Imposteur, nom masculin
Sens Personne qui trompe les autres en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas.
Synonyme menteur
Anglais impostor
je me sens dériver parmi les pod people
affaibli par des efforts d'imagination
que je ne suis même pas conscient de fournir
affaibli au point d'en avoir envie de me regarder mourir
dans une cabane
dans le bois
regarder les feuilles tomber
se coller dans les fenêtres, mouillées
tout seul
ma respiration se faisant de plus en plus visible
à mesure que l'automne progresse
seul, avec des livres, et du papier, devant un feu
et puis Gulag Orkestar
encore et encore et
encore;
seul
pendant des mois
seul
fumer de l'herbe
comme remède à la complaisance
antidote à la banalité de la répétition
la répétition de la banalité
seul
parce qu'autrement je suis un imposteur
ou bien trop fatigué
pour être quelqu'un de bon
de bien
de plaisant
21 octobre 2008
15 octobre 2008
2008 / Amérique du Nord
Les horreurs de la conjonction temps/espace --> 1942-43/Stalingrad me dégoulinant par les oreilles, je passe mes journées à penser à la Guerre, à ce à quoi elle nous réduit, et je me dis qu'on a tort de se croire au dessus de ça, on a tort, et c'est bête, et c'est un odieux manque de compassion envers ces pauvres gens qui l'ont reçue en pleine gueule, et qui --- s'ils survivaient --- devaient composer, tant bien que mal, jusqu'au bout ou pas du tout.
On ne sait pas jusqu'où on peut aller, et c'est presque criminel de prétendre savoir, d'oser juger.
Je pense à la Guerre, à la Propagande qu'elle engendre, et je ne crois plus en rien. Ou plutôt, je crois en tout, et donc je ne me laisse berner par aucune promesse, aucun réconfort.
J'ai retrouvé, très exactement, ce stade de mon enfance où j'avais dans ma tête --- à parts plus ou moins égales --- Peur et Folie, Solitude et Désespoir, Extase et Besoin d'Extase.
Très exactement.
On ne sait pas jusqu'où on peut aller, et c'est presque criminel de prétendre savoir, d'oser juger.
Je pense à la Guerre, à la Propagande qu'elle engendre, et je ne crois plus en rien. Ou plutôt, je crois en tout, et donc je ne me laisse berner par aucune promesse, aucun réconfort.
J'ai retrouvé, très exactement, ce stade de mon enfance où j'avais dans ma tête --- à parts plus ou moins égales --- Peur et Folie, Solitude et Désespoir, Extase et Besoin d'Extase.
Très exactement.
11 octobre 2008
Refrains de la Dump
Il est plus que possible de plonger dans la dépression --- nerveuse ou autre --- sans que personne ne le sache, et d'y demeurer pendant des années, sans que ça ne paraisse trop. Il est aussi possible d'être suicidaire sans que l'entourage ne s'en doute qu'occasionnellement, presque aléatoirement. De s'immoler les organes vitaux, à grands assauts de bombes incendiaires, sans que ça fasse de fumée. Possible, de n'être plus rien sans toutefois arrêter de bouger. De rire alors qu'on ne croit plus en rien (et même quand on n'a jamais cru en rien), et d'aimer quand on est vide.
Pris (et protégé) par la répétition des invocations occultes scandées dans le noir par le Cadran, je vois sur moi, en moi, que l'usure et les dommages de la résignation perpétuelle me sont burinées dans la peau, tatouages secrets qui s'intensifient au lieu de pâlir.
N'essayez pas de me réjouir, de me consoler ou de me raisonner. Si je suis encore ici parmi vous c'est que j'ai réussi par moi-même à me donner une raison de continuer. Vous ne pouvez rien pour moi. Je suis un automate, je ne me plains pas ouvertement et j'ai le sens du devoir (c'est-à-dire ce qui dirige et ordonne les gestes que je me sens tenu de poser, que je le veuille ou pas). Je n'espère plus rien pour moi, je ne peux concevoir d'aucune situation qui équivaudrait à une "amélioration". Si je continue, si je fais des efforts, ce n'est pas pour moi.
Ellivret Sam est en ruines, et moi aussi. Ce qui autrefois m'était le plus cher, est lentement devenue une habitude épuisante. C'est la plus claire manifestation de qui je suis et de qui je pourrais être, mais qu'importe, c'est mort et presque enterré.
Il ne me reste finalement que les automatismes, ces actes et ces pulsions que je me suis déjà appropriés et puis que j'ai installés dans ma salle des machines. Des mécanismes qui apaisent le pantin, à défaut de le nourrir ou de le réjouir.
Seul, le Simon de toutes les époques préfère toujours s'enfermer dans sa chambre; là, tournant le dos au Monde, il peut l'examiner (et l'animer) par le Jeu & l'Imaginaire.
Pris (et protégé) par la répétition des invocations occultes scandées dans le noir par le Cadran, je vois sur moi, en moi, que l'usure et les dommages de la résignation perpétuelle me sont burinées dans la peau, tatouages secrets qui s'intensifient au lieu de pâlir.
N'essayez pas de me réjouir, de me consoler ou de me raisonner. Si je suis encore ici parmi vous c'est que j'ai réussi par moi-même à me donner une raison de continuer. Vous ne pouvez rien pour moi. Je suis un automate, je ne me plains pas ouvertement et j'ai le sens du devoir (c'est-à-dire ce qui dirige et ordonne les gestes que je me sens tenu de poser, que je le veuille ou pas). Je n'espère plus rien pour moi, je ne peux concevoir d'aucune situation qui équivaudrait à une "amélioration". Si je continue, si je fais des efforts, ce n'est pas pour moi.
Ellivret Sam est en ruines, et moi aussi. Ce qui autrefois m'était le plus cher, est lentement devenue une habitude épuisante. C'est la plus claire manifestation de qui je suis et de qui je pourrais être, mais qu'importe, c'est mort et presque enterré.
Il ne me reste finalement que les automatismes, ces actes et ces pulsions que je me suis déjà appropriés et puis que j'ai installés dans ma salle des machines. Des mécanismes qui apaisent le pantin, à défaut de le nourrir ou de le réjouir.
Seul, le Simon de toutes les époques préfère toujours s'enfermer dans sa chambre; là, tournant le dos au Monde, il peut l'examiner (et l'animer) par le Jeu & l'Imaginaire.
2 octobre 2008
Débat?
"I am really sorry to see my countrymen trouble themselves about politics. If men were wise, the most arbitrary princes could not hurt them. If they are not wise, the freest government is compelled to be a tyranny. Princes appear to me to be fools. Houses of Commons and Houses of Lords appear to me to be fools; they seem to me to be something else besides human life."
-- William Blake
-- William Blake
Hantise Nocturne
"And in the end they'll find her name
stitched to my heart"
[Ceci, après que sur l'heure du dîner, au travail, j'aie discuté avec mon ami F. des rêves, de ceux dont on se souvient, et qu'il ait fait la remarque que des "beaux rêves", il n'en a presque jamais, c'est toujours quelque chose de dérangeant, de désagréable ou de franchement effrayant.]
Je rêve à Julie, ma Julie. D'abord, ça se situe dans le contexte de mon travail actuel, étrangement. Les mêmes décors, les mêmes collègues, sauf que Julie travaille là aussi, et parfois quand je passe près de son bureau je la regarde rapidement. Et parfois quand je la croise, je lui parle. Mais elle n'a pas l'air d'avoir une grande estime de moi, et m'ignore presque. Il me semble que mon ami F. est au courant de mon amour pour elle, et essaie de m'aider, va déposer quelque chose à son bureau. Je ne sais plus.
Plus tard, je suis sur le terrain avant de mon ancienne maison, à McMasterville, et c'est le printemps. De gros blocs de neige glacée sont en train de fondre, et rendent le terrain boueux. J'aide quelqu'un à faire quelque chose, je sais plus quoi, je sais plus avec qui, mais à un moment donné je suis surpris par l'arrivée de Julie. Elle nous adresse la parole, c'est comme si elle habitait le même immeuble que moi.
Puis je me retrouve en voiture avec elle et d'autres amis, une belle journée ensoleillée, et je pense que nous roulons sur la route qui longe la rivière Richelieu. La voiture est décapotable, alors quand elle se retourne vers le siège arrière où je suis assis, elle est bénie par la lumière, et elle me sourit, et je réalise à cet instant qu'elle vient de tomber en amour avec moi. C'est le plus beau jour de ma vie.
Il y a une autre transition; cette fois je me retrouve seul avec elle dans une église. Je viens d'obtenir un poste d'organiste ici, et elle est mon assistante, officielle ou pas. Je me mets alors au travail, devant construire mon orgue. Je me vois alors le faire, et ça se passe exactement comme dans les jeux vidéo de Lego que je joue avec mes enfants (c'est-à-dire machinalement, rapidement).
Je ne me souviens plus du reste du rêve, mais j'étais avec elle.
Et au réveil, je ne l'étais pas.
Je rêve à Julie, ma Julie. D'abord, ça se situe dans le contexte de mon travail actuel, étrangement. Les mêmes décors, les mêmes collègues, sauf que Julie travaille là aussi, et parfois quand je passe près de son bureau je la regarde rapidement. Et parfois quand je la croise, je lui parle. Mais elle n'a pas l'air d'avoir une grande estime de moi, et m'ignore presque. Il me semble que mon ami F. est au courant de mon amour pour elle, et essaie de m'aider, va déposer quelque chose à son bureau. Je ne sais plus.
Plus tard, je suis sur le terrain avant de mon ancienne maison, à McMasterville, et c'est le printemps. De gros blocs de neige glacée sont en train de fondre, et rendent le terrain boueux. J'aide quelqu'un à faire quelque chose, je sais plus quoi, je sais plus avec qui, mais à un moment donné je suis surpris par l'arrivée de Julie. Elle nous adresse la parole, c'est comme si elle habitait le même immeuble que moi.
Puis je me retrouve en voiture avec elle et d'autres amis, une belle journée ensoleillée, et je pense que nous roulons sur la route qui longe la rivière Richelieu. La voiture est décapotable, alors quand elle se retourne vers le siège arrière où je suis assis, elle est bénie par la lumière, et elle me sourit, et je réalise à cet instant qu'elle vient de tomber en amour avec moi. C'est le plus beau jour de ma vie.
Il y a une autre transition; cette fois je me retrouve seul avec elle dans une église. Je viens d'obtenir un poste d'organiste ici, et elle est mon assistante, officielle ou pas. Je me mets alors au travail, devant construire mon orgue. Je me vois alors le faire, et ça se passe exactement comme dans les jeux vidéo de Lego que je joue avec mes enfants (c'est-à-dire machinalement, rapidement).
Je ne me souviens plus du reste du rêve, mais j'étais avec elle.
Et au réveil, je ne l'étais pas.
30 septembre 2008
Little Birds
Jeff Mangum, le 5 décembre 1998: "It's the beginning of a story where a boy is in a not-so-nice situation. One day, little birds start to form around him in his room. They start coming into his body and he was very happy about this. But unfortunately he tries to share it with other people and they get very upset because this is something that he finds to be very beautiful but they don't find very beautiful and they want to destroy it."
Extrait de mon Journal, le 5 décembre 1998: […] moi je me dépêche d’écrire (en pensant à mes parents, ma famille en général): "Des vieux peureux qui ont mal guéris des étapes de leur vie".
26 septembre 2008
Lectures [Retenances]
"Les présidents et directeurs généraux de cette époque pouvaient, à l'instar de Néron ou Dracula, se permettre toutes les fantaisies sous les yeux de leurs cadres les plus intelligents sans que ceux-ci réagissent, tant il était vital pour eux de conserver leurs hauts salaires. Les démocraties occidentales avaient donc leurs despotes; mais, au lieu que ceux-ci fussent logés dans les palais de l'État, ils trônaient dans d'immenses et luxueux bureaux au faîte de leurs immeubles de verre et d'acier. La maladie se propageait aux étages inférieurs, car chacun s'estimait le roi de quelqu'un d'autre. Cette consternante psychologie du commandement influença lourdement le processus de dégradation qui rongea le foie des pays libres."
--- Tiré de L'Imprécateur (1974), de René-Victor Pilhes
25 septembre 2008
Lectures [Retenances]
"La construction d'usines et d'immeubles sur toute la surface du globe apportait du travail et de la nourriture aux peuples maigrement pourvus, accélérait leur marche vers le progrès et le bien-être. C'est pourquoi ces gens qui, en fabriquant, en emballant et en vendant, édifiaient le bonheur de l'humanité en vinrent à se demander à quoi pouvaient servir les assemblées politiques et les gouvernements. Voici ce que ces néo-patriciens, qui décidément avaient pénétré les secrets de l'âme humaine, répondirent: "Nous qui fabriquons, emballons et vendons, nous créons les richesses et nous en remettons une part importante aux institutions politiques, librement ou non élues, qui les redistribuent. Ces richesses, nous ne voulons pas les répartir nous-mêmes, car nous serions juge et partie. Ainsi, le monde, après tant de soubresauts et de déchirements millénaires, a enfin trouvé sa voie: fabriquer, emballer, vendre, distribuer le produit de la vente. En somme, de même qu'en des temps préhistoriques on avait séparé les Églises et l'État, on séparerait aujourd'hui la justice et l'économie. D'un côté, on ferait beaucoup de "social", de l'autre, beaucoup d'argent. En quelque sorte, le pouvoir temporel appartiendrait aux entreprises et aux banques, et le pouvoir intemporel aux gouvernements. Les temples, les églises, les synagogues le céderaient aux grands ministères.
Fabriquons et emballons en paix! criaient-ils, vendons en liberté, et nous aurons en échange la paix et la liberté!
Une pareille grandeur d'âme ne laissait pas indifférents les peuples et les États. Entre tous, les États d'Amérique du Nord apparurent comme le peuple élu. Le monde changea de Judée. Jérusalem fut peu à peu remplacée par Washington. Quant à la politique, elle s'adapta à la religion nouvelle et forma ses grands prêtres. Que serait un dirigeant qui n'aurait ni lu ni compris les Tables de la nouvelle Loi? Alors surgirent dans les Conseils des hommes d'un type nouveau, compétents, capables de gérer aussi bien une administration qu'une entreprise ou une grande compagnie. Le mot GESTION rompit un carcan multiséculaire, jeta bas ses oripeaux et apparut en cape d'or aux citoyennes et aux citoyens ébahis. Jadis, on cherchait à savoir d'un homme s'il était chrétien ou hérétique, à droite ou à gauche, communiste ou anglican. À l'époque dont je parle, on se demandait: celui-là est il ou non un bon gestionnaire?"
--- Tiré de L'Imprécateur (1974), de René-Victor Pilhes
13 septembre 2008
Soir

[Tiré de Wake the Devil, de Mike Mignola]
* * *
"I've been trying hard lately...
Ah, fuck it, I'm a monster, I admit it!"
--- The Curse of Millhaven, Nick Cave
10 septembre 2008
Ce que je ne dis pas, je l'écris. Ce que j'écris, quand je juge que ça en vaut le coût, et qu'après de longues délibérations internes j'en trouve le courage, et bien il arrive que je finisse par le dire. En ce sens, mon écriture se veut parfois une base passive menant à l'action, au geste, à la parole.
En dépit de ce que j'en pense donc la plupart du temps, il m'en incombe donc de croire que je ne me remue pas les tripes, les méninges, les bébittes, pour rien.
En dépit de ce que j'en pense donc la plupart du temps, il m'en incombe donc de croire que je ne me remue pas les tripes, les méninges, les bébittes, pour rien.
8 septembre 2008
FLAK! [Dépôts colériques & remaniements caractériels]
Mots du père: "En tous cas, je suis triste de savoir que vous allez déménager si loin. On va pu se voir souvent..."
J'ouvre la bouche mais rien ne sort
sauf ma respiration
directement de mes poumons
qui s'affaissent.
Je n'ai jamais été
capable de m'exprimer
et au lieu d'aller
en s'améliorant
ça s'embourbe
dans ma colère
qui part de pointe
et se pyramide
jusqu'au Tout.
J'aimerais savoir pourquoi tu me confies ta tristesse, Michel. En fait ça n'est probablement qu'une réaction candide comme celle d'un enfant, sans calcul ou préméditation, mais peut-on bénéficier du luxe de l'Innocence quand on a dépassé les soixante ans? Tu ne peux pas être sans savoir ce que ça me cause comme tourments, tout ça, alors pourquoi tu en rajoutes? S'imagine-t-on que parce que je suis solitaire, indépendant, secret, je suis au dessus d'une chose aussi simple que le support moral? Il faudrait que tu te demandes pourquoi je m'engage dans cette voie, que tu penses au dilemme que ça a préalablement nécessité. Il faudrait que tu retournes à cette question que tu m'as posée, il y a quelques mois ("Es-tu heureux? Je ne te sens pas heureux..."), et qu'ensuite tu songes à ce que je t'ai répondu, très exactement.
Que tu te désoles de la distance que ça mettrait entre nous, sans que visiblement tu te soucies de celle qui existe déjà (depuis toujours?), a de quoi me rendre perplexe.
Il faudrait que l'on se parle de ça en face-à-face, seul à seul, mais ça n'arrivera jamais. Pour que le courant passe entre nous deux, il faudrait que tu sois complètement sobre et moi complètement ivre (deux choses qui sont rares individuellement, mais qui jamais ne se produisent quand on se voit) .
Et c'est ainsi avec
presque tout le monde:
redevenu moi-même
après un long séjour
dans le Couloir des Masques
je ne suis à l'aise que Seul
ou avec mes Plus-Que-Proches.
Je baigne, schizoïde,
dans plusieurs Univers à la fois,
me dissipant
sur tous les tons &
tous les registres,
raffinant mes Hantises
en une absorbante Dévotion.
Ça fait de moi
un être sibyllin,
farouche et halluciné
comme un enfant,
se méfiant de tous ceux
qui prennent tout
(incluant eux-mêmes)
trop au sérieux.
J'ouvre la bouche mais rien ne sort
sauf ma respiration
directement de mes poumons
qui s'affaissent.
Je n'ai jamais été
capable de m'exprimer
et au lieu d'aller
en s'améliorant
ça s'embourbe
dans ma colère
qui part de pointe
et se pyramide
jusqu'au Tout.
J'aimerais savoir pourquoi tu me confies ta tristesse, Michel. En fait ça n'est probablement qu'une réaction candide comme celle d'un enfant, sans calcul ou préméditation, mais peut-on bénéficier du luxe de l'Innocence quand on a dépassé les soixante ans? Tu ne peux pas être sans savoir ce que ça me cause comme tourments, tout ça, alors pourquoi tu en rajoutes? S'imagine-t-on que parce que je suis solitaire, indépendant, secret, je suis au dessus d'une chose aussi simple que le support moral? Il faudrait que tu te demandes pourquoi je m'engage dans cette voie, que tu penses au dilemme que ça a préalablement nécessité. Il faudrait que tu retournes à cette question que tu m'as posée, il y a quelques mois ("Es-tu heureux? Je ne te sens pas heureux..."), et qu'ensuite tu songes à ce que je t'ai répondu, très exactement.
Que tu te désoles de la distance que ça mettrait entre nous, sans que visiblement tu te soucies de celle qui existe déjà (depuis toujours?), a de quoi me rendre perplexe.
Il faudrait que l'on se parle de ça en face-à-face, seul à seul, mais ça n'arrivera jamais. Pour que le courant passe entre nous deux, il faudrait que tu sois complètement sobre et moi complètement ivre (deux choses qui sont rares individuellement, mais qui jamais ne se produisent quand on se voit) .
Et c'est ainsi avec
presque tout le monde:
redevenu moi-même
après un long séjour
dans le Couloir des Masques
je ne suis à l'aise que Seul
ou avec mes Plus-Que-Proches.
Je baigne, schizoïde,
dans plusieurs Univers à la fois,
me dissipant
sur tous les tons &
tous les registres,
raffinant mes Hantises
en une absorbante Dévotion.
Ça fait de moi
un être sibyllin,
farouche et halluciné
comme un enfant,
se méfiant de tous ceux
qui prennent tout
(incluant eux-mêmes)
trop au sérieux.
29 août 2008
Archives: 2 septembre 1999
Il y a deux Esprits Révolutionnaires.
Il y a celui qui appartient à la Jeunesse, qui s'indigne de voir la Médiocrité de la Réalité Existante, et qui conçoit Mieux. Il voit tout ce qui pourrait être créé, tout ce qui n'existe pas mais qui le pourrait. Il conçoit l'Utopie.
Puis il y a celui qui appartient à la Vieillesse, qui s'indigne de voir tout ce qui – depuis sa naissance – a disparu, tout ce qui était bon et qui s'est dégradé, tout cette richesse qui disparaît au nom de l'Innovation.
L'un voit le Mieux qui pourrait être; l'autre le Mieux qui a déjà été. Les deux visions sont aussi puissantes.
Il y a celui qui appartient à la Jeunesse, qui s'indigne de voir la Médiocrité de la Réalité Existante, et qui conçoit Mieux. Il voit tout ce qui pourrait être créé, tout ce qui n'existe pas mais qui le pourrait. Il conçoit l'Utopie.
Puis il y a celui qui appartient à la Vieillesse, qui s'indigne de voir tout ce qui – depuis sa naissance – a disparu, tout ce qui était bon et qui s'est dégradé, tout cette richesse qui disparaît au nom de l'Innovation.
L'un voit le Mieux qui pourrait être; l'autre le Mieux qui a déjà été. Les deux visions sont aussi puissantes.
20 août 2008
Image du passé
Image tiré du module B4: The Lost City de la version "basic" de Dungeons & Dragons
Ce que ça me fait de revoir cette image, c'est indescriptible (à moins de m'étendre sur des pages et des pages). Il y a là une grande partie de ce que je suis, encore à ce jour.
"And you, young man, how are you? Isn't it hard to keep silent? I can well imagine. But it's good for you. Sociability is a burden. Not all of us can bear it."
-- Extrait de dialogue, tiré du film Offret (Le Sacrifice) d'Andrei Tarkovsky.
7 août 2008
BC
A general shabbiness;
a hobo playing harmonica
--- badly ---
next to his overburdened
harnessed bicycle;
hippies everywhere,
of both the
has-been &
wannabe
variations.
They were "far out",
"out there",
"there for you",
"you kiddin' me?",
"me myself and I",
"I love you",
but now they're
numbing themselves
with TV
like everybody
else.
And me,
well I never
enjoy myself
stuck
in a perpetual
crisis,
and I just can't
escape into
anything
anymore...
alcohol makes me
sleepy,
weed makes me
panicky,
and my normal self
is just
not cutting it.
Not by a long shot.
What am I supposed to do,
here,
where everybody
is so
grown up,
so self-reliant,
so resourceful,
so independent &
brave?
I'm just a clueless
& weak
bookworm.
Here
--- like everywhere else ---
I feel lost,
and I don't belong,
and I'm alone,
and uneasy,
barely able to
function and
maintain
whatever's left
of my Self.
I'm sick,
sick of everything,
and I just want
to drift off
into Imagination
for the rest of my Life,
with whoever
is willing
to be by
my side.
Alone, if it comes to that.
Or not at all,
if I ever find myself
There.
a hobo playing harmonica
--- badly ---
next to his overburdened
harnessed bicycle;
hippies everywhere,
of both the
has-been &
wannabe
variations.
They were "far out",
"out there",
"there for you",
"you kiddin' me?",
"me myself and I",
"I love you",
but now they're
numbing themselves
with TV
like everybody
else.
And me,
well I never
enjoy myself
stuck
in a perpetual
crisis,
and I just can't
escape into
anything
anymore...
alcohol makes me
sleepy,
weed makes me
panicky,
and my normal self
is just
not cutting it.
Not by a long shot.
What am I supposed to do,
here,
where everybody
is so
grown up,
so self-reliant,
so resourceful,
so independent &
brave?
I'm just a clueless
& weak
bookworm.
Here
--- like everywhere else ---
I feel lost,
and I don't belong,
and I'm alone,
and uneasy,
barely able to
function and
maintain
whatever's left
of my Self.
I'm sick,
sick of everything,
and I just want
to drift off
into Imagination
for the rest of my Life,
with whoever
is willing
to be by
my side.
Alone, if it comes to that.
Or not at all,
if I ever find myself
There.
4 août 2008
2 août 2008
28 juillet 2008
Épicentre: Telford Block
Fleur blanche;
plante grimpante;
clôture branlante;
terrain abandonné
(qui recèle peut-être
une fleur mauve qui chante)
immeuble plein d’Histoire,
les fenêtres placardées;
quartier qui tente
la résistance
contre le Développement Vertical
à coup de vieilles maisons,
de vieux saints barbus,
& de rêvasseurs qui se
construisent des chaloupes...
plante grimpante;
clôture branlante;
terrain abandonné
(qui recèle peut-être
une fleur mauve qui chante)
immeuble plein d’Histoire,
les fenêtres placardées;
quartier qui tente
la résistance
contre le Développement Vertical
à coup de vieilles maisons,
de vieux saints barbus,
& de rêvasseurs qui se
construisent des chaloupes...
27 juillet 2008
26 juillet 2008
Au Parc
Une tonne d'enfants
gâtés-énervés-adorables,
supervisés (plutôt qu'accompagnés)
par des adultes
ruisselants de l'indécence
bien intentionnée
des confidences matures
et potines,
l'apothéose de la sériosité,
artério-sclérose des synapses.
Du moins, ça m'apparaît
ainsi, moi le Perdu
que rien ne concerne
et qui n'a que ses Sacrifices,
strates par-dessus strates
d'abnégations égoïstes
et anxieuses.
La certitude ne me fait pas bien.
gâtés-énervés-adorables,
supervisés (plutôt qu'accompagnés)
par des adultes
ruisselants de l'indécence
bien intentionnée
des confidences matures
et potines,
l'apothéose de la sériosité,
artério-sclérose des synapses.
Du moins, ça m'apparaît
ainsi, moi le Perdu
que rien ne concerne
et qui n'a que ses Sacrifices,
strates par-dessus strates
d'abnégations égoïstes
et anxieuses.
La certitude ne me fait pas bien.
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