25 juillet 2015

Se réveiller.  Avoir le désir de se lancer dans les flots du temps qui avance plutôt que de dormir un peu plus.  La maison est silencieuse.  Fraîcheur de la matinée.  La brise est revenue d'elle-même.  Aller cueillir quelques framboises.  Envoyer une salutation longue-distance.  Donner mon combustible matinal quotidien aux machines organiques qui m'animent.

Un félin qui s'exprime.  Un homme invisible qui renifle.  Des pigeons qui s'envolent subitement.  Une colombe (?) qui huhule paisiblement.  D'autres oiseaux qui mitraillent leur environnement avec des ondes sonores énergiques.

Des fleurs de trèfles (et j'ai un peu envie de me rouler dans le...), des lys orangés qui dansent au gré des agissements aériens, de l'herbe un peu trop longue qu'il faudrait que je tonde (contrat tacite mais ô combien absurde quand on a choisit de s'installer en banlieue... but nevermore).

Mais j'entends autre chose aussi.  Des fréquences que je ne devrais pas être en mesure de capter.  Comme si j'avais subi une métamorphose quelconque dans une des contrées d'Arcturus, j'ai des oreilles supplémentaires qui croient l'entendre, à des lieues de moi... ou du moins qui percoivent les signaux infimes de cette Présence, irradiant en cercles concentriques jusqu’à moi.

24 juillet 2015

Nonobstant ce qu'il y a dans nos têtes, les partages divers (morceaux de passé, collections d'imaginaires, impatience, hâte) constituent à eux seuls un acquis précieux, complet et n'ayant rien à envier.

Non, il n'est pas nécessaire de définir ça.  "Juste être, enjoy, progresser, partager, voyager, cote à cote et ensemble."  Oui.  Juste ça, c'est beaucoup, c'est enviable.  Tout vient à point.

Je ne sais pas.  Je ne sais rien.  Ou plutôt... je sais que quelque chose est en train de se passer.

La journée tire à sa fin, une journée sans événements visibles.  Mais tous ces mots échangés, envoyés, lus, relus, savourés... il y a là une matiére qui n'est pas du tout banale.  Et il reste encore deux journées complètes à remplir ainsi avant de se rendre à la Verdure.
Mélancholie nocturne avec la venue de la Soirée estivale; les cigales se taisent; les oiseaux aussi (ou en tous cas je ne peux les entendre avec le bruit ambiant qui m'entoure).  Un vide, un manque, qui survient et me surprend.

Alors je sors et m'asseois dehors, m'étant envoyé une lampée de lave dans l'oesophage.  Quelques oiseaux, si je me concentre et fais abstraction auditive de toutes les télés qui crachent leur hystérie dans les maisons du quartier.

L'arbre est immobile, la brise partie.

Wanderlust, oui.  Moi aussi.  Partir et essayer de retrouver la brise.  Je ne sers à rien ici, ou si peu.

L'Esprit, lui aussi, peut être pris par cette fièvre... alors je rêvasse, je dérive, et j'entends le son des vagues qui se brisent et se dispersent.
Inter-locked interlocutrice, correspondances envoyées sur des avenues à sens uniques jusqu'à ce que nous nous retrouvions dans le même microcosme et qu'alors la simultanéité immédiate soit possible.

Je ferme les yeux et je vois une grande tapisserie; lentement les motifs s'agencent, et je commence à en comprendre l'organisation, sa logique organique et les vérités inévitables auxquelles son unicité corpusculaire doit obéir.  Et le décadent que je suis se contente de sentir les vibrations de ce Tout sans se soucier des codifications philosophico-culturelles qui pourraient en être extraites, artificiellement ou pas.  Décadent, je ne vie plus que pour les sensations, et les extases qu'elles peuvent procurer (à moi, aux autres, je ne suis pas capricieux là-dessus).

* * *

"Pour sentir de cette façon, il faut avoir souffert beaucoup, il faut être un de ces coeurs que le malheur ouvre et amollit, au contraire de ceux qu'il ferme et durcit.  Le Bédoin de la civilisation apprend dans le Sahara des grandes villes bien des motifs d'attendrissement qu'ignore l'homme  dont la sensibilité est bornée par le home et la famille.  Il y a dans le barathrum des capitales, comme dans le Désert, quelque chose qui fortifie et qui façonne le coeur de l'homme, qui le fortifie d'une autre manière, quand il ne le déprave pas et ne l'affaiblit pas jusqu'à l'abjection et jusqu'au suicide."

--- "Les Paradis Artificiels", Charles Baudelaire
Activation de mes membres, tant bien que mal, malgré la pénurie de combustible.  Je n'ai pas de Potion Magique mauve mais j'ai quand même un twinner: il s'occupe de la ménagerie pendant que moi je m'explose les idées, envoyant des fusées pyrotechniques dans la direction approximative de celle qui me lit.  

Le souffle des détonations soulève la poussière et installe un joyeux chaos au centre de mon Territoire multi-dimensionnel.
Je reviens, étranger entre ces murs familiers, et je m'enfonce dans la répétition.  Fuire le meal-ticket pour permettre à quelqu'un d'autre de fuire.  Devant moi, amas de corvées que personne ne m'impose sauf moi-même, mais qui me semblent tout de même injustes.  Mais dans ma boîte cranienne je suis (d')ailleurs, vistas of the Multiverse are enticing me, and I'm not letting any/thing/one steal my happiness.

Après la douce nuit, la douce brise du jour qui commence.  Parmi la ménagerie de mes tâches, j'écris, toujours.  

23 juillet 2015

Trois/quatre jours avant le prochain rapprochement, ce qui me laisse non pas anxieux ou hâtif (d'accord, peut-être un peu), mais émerveillé de constater que (de mon point de vue du moins) tout se passe si fluidement, si naturellement... immersions mutuelles, dialogues live ou à retardement, élévations.  Sourires.

Se dire au revoir

("J'ai hâte de te lire / Moi aussi")

et sentir que c'est comme si on venait de s'avouer quelque chose, petit secret que nous partageons et qui n'existe nulle part ailleurs qu'en nous.

Résister (sans efforts) aux attitudes habituelles, n'être que soi, l'extension de nos personnalités respectives, et n'étant pas régis par des traditions, conventions sociales, idées pré conçues en usine ("Dark Satanic Mills" indeed, my dear W.B.), blocages culturels, méfiances fortement suggérées par la propagande officielle mais subliminale...

Trois/quatre jours pour méditer là-dessus et laisser le sang-d'encre couler.
idée fixe depuis l’Ides de Juillet
que mes yeux se ferment
ou bien qu’ils s’ouvrent;

vélocité volontaire
vers une accoutumance assumée
à cette Présence impalpable
dont la proximité
dédouble et décuple
la dense amplitude
de mes Pensées;

in ictu oculi
(un bel œil marron)
ajout manifeste
au dramatis personæ

22 juillet 2015

Le cérébral que je suis se perdant dans une réflexion sur le bien-fondé de la Réflexion...

       (ne pas s’attarder à ses soucis
       voir ça comme une perte de temps & d’énergie
       préférer lutter par le rire et l’action et la réflexion
       par le mouvement
       plutôt qu’une paralysie analytique
       
       est-ce une bonne chose?)

... s’en voit soudainement extirpé par l’apparition involontaire d’une image : de beaux yeux bruns, brillants et vifs, qui le regardent.
soirée festive
un peu de sommeil
me revoilà
l’esprit vague
mais bien en vie
prêt
pour une autre
succession de moments
que je remplis
comme il faut
comme je peux
comme je dois
comme je veux

laisser échapper
un peu de mes lueurs
sourires
que je ne retiens pas

vérité évidente
(sauf
pour un étourdi
comme moi):
si tu deviens
maillon d’une chaîne
le courant circule
et te passe au travers

l’énergie engendre l’énergie

21 juillet 2015

Ma présence, la tienne. Nos esprits qui se rencontrent brièvement, le temps de le dire, mais en ce qui me concerne le côtoiement se poursuit, s’étire, infuse, n’étant pas la cause de l’ébullition que je transporte en moi mais y contribuant. Ne remplaçant pas les pensées qui m’habitent, mais leur donnant une autre couleur et davantage de profondeur, tout au long de la journée, alors que je vaque à mes affaires. Non pas distraction, mais ajout d’une strate, d’une autre dimension à mon intellect, me permettant d’habiter plus d’une psychogéographie intérieure à la fois, comme un espèce d’anti-héros arpentant « the multiverse. »
 
Je ne sais rien; je ne sais pas comment tu me perçois, comment tu m’appréhendes, ou ce que tu retires de m’avoir parmi tes connaissances. Mais je ne m’en inquiète pas (trop), car tu me souris et tu me parles et tu m’écoutes et tu acceptes de passer du temps avec moi et le temps que ça dure c’est agréable, c’est plaisant. Curieux phénomène, entre deux individus qui ne se connaissent pas beaucoup, mais qui (me semble-t-il) sont sur la même longueur d’ondes. Similitudes, coïncidences, affinités.
 
« On refait ça demain? »
 
Mon sourire, le tien. Et je déguste la sensation d’amitié et de rapprochement que la continuation de nos rencontres sous-entend.

20 juillet 2015

Grateful

Where I saw
some kind of drama,
there was nothing
nothing to worry about.

And: "Don't stop."

When I jest
and extend
the extent
of the potential
time spent:
a smile.

And through it all,
a feeling.

As if
(by some common conscent)
the spaces overhead
have been filled
by bats, sparrows, hummingbirds, caterpillars-turned-butterflies, flying leaves, glorious wind, shiny pollen, dustmotes, fast flying clouds, a silent hot-air balloun, a kite, shooting stars, fireflies... and the best, most comforting blinding sunlight.



Réflexion modeste

"If the Sun and Moon should ever doubt, they'd immediately go out."
--- “Auguries of Innocence”, William Blake
 
Peut-être n’est-ce pas d’avoir « confiance en moi » qu’il me fallait, mais tout simplement l’atteinte d’un état de stabilité où je n’ai pas besoin d’avoir confiance en moi pour agir?
 
Non pas Confiance, donc, mais tout simplement absence de Doute.
 
Parvenu à un stade où il est temps pour quelqu’un de se donner, de s’ouvrir, d’offrir et de s’offrir (bref, d’aimer), l’absence totale de remise en question est donc peut-être légitime… agir comme on siffle ou on chante… comme on rit… comme on s’endort… comme on parle à un ami…
 
Je ne sais pas exactement comment j’ai réussi à me rendre jusque là, mais je vois les changements… cette envie de prendre ma place, de m’afficher, presque de me proclamer. Ces pulsions spontanées (mais réfléchies) qui font en sorte que j’arrive maintenant à me répandre en effusions de Moi, et à accepter celles des autres.

Observation modeste (le moteur s'échauffe)

J’essaie depuis longtemps --- encore et toujours --- de transformer mes malédictions en Bénédictions.
 
Avec cette prise de conscience sans cesse grandissante de la présence du Néant, je suis parvenu à être capable d’utiliser deux avenues :
 
Mes glandes nihilistes me donnent l’énergie du désespoir et je fonce, tête baissée, yeux fermés, jusqu’à ce qu’une sérénité me rattrape.
 
- ou -
 
Mes ganglions rêveurs m’entraînent dans une spirale envoûtante d’Infini, et alors j’émane dans un demi-rêve intemporel.
 
Dans les deux cas, j’existe et j’ai dans la bouche le goût de ma Vie.

19 juillet 2015

Belle's Palsy

(Because Darkness is the Primordial State.)

www.youtube.com/watch?v=NnS4pWihJTs


"My arms shake, I can't feel my legs
My skin flakes most every day
Leaves a mess of a man
In a sea full of sin
The storm is coming in

I open my mouth and find little voice
I was meant to love you, I don't have much choice
But I will sing this song and I'll sing it with joy
The storm is coming in

So I hold my breast
Imagining
The tenor and the bass singing
We'll beat our breast and sing our song
And whip ourselves to the candlelight

And this song is to my enemy
This song is for my priest
And this song is for my eagerness
In my ill prepared feast

And like this rain
I move it along
Remembered only through my pathetic song
But the wind it howls and the mobs that roar
The storm is coming in

I collect your name in a masons jar
Places on my shelf and handled with care
But sometimes the thunder shakes them close to the edge
And the storm is coming in

So it's broken glass on a hardwood floor
Once was here, now no more
It seems
So I take the glass and stab the throat
So I can hit the holy note from my hymns

And this song is for the prophet
This song is for the poor
And this song is for the holy men
Who abuse our sacred words
And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name

So I hold my arms
Imagining the tenor and the bass singing
And we beat our breast and sing our songs
And whip ourselves tot he candlelight

And this song is to my enemy
And this song is for my priest
And this song is for my eagerness
An ill prepared feast

And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name

And I thank you
And I love you
But I must make you understand
I have become less than a man
And the storm is coming in"

--- "Bell's Palsy", Reverend Glasseye
"Je te lis.
N'arrête pas."

Avec cet encouragement
je me lance 
sans obstructions
"Les Amants du Pont-Neuf" en tête
je vois de l'eau
une rivière
un fleuve
une péniche
et on rit.

Par ici,
c'est par ici.
Tous sont les bienvenus.

Dans ce thorax,
dans cette cage,
un astre ardent
qui émane
qui projette
dans toutes
les directions
ne se souciant pas
de sa destination
de ses compagnons
ou de sa durée de vie.

Savoir que 
la douleur est Inévitable
c'est se libérer
de tout un baluchon
de pourritures.

Recueillir avec soin
chaque paille de sensation
et les répandre dans le vent;
mon astre est fait pour sentir.

J'irradie,
et je veux
m'amplifier
en me combinant
avec tous ceux
qui le veulent aussi.

18 juillet 2015

Le Retour des Sens

Le Retour des Sens (que je m'efforce d'étudier pour en capter les particularités et ensuite être capable de le codifier sur papier) trimbale avec lui tout un arsenal d'effets secondaires et d'ivresses arbitraires.  

Des enthousiasmes inexplicables et imprévus, marchant dans la rue avec un sourire béat. La capacité de me concentrer sur le Maintenant, ce qui me laisse un peu beaucoup ébahi par les assauts paralysants du Réel. Une effusion d'idées et de pensées, et pour la première fois en tellement longtemps le besoin d'avoir un petit carnet + crayon dans ma poche, comme avant, pour ne rien perdre. De douces rêvasseries qui se déplacent dans la présence corporelle et incarnée de cette fusion Corps & Esprit que j'appelle "Moi".

Mais aussi, ce qui pour moi est plus difficile à gérer, des entrains que je ne peux que qualifier d'égoïstes... conséquence directe d'avoir lentement appris à m'administrer le respect que je mérite, et donc de considérer que je ne peux être un individu positif et apte à contribuer que si mon propre bien-être est tout en haut de la liste de mes priorités.

C'est douloureux, par moments; je regarde mes enfants et je constate qu'ils ne sont plus pour moi les êtres quasi divins qu'ils étaient auparavant. Mon amour n'est pas moindre, mais... (comme c'est difficile à admettre) je pense à moi avant tout, tout en n'ayant pas perdu le sentiment de devoir et de responsabilité que j'ai envers eux.

Nouveaux "paradigmes" que je dois appréhender, instinctivement (ma seule approche, l'attitude qui me convient le mieux), avec les troubles et petits moments où je me sens dépourvus que ça sous-entend.

Mais ça aussi, je le reçois comme la lumière trop forte du soleil sur mes yeux fermés.

17 juillet 2015

mon dix sept zero sept à moi

Des mots nouveaux, des yeux nouveaux, s'engager sur le sentier, n'être qu'à l'orée de [...] mais sentir que [...]. Tourner le regard vers le bas et constater que je suis nus pieds, vulnérable certes mais surtout apte à absorber chaque sensation que l'aventure a à offrir. Puis vers le haut et me perdre dans l'abstraction de l'Infini. 

Dans mon abdomen une drôle de créature qui se débat sans raison, dilemme entre fight or flight alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une ombre. Décider de me plonger dans cette perturbation les yeux fermés. Une vieille phrase qui me revient: "des zones obscures d'inconfort et d'allégresse".

À la surface de ma Pensée des vagues, comme des caresses, qui de façon muette me transmettent un message qui dans ma tête devient mots: "tu es en vie et tu dois être conscient de la chance que ça sous-entend et du privilège que tu as de pouvoir passer des moments légers et intimes et hilarants et silencieux avec des individus qui décident de t'accepter dans leur proximité et de partager avec toi et de recevoir ce que tu partages... l'émotion innatendue que tu as ressenti quand M. t'as serré l'autre soir (accolade masculine et respectueuse mais sincère)... le cadeau spontané que B. t'as fait, et qui te démontre une fois de plus qu'il a autant d'égard  pour toi que tu en as pour lui... la façon posée et respectueuse que F. a lorsqu'il s'encquiert de toi... ce regard inquisiteur (ou intéressé?) que tu aperçois parfois chez M. dernièrement, comme si tu étais maintenant visible aux instruments de détection de son radar... et surtout, cette considération prudente mais entière qu'A. manifeste envers toi... tu es attentif à ces manifestations de Vie, cette Vie qui te sourit même quand tu lui tournes le dos, même quand tu dors, et qui n'a pas de rancune contre toi quand il t'arrive de passer plus de temps avec l'envers de la médaille."

L'animal continue de s'agiter dans sa cage, j'essaie de le calmer mais ça ne semble pas fonctionner. Jusqu'à ce que l'évidence s'impose: je n'ai qu'à ouvrir la cage.

11 février 2014

[Fouiller les archives #03]

Mon Cerveau est une masse charnelle épuisée,
inerte et flasque,
qui ne laisse plus rien passer,
ni Émanations vers l’Extérieur
ni Vibrations vers l’Intérieur.
 
Tout est morne,
tout est plat,
je n’ai rien à dire
et je suis mat.
 
Indifférence et irritation,
impassible je contemple,
et toujours recherche la Fuite.
 
Art, Musique, Littérature,
presque plus rien ne me fait rien.
Seules les Histoires, l’Imagination,
continuent --- encore et encore ---
d’irriguer les terres arides de
mon Cerveau…
[reprendre la lecture du début]

6 octobre 2013

[Fouiller les archives #02]

Le Néant est partout, cela va sans dire.  Mais il est peut-être encore pertinent de souligner qu'il faut continuer de vivre sous cette Domination, tenter d'évoluer ou tout simplement de cesser de régresser, avec autour de soi l'air ambiant de la nausée-abonde Fin des Temps Humains.
 
Oui, l'Humanité est morte de l'intérieur depuis un bon bout de temps déjà; l'avarice généralisée, les abus de Pouvoir de toutes sortes, la prolifération des Névroses, sont des pustules boursouflées à la surface du Cadavre.
 
Mais nous sommes ici, maintenant, et à part se suicider on ne peut pas faire grand-chose.  Sauf, peut-être, rester civils malgré l'effritement de la Civilisation.  Question de rendre plus agréables les derniers instants du Mort.
 
Ne pas faire de mal, donc.  Ne pas voler, subjuguer, violer, tuer, haïr, exiler, accuser, mépriser, démunir, dévaliser, déshériter, DÉTRUIRE.  Est-ce trop demander?
 
En définitive, rien n'a d'importance que ça.
 
Tout le reste (ambitions, réussites, conquêtes, appétits, héritages, vengeances, rancunes, traditions, blessures ancestrales, vertus, supériorités, créations, chef d'œuvres, monuments, philosophies, croyances, découvertes) n'est que Fiction Humaine dont il ne restera rien dans quelques années, quelques décennies… après notre mort ou après la disparition de l'Humanité, toutes deux inévitables.
 
"Come on people now
Smile on your brother
Everybody get together
Try to love one another
Right Now."