et piteuses.  Des cacophonies répréhensibles, sur des airs de valses.  Des mélodies silencieuses que j'entends plus fort que tout.  Des coup de canons orchestrés, les boulets volant bien au dessus de moi.  Des chansons secrètes qui résonent au fond d'une mine.  Une chorale s'étant lentement transformée en requiem, sans début ni fin, des mots sans nuances qui changent sans cesse et puis s'estompent, laissant l'auditeur avec une sensation de chaos, d'impatience.  Des crescendos inattendus qui énergisent et gonflent le Réel.

La fatigue étant plus forte que moi, tout ça se combine en une fugue polyphonique inlassable, c'est en fermant les yeux que je pourrais faire taire tout ça mais le silence n'est jamais assez long, et n'est absolu que quand ses mains peuvent caresser mes oreilles, ma tête, mes joues.

1 septembre 2015

plus confortable que jamais avec toi toi toi
moi moi moi à qui tu donnes de toi

s’asseoir et manger
prendre notre temps
déguster les fruits spirituels
qui s’envolent de ta bouche

ta main sur la mienne quand
je parle de douleur de colère de rage

petites étoiles électriques
nous fournissent l’éclairage
et plus tard
émanation rouge
comme un phare
qui fait luire ton visage
beauté qui pourrait
me désintégrer
sous la force
de son faisceau concentré

encore du mal
à y croire
à croire
en ce
que
nous
avons
depuis
deux mois

mots échangés
les derniers de ce
trente-et-un/zéro huit/quinze
tes lèvres brûlent
je les soulage avec les miennes