Sur le point d'aller me coucher. Sentiment noué en quelque part dans la poitrine, juste un peu au-dessus de mes brûlements d'estomac. Une anxiété sans nom, sans cause. Et je n'aurai même pas le loisir de me laisser aller à une insomnie pleine de romance et de douleur, parce que comme chaque soir je vais m'endormir après quelques minutes sur l'oreiller. Ce que je crains, c'est que cette chose qui m'habite en ce moment, que j'ai commencé à sentir vers 18h et qui n'est n'a pas arrêté de grandir, empoisonne ma nuit et transforme mon Demain en une horreur béante.
Ça fait longtemps que je le sens, et ça fait même un bout de temps que je l'écris; en ce moment je pense que ça y est: je touche à la Brisure.
Je ne sais pas pourquoi, je suis venu m'asseoir devant l'ordinateur pour écrire quelque chose, et instinctivement c'est ici que j'ai décider de tout mettre. Pourtant, il n'y a ici aucun échange, aucun partage, aucune communion, rien. Juste le potentiel (ou l'illusion) de tout ça, dormant.
Délire. Je le sais, je le sais. Je délire. Tant pis. Me voici me voilà.
Ça suffit. À plus tard.
8 janvier 2009
11 décembre 2008
Note manquée (mais aux lacunes révélatrices)
Ça fait longtemps que j'ai compris que pour chaque malédiction il y a une bénédiction, pour chaque malheur un avantage à en tirer. C'est peut-être la seule fibre optimiste que je détienne.
J'ai compris cette semaine que tout ce qui m'accable (vie professionnelle où je me sens prisonnier; désespoir ressenti face à un Monde qui me semble être en train de s'affaisser ([1], [2]); sentiment d'aliénation causé par l'impossibilité de baigner dans ce qui me fait vibrer, c'est-à-dire les livres, l'écriture; tristesse de ne pas pouvoir être avec mes enfants plus que quelques heures par semaine, et ne l'étant qu'avec des facultés intellectuelles affaiblies par la fatigue) est finalement un bouclier contre la normalité. Mon désespoir et mon désarroi m'inoculent contre le somnambulisme ambiant. Pour ce que ça vaut, je ne suis pas une copie conforme de mon voisin; je suis plutôt un pantin impuissant qui se serait coupé les cordes, déjanté et déformé par les années, protégé de la propagande par ses handicaps psychiques.
Dans le même ordre d'idée, mon effondrement moral fait en sorte que je ne suis pas sensible à la plupart des sources de stress qui semblent affecter mes contemporains, pas pris dans les tentacules des vaines préoccupations qui les embourbent. Je pourrais être mort demain, et le serai très certainement dans quelques décennies; je mâche et remâche cette Vérité sans arrêt, tout le temps, tous les jours.
Donc… le Temps des Fêtes ne me stress pas, je me fous plus ou moins de mes dettes, de ce qu'on pense de moi, des sports organisés, de qui est au Pouvoir, des vedettes et de la télé et des faits divers sans importance que l'on essaie de nous faire passer pour des "nouvelles", de l'état de mon fonds de pension, etc.
Il y a des gens qui souffrent bien plus que moi; il y a des gens qui sont torturés, mutilés, exterminés, quotidiennement, et la plupart du monde s'en fout. La corruption est généralisée, avec l'avarice cannibale qu'elle sous-entend. En face de ça, on dirait que tout en moi s'écroule.
Donc… je ne vote pas, et ne m'intéresse pas aux débats, aux frasques de tel ou tel candidat; la venue imminente d'une crise économique ne me surprend pas et ne m'inquiète que dans la mesure où j'ai des enfants à nourrir, et que --- comme tous mes concitoyens --- je serai pris au dépourvu le jour où les épiceries cesseront de pouvoir nous vendre de la nourriture; je ne recherche pas l'accomplissement dans ma vie professionnelle, ne l'ai jamais recherché, et n'essaierai pas de vendre à mes enfants la salade sempiternelle que même mon père hippie/dysfonctionnel/rebelle m'a servi… le jour venu, je les encouragerai à se mettre sur le BS et à dessiner toutes la journées, si c'est ce qui les allume…
Nothing matters. We're all gonna die. Il faut vibrer, aimer, tripper, et ne pas propager la Souffrance. Ça se résume à ça pour moi.
J'ai compris cette semaine que tout ce qui m'accable (vie professionnelle où je me sens prisonnier; désespoir ressenti face à un Monde qui me semble être en train de s'affaisser ([1], [2]); sentiment d'aliénation causé par l'impossibilité de baigner dans ce qui me fait vibrer, c'est-à-dire les livres, l'écriture; tristesse de ne pas pouvoir être avec mes enfants plus que quelques heures par semaine, et ne l'étant qu'avec des facultés intellectuelles affaiblies par la fatigue) est finalement un bouclier contre la normalité. Mon désespoir et mon désarroi m'inoculent contre le somnambulisme ambiant. Pour ce que ça vaut, je ne suis pas une copie conforme de mon voisin; je suis plutôt un pantin impuissant qui se serait coupé les cordes, déjanté et déformé par les années, protégé de la propagande par ses handicaps psychiques.
Dans le même ordre d'idée, mon effondrement moral fait en sorte que je ne suis pas sensible à la plupart des sources de stress qui semblent affecter mes contemporains, pas pris dans les tentacules des vaines préoccupations qui les embourbent. Je pourrais être mort demain, et le serai très certainement dans quelques décennies; je mâche et remâche cette Vérité sans arrêt, tout le temps, tous les jours.
Donc… le Temps des Fêtes ne me stress pas, je me fous plus ou moins de mes dettes, de ce qu'on pense de moi, des sports organisés, de qui est au Pouvoir, des vedettes et de la télé et des faits divers sans importance que l'on essaie de nous faire passer pour des "nouvelles", de l'état de mon fonds de pension, etc.
Il y a des gens qui souffrent bien plus que moi; il y a des gens qui sont torturés, mutilés, exterminés, quotidiennement, et la plupart du monde s'en fout. La corruption est généralisée, avec l'avarice cannibale qu'elle sous-entend. En face de ça, on dirait que tout en moi s'écroule.
Donc… je ne vote pas, et ne m'intéresse pas aux débats, aux frasques de tel ou tel candidat; la venue imminente d'une crise économique ne me surprend pas et ne m'inquiète que dans la mesure où j'ai des enfants à nourrir, et que --- comme tous mes concitoyens --- je serai pris au dépourvu le jour où les épiceries cesseront de pouvoir nous vendre de la nourriture; je ne recherche pas l'accomplissement dans ma vie professionnelle, ne l'ai jamais recherché, et n'essaierai pas de vendre à mes enfants la salade sempiternelle que même mon père hippie/dysfonctionnel/rebelle m'a servi… le jour venu, je les encouragerai à se mettre sur le BS et à dessiner toutes la journées, si c'est ce qui les allume…
Nothing matters. We're all gonna die. Il faut vibrer, aimer, tripper, et ne pas propager la Souffrance. Ça se résume à ça pour moi.
5 décembre 2008
3 décembre 2008
24 novembre 2008
Fragments, abandonnés
I'm losing it.
Big time.
Impatient, irritable, et jamais autant qu'avec ceux qui sont eux-mêmes impatients et irritables. L'Amitié m'énerve, les contacts humains m'exaspèrent, tout en moi est brulé, en cendres, ne reste plus que la charpente.
L'impatience, cet État où, justement, on n'a aucune patience pour toutes ces choses inacceptables que pourtant on avale, quotidiennement, faisant habituellement preuve d'une répugnante tolérance.
Ce n'est pas ma candeur qui étonne, mais le désemparé maladroit que celle-ci laisse voir. On se sent obliger de me donner des conseils, comme si on voulait protéger ou donner un petit coup de main à un être faible.
J'ai en moi des livres, mais ne ressens plus le besoin de les écrire. Ils sont prêts, formés et matures, et je sais par expérience que si je m'assoyais ça sortirait avec aisance et même une certaine assurance; c'est le geste lui-même qui a perdu son sens, sa valeur. Il ne reste que le trip d'écrire, mais je suis trop fatigué/démoralisé/morose/épuisé pour tripper.
Ironie du sort: un jeune, qui me connaît depuis sa naissance et qui m'aime beaucoup (pour une raison que je ne m'explique pas), qui veut que je l'aide avec son projet d'écrire un livre. L'impression que je ne peux que lui empoisonner les idées.
Maudits soient mes yeux… lucides ou pas, quelle importance… le fait est qu'ils voient Noir, de plus en plus.
Des fois je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas alcoolique. Toutes mes douleurs se confondraient, comme des couleurs sur la palette d'un peintre […]
Big time.
Impatient, irritable, et jamais autant qu'avec ceux qui sont eux-mêmes impatients et irritables. L'Amitié m'énerve, les contacts humains m'exaspèrent, tout en moi est brulé, en cendres, ne reste plus que la charpente.
L'impatience, cet État où, justement, on n'a aucune patience pour toutes ces choses inacceptables que pourtant on avale, quotidiennement, faisant habituellement preuve d'une répugnante tolérance.
Ce n'est pas ma candeur qui étonne, mais le désemparé maladroit que celle-ci laisse voir. On se sent obliger de me donner des conseils, comme si on voulait protéger ou donner un petit coup de main à un être faible.
J'ai en moi des livres, mais ne ressens plus le besoin de les écrire. Ils sont prêts, formés et matures, et je sais par expérience que si je m'assoyais ça sortirait avec aisance et même une certaine assurance; c'est le geste lui-même qui a perdu son sens, sa valeur. Il ne reste que le trip d'écrire, mais je suis trop fatigué/démoralisé/morose/épuisé pour tripper.
Ironie du sort: un jeune, qui me connaît depuis sa naissance et qui m'aime beaucoup (pour une raison que je ne m'explique pas), qui veut que je l'aide avec son projet d'écrire un livre. L'impression que je ne peux que lui empoisonner les idées.
Maudits soient mes yeux… lucides ou pas, quelle importance… le fait est qu'ils voient Noir, de plus en plus.
Des fois je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas alcoolique. Toutes mes douleurs se confondraient, comme des couleurs sur la palette d'un peintre […]
10 novembre 2008
How It Ends
Des fois c'est comment je me sens...
des fois c'est comment j'aimerais me sentir...
des fois j'en ai juste besoin...
"Hold your grandmother’s bible to your breast
Gonna put it to the test
You wanted it to be blessed
And in your heart
You know it to be true
You know what you gotta do
They all depend on you
And you already know
Yet you already know
How this will end
There is no escape
From the slave catcher’s songs
For all of the loved ones gone
Forever’s not so long
And in your soul
They poked a million holes
But you never let them show
Come on its time to go
And you already know
Yet you already know
How this will end
Now you’ve seen his face
And you know that there’s a place in the sun
For all that you’ve done
For you and your children
No longer shall you need
You always wanted to believe
Just ask and you’ll receive
Beyond your wildest dreams
And you already know
Yet you already know
How this will end"
--- How It Ends, de Devotchka
des fois c'est comment j'aimerais me sentir...
des fois j'en ai juste besoin...
"Hold your grandmother’s bible to your breast
Gonna put it to the test
You wanted it to be blessed
And in your heart
You know it to be true
You know what you gotta do
They all depend on you
And you already know
Yet you already know
How this will end
There is no escape
From the slave catcher’s songs
For all of the loved ones gone
Forever’s not so long
And in your soul
They poked a million holes
But you never let them show
Come on its time to go
And you already know
Yet you already know
How this will end
Now you’ve seen his face
And you know that there’s a place in the sun
For all that you’ve done
For you and your children
No longer shall you need
You always wanted to believe
Just ask and you’ll receive
Beyond your wildest dreams
And you already know
Yet you already know
How this will end"
--- How It Ends, de Devotchka
21 octobre 2008
Le chapeau me fait
Imposteur, nom masculin
Sens Personne qui trompe les autres en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas.
Synonyme menteur
Anglais impostor
je me sens dériver parmi les pod people
affaibli par des efforts d'imagination
que je ne suis même pas conscient de fournir
affaibli au point d'en avoir envie de me regarder mourir
dans une cabane
dans le bois
regarder les feuilles tomber
se coller dans les fenêtres, mouillées
tout seul
ma respiration se faisant de plus en plus visible
à mesure que l'automne progresse
seul, avec des livres, et du papier, devant un feu
et puis Gulag Orkestar
encore et encore et
encore;
seul
pendant des mois
seul
fumer de l'herbe
comme remède à la complaisance
antidote à la banalité de la répétition
la répétition de la banalité
seul
parce qu'autrement je suis un imposteur
ou bien trop fatigué
pour être quelqu'un de bon
de bien
de plaisant
Sens Personne qui trompe les autres en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas.
Synonyme menteur
Anglais impostor
je me sens dériver parmi les pod people
affaibli par des efforts d'imagination
que je ne suis même pas conscient de fournir
affaibli au point d'en avoir envie de me regarder mourir
dans une cabane
dans le bois
regarder les feuilles tomber
se coller dans les fenêtres, mouillées
tout seul
ma respiration se faisant de plus en plus visible
à mesure que l'automne progresse
seul, avec des livres, et du papier, devant un feu
et puis Gulag Orkestar
encore et encore et
encore;
seul
pendant des mois
seul
fumer de l'herbe
comme remède à la complaisance
antidote à la banalité de la répétition
la répétition de la banalité
seul
parce qu'autrement je suis un imposteur
ou bien trop fatigué
pour être quelqu'un de bon
de bien
de plaisant
15 octobre 2008
2008 / Amérique du Nord
Les horreurs de la conjonction temps/espace --> 1942-43/Stalingrad me dégoulinant par les oreilles, je passe mes journées à penser à la Guerre, à ce à quoi elle nous réduit, et je me dis qu'on a tort de se croire au dessus de ça, on a tort, et c'est bête, et c'est un odieux manque de compassion envers ces pauvres gens qui l'ont reçue en pleine gueule, et qui --- s'ils survivaient --- devaient composer, tant bien que mal, jusqu'au bout ou pas du tout.
On ne sait pas jusqu'où on peut aller, et c'est presque criminel de prétendre savoir, d'oser juger.
Je pense à la Guerre, à la Propagande qu'elle engendre, et je ne crois plus en rien. Ou plutôt, je crois en tout, et donc je ne me laisse berner par aucune promesse, aucun réconfort.
J'ai retrouvé, très exactement, ce stade de mon enfance où j'avais dans ma tête --- à parts plus ou moins égales --- Peur et Folie, Solitude et Désespoir, Extase et Besoin d'Extase.
Très exactement.
On ne sait pas jusqu'où on peut aller, et c'est presque criminel de prétendre savoir, d'oser juger.
Je pense à la Guerre, à la Propagande qu'elle engendre, et je ne crois plus en rien. Ou plutôt, je crois en tout, et donc je ne me laisse berner par aucune promesse, aucun réconfort.
J'ai retrouvé, très exactement, ce stade de mon enfance où j'avais dans ma tête --- à parts plus ou moins égales --- Peur et Folie, Solitude et Désespoir, Extase et Besoin d'Extase.
Très exactement.
11 octobre 2008
Refrains de la Dump
Il est plus que possible de plonger dans la dépression --- nerveuse ou autre --- sans que personne ne le sache, et d'y demeurer pendant des années, sans que ça ne paraisse trop. Il est aussi possible d'être suicidaire sans que l'entourage ne s'en doute qu'occasionnellement, presque aléatoirement. De s'immoler les organes vitaux, à grands assauts de bombes incendiaires, sans que ça fasse de fumée. Possible, de n'être plus rien sans toutefois arrêter de bouger. De rire alors qu'on ne croit plus en rien (et même quand on n'a jamais cru en rien), et d'aimer quand on est vide.
Pris (et protégé) par la répétition des invocations occultes scandées dans le noir par le Cadran, je vois sur moi, en moi, que l'usure et les dommages de la résignation perpétuelle me sont burinées dans la peau, tatouages secrets qui s'intensifient au lieu de pâlir.
N'essayez pas de me réjouir, de me consoler ou de me raisonner. Si je suis encore ici parmi vous c'est que j'ai réussi par moi-même à me donner une raison de continuer. Vous ne pouvez rien pour moi. Je suis un automate, je ne me plains pas ouvertement et j'ai le sens du devoir (c'est-à-dire ce qui dirige et ordonne les gestes que je me sens tenu de poser, que je le veuille ou pas). Je n'espère plus rien pour moi, je ne peux concevoir d'aucune situation qui équivaudrait à une "amélioration". Si je continue, si je fais des efforts, ce n'est pas pour moi.
Ellivret Sam est en ruines, et moi aussi. Ce qui autrefois m'était le plus cher, est lentement devenue une habitude épuisante. C'est la plus claire manifestation de qui je suis et de qui je pourrais être, mais qu'importe, c'est mort et presque enterré.
Il ne me reste finalement que les automatismes, ces actes et ces pulsions que je me suis déjà appropriés et puis que j'ai installés dans ma salle des machines. Des mécanismes qui apaisent le pantin, à défaut de le nourrir ou de le réjouir.
Seul, le Simon de toutes les époques préfère toujours s'enfermer dans sa chambre; là, tournant le dos au Monde, il peut l'examiner (et l'animer) par le Jeu & l'Imaginaire.
Pris (et protégé) par la répétition des invocations occultes scandées dans le noir par le Cadran, je vois sur moi, en moi, que l'usure et les dommages de la résignation perpétuelle me sont burinées dans la peau, tatouages secrets qui s'intensifient au lieu de pâlir.
N'essayez pas de me réjouir, de me consoler ou de me raisonner. Si je suis encore ici parmi vous c'est que j'ai réussi par moi-même à me donner une raison de continuer. Vous ne pouvez rien pour moi. Je suis un automate, je ne me plains pas ouvertement et j'ai le sens du devoir (c'est-à-dire ce qui dirige et ordonne les gestes que je me sens tenu de poser, que je le veuille ou pas). Je n'espère plus rien pour moi, je ne peux concevoir d'aucune situation qui équivaudrait à une "amélioration". Si je continue, si je fais des efforts, ce n'est pas pour moi.
Ellivret Sam est en ruines, et moi aussi. Ce qui autrefois m'était le plus cher, est lentement devenue une habitude épuisante. C'est la plus claire manifestation de qui je suis et de qui je pourrais être, mais qu'importe, c'est mort et presque enterré.
Il ne me reste finalement que les automatismes, ces actes et ces pulsions que je me suis déjà appropriés et puis que j'ai installés dans ma salle des machines. Des mécanismes qui apaisent le pantin, à défaut de le nourrir ou de le réjouir.
Seul, le Simon de toutes les époques préfère toujours s'enfermer dans sa chambre; là, tournant le dos au Monde, il peut l'examiner (et l'animer) par le Jeu & l'Imaginaire.
2 octobre 2008
Débat?
"I am really sorry to see my countrymen trouble themselves about politics. If men were wise, the most arbitrary princes could not hurt them. If they are not wise, the freest government is compelled to be a tyranny. Princes appear to me to be fools. Houses of Commons and Houses of Lords appear to me to be fools; they seem to me to be something else besides human life."
-- William Blake
-- William Blake
Hantise Nocturne
"And in the end they'll find her name
stitched to my heart"
[Ceci, après que sur l'heure du dîner, au travail, j'aie discuté avec mon ami F. des rêves, de ceux dont on se souvient, et qu'il ait fait la remarque que des "beaux rêves", il n'en a presque jamais, c'est toujours quelque chose de dérangeant, de désagréable ou de franchement effrayant.]
Je rêve à Julie, ma Julie. D'abord, ça se situe dans le contexte de mon travail actuel, étrangement. Les mêmes décors, les mêmes collègues, sauf que Julie travaille là aussi, et parfois quand je passe près de son bureau je la regarde rapidement. Et parfois quand je la croise, je lui parle. Mais elle n'a pas l'air d'avoir une grande estime de moi, et m'ignore presque. Il me semble que mon ami F. est au courant de mon amour pour elle, et essaie de m'aider, va déposer quelque chose à son bureau. Je ne sais plus.
Plus tard, je suis sur le terrain avant de mon ancienne maison, à McMasterville, et c'est le printemps. De gros blocs de neige glacée sont en train de fondre, et rendent le terrain boueux. J'aide quelqu'un à faire quelque chose, je sais plus quoi, je sais plus avec qui, mais à un moment donné je suis surpris par l'arrivée de Julie. Elle nous adresse la parole, c'est comme si elle habitait le même immeuble que moi.
Puis je me retrouve en voiture avec elle et d'autres amis, une belle journée ensoleillée, et je pense que nous roulons sur la route qui longe la rivière Richelieu. La voiture est décapotable, alors quand elle se retourne vers le siège arrière où je suis assis, elle est bénie par la lumière, et elle me sourit, et je réalise à cet instant qu'elle vient de tomber en amour avec moi. C'est le plus beau jour de ma vie.
Il y a une autre transition; cette fois je me retrouve seul avec elle dans une église. Je viens d'obtenir un poste d'organiste ici, et elle est mon assistante, officielle ou pas. Je me mets alors au travail, devant construire mon orgue. Je me vois alors le faire, et ça se passe exactement comme dans les jeux vidéo de Lego que je joue avec mes enfants (c'est-à-dire machinalement, rapidement).
Je ne me souviens plus du reste du rêve, mais j'étais avec elle.
Et au réveil, je ne l'étais pas.
Je rêve à Julie, ma Julie. D'abord, ça se situe dans le contexte de mon travail actuel, étrangement. Les mêmes décors, les mêmes collègues, sauf que Julie travaille là aussi, et parfois quand je passe près de son bureau je la regarde rapidement. Et parfois quand je la croise, je lui parle. Mais elle n'a pas l'air d'avoir une grande estime de moi, et m'ignore presque. Il me semble que mon ami F. est au courant de mon amour pour elle, et essaie de m'aider, va déposer quelque chose à son bureau. Je ne sais plus.
Plus tard, je suis sur le terrain avant de mon ancienne maison, à McMasterville, et c'est le printemps. De gros blocs de neige glacée sont en train de fondre, et rendent le terrain boueux. J'aide quelqu'un à faire quelque chose, je sais plus quoi, je sais plus avec qui, mais à un moment donné je suis surpris par l'arrivée de Julie. Elle nous adresse la parole, c'est comme si elle habitait le même immeuble que moi.
Puis je me retrouve en voiture avec elle et d'autres amis, une belle journée ensoleillée, et je pense que nous roulons sur la route qui longe la rivière Richelieu. La voiture est décapotable, alors quand elle se retourne vers le siège arrière où je suis assis, elle est bénie par la lumière, et elle me sourit, et je réalise à cet instant qu'elle vient de tomber en amour avec moi. C'est le plus beau jour de ma vie.
Il y a une autre transition; cette fois je me retrouve seul avec elle dans une église. Je viens d'obtenir un poste d'organiste ici, et elle est mon assistante, officielle ou pas. Je me mets alors au travail, devant construire mon orgue. Je me vois alors le faire, et ça se passe exactement comme dans les jeux vidéo de Lego que je joue avec mes enfants (c'est-à-dire machinalement, rapidement).
Je ne me souviens plus du reste du rêve, mais j'étais avec elle.
Et au réveil, je ne l'étais pas.
30 septembre 2008
Little Birds
Jeff Mangum, le 5 décembre 1998: "It's the beginning of a story where a boy is in a not-so-nice situation. One day, little birds start to form around him in his room. They start coming into his body and he was very happy about this. But unfortunately he tries to share it with other people and they get very upset because this is something that he finds to be very beautiful but they don't find very beautiful and they want to destroy it."
Extrait de mon Journal, le 5 décembre 1998: […] moi je me dépêche d’écrire (en pensant à mes parents, ma famille en général): "Des vieux peureux qui ont mal guéris des étapes de leur vie".
26 septembre 2008
Lectures [Retenances]
"Les présidents et directeurs généraux de cette époque pouvaient, à l'instar de Néron ou Dracula, se permettre toutes les fantaisies sous les yeux de leurs cadres les plus intelligents sans que ceux-ci réagissent, tant il était vital pour eux de conserver leurs hauts salaires. Les démocraties occidentales avaient donc leurs despotes; mais, au lieu que ceux-ci fussent logés dans les palais de l'État, ils trônaient dans d'immenses et luxueux bureaux au faîte de leurs immeubles de verre et d'acier. La maladie se propageait aux étages inférieurs, car chacun s'estimait le roi de quelqu'un d'autre. Cette consternante psychologie du commandement influença lourdement le processus de dégradation qui rongea le foie des pays libres."
--- Tiré de L'Imprécateur (1974), de René-Victor Pilhes
25 septembre 2008
Lectures [Retenances]
"La construction d'usines et d'immeubles sur toute la surface du globe apportait du travail et de la nourriture aux peuples maigrement pourvus, accélérait leur marche vers le progrès et le bien-être. C'est pourquoi ces gens qui, en fabriquant, en emballant et en vendant, édifiaient le bonheur de l'humanité en vinrent à se demander à quoi pouvaient servir les assemblées politiques et les gouvernements. Voici ce que ces néo-patriciens, qui décidément avaient pénétré les secrets de l'âme humaine, répondirent: "Nous qui fabriquons, emballons et vendons, nous créons les richesses et nous en remettons une part importante aux institutions politiques, librement ou non élues, qui les redistribuent. Ces richesses, nous ne voulons pas les répartir nous-mêmes, car nous serions juge et partie. Ainsi, le monde, après tant de soubresauts et de déchirements millénaires, a enfin trouvé sa voie: fabriquer, emballer, vendre, distribuer le produit de la vente. En somme, de même qu'en des temps préhistoriques on avait séparé les Églises et l'État, on séparerait aujourd'hui la justice et l'économie. D'un côté, on ferait beaucoup de "social", de l'autre, beaucoup d'argent. En quelque sorte, le pouvoir temporel appartiendrait aux entreprises et aux banques, et le pouvoir intemporel aux gouvernements. Les temples, les églises, les synagogues le céderaient aux grands ministères.
Fabriquons et emballons en paix! criaient-ils, vendons en liberté, et nous aurons en échange la paix et la liberté!
Une pareille grandeur d'âme ne laissait pas indifférents les peuples et les États. Entre tous, les États d'Amérique du Nord apparurent comme le peuple élu. Le monde changea de Judée. Jérusalem fut peu à peu remplacée par Washington. Quant à la politique, elle s'adapta à la religion nouvelle et forma ses grands prêtres. Que serait un dirigeant qui n'aurait ni lu ni compris les Tables de la nouvelle Loi? Alors surgirent dans les Conseils des hommes d'un type nouveau, compétents, capables de gérer aussi bien une administration qu'une entreprise ou une grande compagnie. Le mot GESTION rompit un carcan multiséculaire, jeta bas ses oripeaux et apparut en cape d'or aux citoyennes et aux citoyens ébahis. Jadis, on cherchait à savoir d'un homme s'il était chrétien ou hérétique, à droite ou à gauche, communiste ou anglican. À l'époque dont je parle, on se demandait: celui-là est il ou non un bon gestionnaire?"
--- Tiré de L'Imprécateur (1974), de René-Victor Pilhes
13 septembre 2008
Soir

[Tiré de Wake the Devil, de Mike Mignola]
* * *
"I've been trying hard lately...
Ah, fuck it, I'm a monster, I admit it!"
--- The Curse of Millhaven, Nick Cave
10 septembre 2008
Ce que je ne dis pas, je l'écris. Ce que j'écris, quand je juge que ça en vaut le coût, et qu'après de longues délibérations internes j'en trouve le courage, et bien il arrive que je finisse par le dire. En ce sens, mon écriture se veut parfois une base passive menant à l'action, au geste, à la parole.
En dépit de ce que j'en pense donc la plupart du temps, il m'en incombe donc de croire que je ne me remue pas les tripes, les méninges, les bébittes, pour rien.
En dépit de ce que j'en pense donc la plupart du temps, il m'en incombe donc de croire que je ne me remue pas les tripes, les méninges, les bébittes, pour rien.
8 septembre 2008
FLAK! [Dépôts colériques & remaniements caractériels]
Mots du père: "En tous cas, je suis triste de savoir que vous allez déménager si loin. On va pu se voir souvent..."
J'ouvre la bouche mais rien ne sort
sauf ma respiration
directement de mes poumons
qui s'affaissent.
Je n'ai jamais été
capable de m'exprimer
et au lieu d'aller
en s'améliorant
ça s'embourbe
dans ma colère
qui part de pointe
et se pyramide
jusqu'au Tout.
J'aimerais savoir pourquoi tu me confies ta tristesse, Michel. En fait ça n'est probablement qu'une réaction candide comme celle d'un enfant, sans calcul ou préméditation, mais peut-on bénéficier du luxe de l'Innocence quand on a dépassé les soixante ans? Tu ne peux pas être sans savoir ce que ça me cause comme tourments, tout ça, alors pourquoi tu en rajoutes? S'imagine-t-on que parce que je suis solitaire, indépendant, secret, je suis au dessus d'une chose aussi simple que le support moral? Il faudrait que tu te demandes pourquoi je m'engage dans cette voie, que tu penses au dilemme que ça a préalablement nécessité. Il faudrait que tu retournes à cette question que tu m'as posée, il y a quelques mois ("Es-tu heureux? Je ne te sens pas heureux..."), et qu'ensuite tu songes à ce que je t'ai répondu, très exactement.
Que tu te désoles de la distance que ça mettrait entre nous, sans que visiblement tu te soucies de celle qui existe déjà (depuis toujours?), a de quoi me rendre perplexe.
Il faudrait que l'on se parle de ça en face-à-face, seul à seul, mais ça n'arrivera jamais. Pour que le courant passe entre nous deux, il faudrait que tu sois complètement sobre et moi complètement ivre (deux choses qui sont rares individuellement, mais qui jamais ne se produisent quand on se voit) .
Et c'est ainsi avec
presque tout le monde:
redevenu moi-même
après un long séjour
dans le Couloir des Masques
je ne suis à l'aise que Seul
ou avec mes Plus-Que-Proches.
Je baigne, schizoïde,
dans plusieurs Univers à la fois,
me dissipant
sur tous les tons &
tous les registres,
raffinant mes Hantises
en une absorbante Dévotion.
Ça fait de moi
un être sibyllin,
farouche et halluciné
comme un enfant,
se méfiant de tous ceux
qui prennent tout
(incluant eux-mêmes)
trop au sérieux.
J'ouvre la bouche mais rien ne sort
sauf ma respiration
directement de mes poumons
qui s'affaissent.
Je n'ai jamais été
capable de m'exprimer
et au lieu d'aller
en s'améliorant
ça s'embourbe
dans ma colère
qui part de pointe
et se pyramide
jusqu'au Tout.
J'aimerais savoir pourquoi tu me confies ta tristesse, Michel. En fait ça n'est probablement qu'une réaction candide comme celle d'un enfant, sans calcul ou préméditation, mais peut-on bénéficier du luxe de l'Innocence quand on a dépassé les soixante ans? Tu ne peux pas être sans savoir ce que ça me cause comme tourments, tout ça, alors pourquoi tu en rajoutes? S'imagine-t-on que parce que je suis solitaire, indépendant, secret, je suis au dessus d'une chose aussi simple que le support moral? Il faudrait que tu te demandes pourquoi je m'engage dans cette voie, que tu penses au dilemme que ça a préalablement nécessité. Il faudrait que tu retournes à cette question que tu m'as posée, il y a quelques mois ("Es-tu heureux? Je ne te sens pas heureux..."), et qu'ensuite tu songes à ce que je t'ai répondu, très exactement.
Que tu te désoles de la distance que ça mettrait entre nous, sans que visiblement tu te soucies de celle qui existe déjà (depuis toujours?), a de quoi me rendre perplexe.
Il faudrait que l'on se parle de ça en face-à-face, seul à seul, mais ça n'arrivera jamais. Pour que le courant passe entre nous deux, il faudrait que tu sois complètement sobre et moi complètement ivre (deux choses qui sont rares individuellement, mais qui jamais ne se produisent quand on se voit) .
Et c'est ainsi avec
presque tout le monde:
redevenu moi-même
après un long séjour
dans le Couloir des Masques
je ne suis à l'aise que Seul
ou avec mes Plus-Que-Proches.
Je baigne, schizoïde,
dans plusieurs Univers à la fois,
me dissipant
sur tous les tons &
tous les registres,
raffinant mes Hantises
en une absorbante Dévotion.
Ça fait de moi
un être sibyllin,
farouche et halluciné
comme un enfant,
se méfiant de tous ceux
qui prennent tout
(incluant eux-mêmes)
trop au sérieux.
29 août 2008
Archives: 2 septembre 1999
Il y a deux Esprits Révolutionnaires.
Il y a celui qui appartient à la Jeunesse, qui s'indigne de voir la Médiocrité de la Réalité Existante, et qui conçoit Mieux. Il voit tout ce qui pourrait être créé, tout ce qui n'existe pas mais qui le pourrait. Il conçoit l'Utopie.
Puis il y a celui qui appartient à la Vieillesse, qui s'indigne de voir tout ce qui – depuis sa naissance – a disparu, tout ce qui était bon et qui s'est dégradé, tout cette richesse qui disparaît au nom de l'Innovation.
L'un voit le Mieux qui pourrait être; l'autre le Mieux qui a déjà été. Les deux visions sont aussi puissantes.
Il y a celui qui appartient à la Jeunesse, qui s'indigne de voir la Médiocrité de la Réalité Existante, et qui conçoit Mieux. Il voit tout ce qui pourrait être créé, tout ce qui n'existe pas mais qui le pourrait. Il conçoit l'Utopie.
Puis il y a celui qui appartient à la Vieillesse, qui s'indigne de voir tout ce qui – depuis sa naissance – a disparu, tout ce qui était bon et qui s'est dégradé, tout cette richesse qui disparaît au nom de l'Innovation.
L'un voit le Mieux qui pourrait être; l'autre le Mieux qui a déjà été. Les deux visions sont aussi puissantes.
20 août 2008
Image du passé
Image tiré du module B4: The Lost City de la version "basic" de Dungeons & Dragons
Ce que ça me fait de revoir cette image, c'est indescriptible (à moins de m'étendre sur des pages et des pages). Il y a là une grande partie de ce que je suis, encore à ce jour.
"And you, young man, how are you? Isn't it hard to keep silent? I can well imagine. But it's good for you. Sociability is a burden. Not all of us can bear it."
-- Extrait de dialogue, tiré du film Offret (Le Sacrifice) d'Andrei Tarkovsky.
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