idée fixe depuis l’Ides de Juillet
que mes yeux se ferment
ou bien qu’ils s’ouvrent;
vélocité volontaire
vers une accoutumance assumée
à cette Présence impalpable
dont la proximité
dédouble et décuple
la dense amplitude
de mes Pensées;
in ictu oculi
(un bel œil marron)
ajout manifeste
au
dramatis personæ
23 juillet 2015
22 juillet 2015
Le cérébral que je suis se perdant dans une réflexion sur le bien-fondé de la Réflexion...
(ne pas s’attarder à ses soucis
voir ça comme une perte de temps & d’énergie
préférer lutter par le rire et l’action et la réflexion
par le mouvement
plutôt qu’une paralysie analytique
est-ce une bonne chose?)
... s’en voit soudainement extirpé par l’apparition involontaire d’une image : de beaux yeux bruns, brillants et vifs, qui le regardent.
(ne pas s’attarder à ses soucis
voir ça comme une perte de temps & d’énergie
préférer lutter par le rire et l’action et la réflexion
par le mouvement
plutôt qu’une paralysie analytique
est-ce une bonne chose?)
... s’en voit soudainement extirpé par l’apparition involontaire d’une image : de beaux yeux bruns, brillants et vifs, qui le regardent.
soirée festive
un peu de sommeil
me revoilà
l’esprit vague
mais bien en vie
prêt
pour une autre
succession de moments
que je remplis
comme il faut
comme je peux
comme je dois
comme je veux
laisser échapper
un peu de mes lueurs
sourires
que je ne retiens pas
vérité évidente
(sauf
pour un étourdi
comme moi):
si tu deviens
maillon d’une chaîne
le courant circule
et te passe au travers
l’énergie engendre l’énergie
un peu de sommeil
me revoilà
l’esprit vague
mais bien en vie
prêt
pour une autre
succession de moments
que je remplis
comme il faut
comme je peux
comme je dois
comme je veux
laisser échapper
un peu de mes lueurs
sourires
que je ne retiens pas
vérité évidente
(sauf
pour un étourdi
comme moi):
si tu deviens
maillon d’une chaîne
le courant circule
et te passe au travers
l’énergie engendre l’énergie
21 juillet 2015
Ma présence, la tienne. Nos esprits qui se rencontrent brièvement, le temps de le dire, mais en ce qui me concerne le côtoiement se poursuit, s’étire, infuse, n’étant pas la cause de l’ébullition que je transporte en moi mais y contribuant. Ne remplaçant pas les pensées qui m’habitent, mais leur donnant une autre couleur et davantage de profondeur, tout au long de la journée, alors que je vaque à mes affaires. Non pas distraction, mais ajout d’une strate, d’une autre dimension à mon intellect, me permettant d’habiter plus d’une psychogéographie intérieure à la fois, comme un espèce d’anti-héros arpentant « the multiverse. »
Je ne sais rien; je ne sais pas comment tu me perçois, comment tu m’appréhendes, ou ce que tu retires de m’avoir parmi tes connaissances. Mais je ne m’en inquiète pas (trop), car tu me souris et tu me parles et tu m’écoutes et tu acceptes de passer du temps avec moi et le temps que ça dure c’est agréable, c’est plaisant. Curieux phénomène, entre deux individus qui ne se connaissent pas beaucoup, mais qui (me semble-t-il) sont sur la même longueur d’ondes. Similitudes, coïncidences, affinités.
« On refait ça demain? »
Mon sourire, le tien. Et je déguste la sensation d’amitié et de rapprochement que la continuation de nos rencontres sous-entend.
20 juillet 2015
Grateful
Where I saw
some kind of drama,
there was nothing
nothing to worry about.
And: "Don't stop."
When I jest
and extend
the extent
of the potential
time spent:
a smile.
And through it all,
a feeling.
As if
(by some common conscent)
the spaces overhead
have been filled
by bats, sparrows, hummingbirds, caterpillars-turned-butterflies, flying leaves, glorious wind, shiny pollen, dustmotes, fast flying clouds, a silent hot-air balloun, a kite, shooting stars, fireflies... and the best, most comforting blinding sunlight.
Réflexion modeste
"If the Sun and Moon should ever doubt, they'd immediately go out."
--- “Auguries of Innocence”, William Blake
Peut-être n’est-ce pas d’avoir « confiance en moi » qu’il me fallait, mais tout simplement l’atteinte d’un état de stabilité où je n’ai pas besoin d’avoir confiance en moi pour agir?
Non pas Confiance, donc, mais tout simplement absence de Doute.
Parvenu à un stade où il est temps pour quelqu’un de se donner, de s’ouvrir, d’offrir et de s’offrir (bref, d’aimer), l’absence totale de remise en question est donc peut-être légitime… agir comme on siffle ou on chante… comme on rit… comme on s’endort… comme on parle à un ami…
Je ne sais pas exactement comment j’ai réussi à me rendre jusque là, mais je vois les changements… cette envie de prendre ma place, de m’afficher, presque de me proclamer. Ces pulsions spontanées (mais réfléchies) qui font en sorte que j’arrive maintenant à me répandre en effusions de Moi, et à accepter celles des autres.
Observation modeste (le moteur s'échauffe)
J’essaie depuis longtemps --- encore et toujours --- de transformer mes malédictions en Bénédictions.
Avec cette prise de conscience sans cesse grandissante de la présence du Néant, je suis parvenu à être capable d’utiliser deux avenues :
Mes glandes nihilistes me donnent l’énergie du désespoir et je fonce, tête baissée, yeux fermés, jusqu’à ce qu’une sérénité me rattrape.
- ou -
Mes ganglions rêveurs m’entraînent dans une spirale envoûtante d’Infini, et alors j’émane dans un demi-rêve intemporel.
Dans les deux cas, j’existe et j’ai dans la bouche le goût de ma Vie.
19 juillet 2015
Belle's Palsy
(Because Darkness is the Primordial State.)
www.youtube.com/watch?v=NnS4pWihJTs
"My arms shake, I can't feel my legs
My skin flakes most every day
Leaves a mess of a man
In a sea full of sin
The storm is coming in
I open my mouth and find little voice
I was meant to love you, I don't have much choice
But I will sing this song and I'll sing it with joy
The storm is coming in
So I hold my breast
Imagining
The tenor and the bass singing
We'll beat our breast and sing our song
And whip ourselves to the candlelight
And this song is to my enemy
This song is for my priest
And this song is for my eagerness
In my ill prepared feast
And like this rain
I move it along
Remembered only through my pathetic song
But the wind it howls and the mobs that roar
The storm is coming in
I collect your name in a masons jar
Places on my shelf and handled with care
But sometimes the thunder shakes them close to the edge
And the storm is coming in
So it's broken glass on a hardwood floor
Once was here, now no more
It seems
So I take the glass and stab the throat
So I can hit the holy note from my hymns
And this song is for the prophet
This song is for the poor
And this song is for the holy men
Who abuse our sacred words
And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name
So I hold my arms
Imagining the tenor and the bass singing
And we beat our breast and sing our songs
And whip ourselves tot he candlelight
And this song is to my enemy
And this song is for my priest
And this song is for my eagerness
An ill prepared feast
And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name
And I thank you
And I love you
But I must make you understand
I have become less than a man
And the storm is coming in"
--- "Bell's Palsy", Reverend Glasseye
"Je te lis.
N'arrête pas."
Avec cet encouragement
je me lance
sans obstructions
"Les Amants du Pont-Neuf" en tête
je vois de l'eau
une rivière
un fleuve
une péniche
et on rit.
Par ici,
c'est par ici.
Tous sont les bienvenus.
Dans ce thorax,
dans cette cage,
un astre ardent
qui émane
qui projette
dans toutes
les directions
ne se souciant pas
de sa destination
de ses compagnons
ou de sa durée de vie.
Savoir que
la douleur est Inévitable
c'est se libérer
de tout un baluchon
de pourritures.
Recueillir avec soin
chaque paille de sensation
et les répandre dans le vent;
mon astre est fait pour sentir.
J'irradie,
et je veux
m'amplifier
en me combinant
avec tous ceux
qui le veulent aussi.
18 juillet 2015
Le Retour des Sens
Le Retour des Sens (que je m'efforce d'étudier pour en capter les particularités et ensuite être capable de le codifier sur papier) trimbale avec lui tout un arsenal d'effets secondaires et d'ivresses arbitraires.
Des enthousiasmes inexplicables et imprévus, marchant dans la rue avec un sourire béat. La capacité de me concentrer sur le Maintenant, ce qui me laisse un peu beaucoup ébahi par les assauts paralysants du Réel. Une effusion d'idées et de pensées, et pour la première fois en tellement longtemps le besoin d'avoir un petit carnet + crayon dans ma poche, comme avant, pour ne rien perdre. De douces rêvasseries qui se déplacent dans la présence corporelle et incarnée de cette fusion Corps & Esprit que j'appelle "Moi".
Mais aussi, ce qui pour moi est plus difficile à gérer, des entrains que je ne peux que qualifier d'égoïstes... conséquence directe d'avoir lentement appris à m'administrer le respect que je mérite, et donc de considérer que je ne peux être un individu positif et apte à contribuer que si mon propre bien-être est tout en haut de la liste de mes priorités.
C'est douloureux, par moments; je regarde mes enfants et je constate qu'ils ne sont plus pour moi les êtres quasi divins qu'ils étaient auparavant. Mon amour n'est pas moindre, mais... (comme c'est difficile à admettre) je pense à moi avant tout, tout en n'ayant pas perdu le sentiment de devoir et de responsabilité que j'ai envers eux.
Nouveaux "paradigmes" que je dois appréhender, instinctivement (ma seule approche, l'attitude qui me convient le mieux), avec les troubles et petits moments où je me sens dépourvus que ça sous-entend.
Mais ça aussi, je le reçois comme la lumière trop forte du soleil sur mes yeux fermés.
17 juillet 2015
mon dix sept zero sept à moi
Des mots nouveaux, des yeux nouveaux, s'engager sur le sentier, n'être qu'à l'orée de [...] mais sentir que [...]. Tourner le regard vers le bas et constater que je suis nus pieds, vulnérable certes mais surtout apte à absorber chaque sensation que l'aventure a à offrir. Puis vers le haut et me perdre dans l'abstraction de l'Infini.
Dans mon abdomen une drôle de créature qui se débat sans raison, dilemme entre fight or flight alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une ombre. Décider de me plonger dans cette perturbation les yeux fermés. Une vieille phrase qui me revient: "des zones obscures d'inconfort et d'allégresse".
À la surface de ma Pensée des vagues, comme des caresses, qui de façon muette me transmettent un message qui dans ma tête devient mots: "tu es en vie et tu dois être conscient de la chance que ça sous-entend et du privilège que tu as de pouvoir passer des moments légers et intimes et hilarants et silencieux avec des individus qui décident de t'accepter dans leur proximité et de partager avec toi et de recevoir ce que tu partages... l'émotion innatendue que tu as ressenti quand M. t'as serré l'autre soir (accolade masculine et respectueuse mais sincère)... le cadeau spontané que B. t'as fait, et qui te démontre une fois de plus qu'il a autant d'égard pour toi que tu en as pour lui... la façon posée et respectueuse que F. a lorsqu'il s'encquiert de toi... ce regard inquisiteur (ou intéressé?) que tu aperçois parfois chez M. dernièrement, comme si tu étais maintenant visible aux instruments de détection de son radar... et surtout, cette considération prudente mais entière qu'A. manifeste envers toi... tu es attentif à ces manifestations de Vie, cette Vie qui te sourit même quand tu lui tournes le dos, même quand tu dors, et qui n'a pas de rancune contre toi quand il t'arrive de passer plus de temps avec l'envers de la médaille."
L'animal continue de s'agiter dans sa cage, j'essaie de le calmer mais ça ne semble pas fonctionner. Jusqu'à ce que l'évidence s'impose: je n'ai qu'à ouvrir la cage.
11 février 2014
[Fouiller les archives #03]
Mon Cerveau est une masse
charnelle épuisée,
inerte et flasque,
qui ne laisse plus rien passer,
ni Émanations vers l’Extérieur
ni Vibrations vers l’Intérieur.
Tout est morne,
tout est plat,
je n’ai rien à dire
et je suis mat.
Indifférence et irritation,
impassible je contemple,
et toujours recherche la Fuite.
Art, Musique, Littérature,
presque plus rien ne me fait
rien.
Seules les Histoires,
l’Imagination,
continuent --- encore et encore
---
d’irriguer les terres arides de
mon Cerveau…
[reprendre la lecture du début]
6 octobre 2013
[Fouiller les archives #02]
Le Néant est partout, cela va
sans dire. Mais il est peut-être encore
pertinent de souligner qu'il faut continuer de vivre sous cette
Domination, tenter d'évoluer ou tout simplement de cesser de régresser, avec
autour de soi l'air ambiant de la nausée-abonde Fin des Temps Humains.
Oui, l'Humanité est morte de
l'intérieur depuis un bon bout de temps déjà; l'avarice généralisée, les abus
de Pouvoir de toutes sortes, la prolifération des Névroses, sont des pustules
boursouflées à la surface du Cadavre.
Mais nous sommes ici, maintenant,
et à part se suicider on ne peut pas faire grand-chose. Sauf, peut-être, rester civils malgré
l'effritement de la Civilisation.
Question de rendre plus agréables les derniers instants du Mort.
Ne pas faire de mal, donc. Ne pas voler, subjuguer, violer, tuer, haïr,
exiler, accuser, mépriser, démunir, dévaliser, déshériter, DÉTRUIRE. Est-ce trop demander?
En définitive, rien n'a
d'importance que ça.
Tout le reste (ambitions,
réussites, conquêtes, appétits, héritages, vengeances, rancunes, traditions,
blessures ancestrales, vertus, supériorités, créations, chef d'œuvres,
monuments, philosophies, croyances, découvertes) n'est que Fiction Humaine dont
il ne restera rien dans quelques années, quelques décennies…
après notre mort ou après la disparition de l'Humanité, toutes deux
inévitables.
"Come on people now
Smile on your brother
Everybody get together
Try to love one another
Right Now."
27 mars 2013
[Fouiller les archives #01]
Je continue de penser que le
Cerveau se manigance les opinions dont Il a besoin pour justifier, expliquer et
signifier la Personne à qui Il appartient.
Ainsi, l'Écrivain manqué que je suis, ayant abandonné l'écriture, en est arrivé graduellement à ne plus trop voir l'importance de la Littérature, et même de l'Art en général, tout en continuant, par habitude, d'en être intéressé, attiré.
Avec le temps, cette attitude inconsciente se métamorphose en quelque chose de plus précis; quelque chose comme une philosophie selon laquelle, bien qu'objectivement inqualifiable et donc sans réelle valeur quantifiable, l'Art dans son ensemble est tout de même important car il nous permet de se détourner du Vide (qui lui, au delà d'une initiation primaire avec ce qu'Il est, n'a absolument rien de bon à nous offrir). L'Illusion étant donc ainsi une bénédiction, dont nous serions bien fous de ne pas nous prévaloir (sans toutefois vouloir ou pouvoir oublier qu'il ne s'agit toujours que d'un baume sur une plaie qui ne guérira jamais).
Et puis, plus tard, cette Constatation ayant été absorbée, sédimentée, voilà que ça se transforme en une Pensée plus profonde encore. Une vaste réflexion où, tout en étant conscient de l'aspect utopique et irréaliste de la chose, on se dit que pour passer à autre chose à l'échelle de l'Humanité, il faudrait tout démolir, incluant ces beaux passe-temps qui me sont si essentielles.
Mais immédiatement je me reprends... je me dis que non, ça ne peut pas être vrai...
Et je jongle avec ça, sans appuis ou support externe. Jusqu'à ce que je lise Island de Huxley, et que j'y trouve une élaboration précise de cette même idée.
Voyons vers quoi me mènera ensuite mon Cerveau...
Ainsi, l'Écrivain manqué que je suis, ayant abandonné l'écriture, en est arrivé graduellement à ne plus trop voir l'importance de la Littérature, et même de l'Art en général, tout en continuant, par habitude, d'en être intéressé, attiré.
Avec le temps, cette attitude inconsciente se métamorphose en quelque chose de plus précis; quelque chose comme une philosophie selon laquelle, bien qu'objectivement inqualifiable et donc sans réelle valeur quantifiable, l'Art dans son ensemble est tout de même important car il nous permet de se détourner du Vide (qui lui, au delà d'une initiation primaire avec ce qu'Il est, n'a absolument rien de bon à nous offrir). L'Illusion étant donc ainsi une bénédiction, dont nous serions bien fous de ne pas nous prévaloir (sans toutefois vouloir ou pouvoir oublier qu'il ne s'agit toujours que d'un baume sur une plaie qui ne guérira jamais).
Et puis, plus tard, cette Constatation ayant été absorbée, sédimentée, voilà que ça se transforme en une Pensée plus profonde encore. Une vaste réflexion où, tout en étant conscient de l'aspect utopique et irréaliste de la chose, on se dit que pour passer à autre chose à l'échelle de l'Humanité, il faudrait tout démolir, incluant ces beaux passe-temps qui me sont si essentielles.
Mais immédiatement je me reprends... je me dis que non, ça ne peut pas être vrai...
Et je jongle avec ça, sans appuis ou support externe. Jusqu'à ce que je lise Island de Huxley, et que j'y trouve une élaboration précise de cette même idée.
Voyons vers quoi me mènera ensuite mon Cerveau...
14 juin 2012
Fear and Loathing in Whatever
Être étrange que je suis, à mes yeux du moins, je suis poussé, par-là, par ici, au gré d'événements aux apparences mystiques, sinon dans leur nature du moins dans les effets qu'ils ont sur moi.
D'abord, suite à une transe artificielle dans ses origines mais bien réelle dans ses ramifications, je me trouve à penser aux remous qui secouent actuellement mon petit coin de la planète, et j'y vois l'énergie du désespoir, rien de plus rien de moins, explosant momentanément dans un cul-de-sac civilisationnel beaucoup trop avancé pour être réglé. À ce stade-ci, c'est tabula rasa ou la Fin des Temps pour l'humanité.
Quelques jours plus tard, un rêve dans lequel je suis chez moi avec ma Compagne, mes enfants, quand tout à coup nous entendons le vacarme sinistre de plusieurs hélicoptères nous survolant. Moi et Elle on se regarde, et on comprend que quelque chose de grave vient de se produire. Nous descendons nous réfugier au sous-sol, puis je regarde par la fenêtre et je vois les couleurs radieuses du soleil qui est près de l'horizon (coucher ou lever, je ne sais pas trop), me disant que c'est peut-être la dernière fois que je vois cela. Je remonte, vais sur Internet, et là sur le site des nouvelles je lis quelque chose qui ressemble à: "Tragédie! Aujourd'hui le Canada a un nouvel ennemi, l'Alberta et le Nord de l'Ontario ayant été dévastées par des bombes nucléaires."
25 mai 2012
Je suis perdu, un perdu, chez qui le déracinement est arrivé trop tôt, trop fort, cataclysme s'étant produit suite à ce qui n'aurait finalement dû être qu'un dépaysement. Je suis isolé dans ma tête, incapable de me sentir à l'aise ou "chez moi" nulle part, ou avec qui que ce soit. Ma famille n'est plus ma famille, mes amis ne sont plus mes amis, je ne souhaite pas retourner dans ma terre natale, je ne souhaite que m'isoler encore plus, ne pouvant pas me sentir plus aliéné que je le suis déjà.
Tel un damné dans un récit de Lovecraft qui a vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, un Grand Ancien qui lui aurait révélé l'Absurdité Cosmique de l'Univers, je déambule, sans joie, sans ambition, à jamais en exil dans mon propre intellect.
Tel un damné dans un récit de Lovecraft qui a vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, un Grand Ancien qui lui aurait révélé l'Absurdité Cosmique de l'Univers, je déambule, sans joie, sans ambition, à jamais en exil dans mon propre intellect.
21 mai 2012
2 février 2012
Vox Nihili [Latineries]
Alors qu'actuellement ma vie extérieure est entraînée dans des remous qui devraient mener ma Famille dans une situation plus confortable (tabula rasa, pour mieux recommencer), intérieurement je continue de me détériorer.
L'image la plus appropriée que j'ai trouvé pour exprimer cette sensation de désintégration que je ressens depuis des années, c'est celle d'un moteur qui manque d'huile, et donc qui surchauffe et lentement s'use à force de friction sèche et pénible.
Je ne vois que la Mort, partout. Sur ma tête est perchée une créature, une Idée Noire — sombre et funeste — qui répète, sans cesse: Memento Mori. Ça va et ça vient, l'intensité est variable, mais le résultat c'est que plus rien n'a de sens, tout me semble futile.
Je suis bien au-delà d'être un "nihiliste", car même le "nihilisme", l'affirmation de déni implicite de cette philosophie, n'a pas de sens pour moi. Continuer et vivre, abandonner et se tuer, rien ne m'attire, rien n'a de sens.
Le cliché, évidemment, est de répondre: Carpe Diem.
Mais voilà, qu'est-ce qu'on fait quand on a perdu (et depuis longtemps) la pleine capacité d'apprécier quoi que ce soit?
Je suis vide, dénué de passions. Une passion est un peu comme une obsession dont on ne peut pas se débarrasser, quelque chose qui s'apparente à une pulsion qu'on ne contrôle pas. Or, moi, je maîtrise parfaitement mes intérêts… ce sont des obsessions que j'encourage et que je nourris, volontairement, pour ne pas qu'elles meurent (et moi avec). Car elles me gardent en vie, elles me droguent, me permettent d'oublier.
J'ai une Compagne, des enfants, alors je reste droit et je fais ce que je dois faire. Je participe aux entreprises d'améliorations (mutatis mutandis) dont ma Compagne a besoin, me range avec elle car elle est du côté de la Vie, et qui peut se ranger contre la Vie? Mais je ne désire rien, ni changement ni statu quo, et donc il est inévitable que tout ça finisse par manquer d'élan, et périodiquement j'en arrive à cet État de Vide Total qui présentement m'occupe.
Ubi nihil vales, ibi nihil velis.
Et puis depuis quelques jours, une recrudescence de ces brèves douleurs vives que je ressens parfois, depuis des années, en quelque part dans le côté gauche de mon cerveau… quelques fois par jour, pour une ou deux seconde… comme une brûlure du noyau central. Des accès hypocondriaques où je m'imagine une tumeur au cerveau, un anévrisme qui me terrasse et me laisse légume… tout ça accentue le poids de cette Idée Noire.
Et une impatience géante face à tout, les nouvelles, la radio, les publicités, les "réseaux" "sociaux", mon travail. Tout est futile, tout est de trop. Mors Omnibus.
Inlassables refrains, que je dépose ici parce que ça semble être un réflexe quand j'ai l'impression de toucher le fond.
Cacoethes scribendi.
22 décembre 2011
Solstice
[From Jack Kerouac's Home At Christmas, first published in 1961]
"[…] now the Snow King has laid his drape upon the world, locked it in new silence, all you hear is the profound higher-than-human-ear screaming of snow radios bedazzling and electrifying the air like orgones and spermatazoas in a Universe Dance ― They start black specks from heaven, swirl to avoid my gaze, fall white and ploppy on my nose ― I turn my face up to the sweet kiss of Heaven ―
[...]
Somewhere above, the coalblack crow is yawking, cr-a-a-a-ck, c-r-a-a-ck, I see the flop of raven twit limbs battering onward through treetop twigs of aeril white to a hole in the heart of the forest, to the central pine and pain of my aching desire, the real Christmas is hiding somewhere from me and it is still, it is holy, it is dark, it is insane, the crow broods there, some Nativity darker than Christianity, with Wise Men from underground, a Virgin Mary of the ice and snow, a Joseph of the tress, a Jesus like a star ― a Bethlehem of pinecones, rocks, snakes ― Stonewalls, eyes ―
[...]
Everything is saved. There's heat and warm joy in my house. I linger at the window looking in. My heart breaks to see they're moving so slowly, with such dear innocence within, they don’t realize time and death will catch them ― not now."
21 décembre 2011
A little Christmas entertainment
[Taken from The New Traveler's Almanac, in Alan Moore's The League of Extraordinary Gentlemen, Volume 2]
"We headed on without event, though rather slowly, and at sunset yesterday we glimpsed what proved to be the claw-carved ice caves that comprise the region called Polar Bear Kingdom, where we were intrigued to find the gentle yet ferocious-looking ursine natives quite conversant with the English language […] they told us how they had been lately visited by representatives of an American who manufactured phosphate drinks and was most anxious in securing the pictorial rights to any suitably appealing bear activity, for purposes of advertising. They said also that the representatives had next struck further north in hope of finding an elusive polar witch-doctor with whom they sought to make a similar agreement. As of yet, the men had not returned
[…]
[...] we struck north and shortly blundered into yet more sense-defying circumstances, coming on a strange and mournful figure crouched before a deer-hide wigwam howling penitently. Nearby was the body of another person (an American, we later learned) in modern arctic clothing, who'd been partly torn to pieces, as if by some form of animal. The wild-eyed, bearded fellow, we discovered, was the same witch-doctor that our friends had warned us of, though he seemed far too stricken by remorse to do us harm. He wore, as his magician’s robe, a fresh-flayed reindeer hide reversed so that the skin was outermost, its bloody red by now turned almost black, lined by the fur inside that stuck out in a trim around the garment’s edge. The beast's head formed a cowl, the antlers jutting there above his lined, grey-bearded face. He told us between moans of anguish that he was the ‘sha-man’ of the North Pole, charged at the mid-winter solstice with delivering the gift of cheer to all the homes on Earth, his disembodied soul darting around the globe born by his flying spirit animals while all the time his body lies here in his wigwam, raving mad and stained with vomit from the mind-affecting spotted mushrooms that he must take to achieve his trance. Apparently, this Christmas past, his trance was interrupted by two rash Americans who represented the same phosphate-drink concern the polar bears had told us of. This breach of the magician’s most important yearly ritual was met by the witch-doctor’s fierce invisible familiars, or ‘little helpers’ as he called them, who had torn one of the representatives into the shreds we saw a short way off. The other fled, but only after reassuring the frantically-apologizing witch-man that his actions did not constitute a reason to break off their hoped-for future business dealings."
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