24 février 2016

j'écoute dans la maison vide je m'use l'ouïe contre le silence rien non rien pas de voix comment pourrait il y avoir des paroles prononcées je suis seul si je parle c'est l'écho qui (peut-être) me répondra

pour casser ma solitude je dois me faire téméraire envahissant même sans quoi on ne sait même pas que j'existe

que faire de mes élans vers où orienter mes appétits comment enterrer mes velléités pourquoi m’arrimer avec qui continuer

(points d'interrogation)

rien d'autre que l'écho

(points de suspension)


[24 février 2016, 7:18 am]

22 février 2016

pourquoi déception
pour un rien
pourquoi espoir
si incisif
pourquoi
pour quoi
je me suis emporté
parce qu'affamé
la gorge sèche
la peau qui fend
poitrine qui meurt

avoir ce besoin
terrible
d'une main


[22 février 2016, vers 19:53]

14 février 2016

minces branchailles
arbre dénudé contre ciel rosé
la vapeur hors de ma bouche
fumée actualisée
dehors il n'y a personne

flocons fondant sur mon visage
chatouillant mon cou
vent qui fantômate
à travers les buissons
d'un quartier condamné

je pense à l'Elle
Beauté intelligente et douce
lèvres livrant le vécu par un sourire
cœur fracturé qui hémorrage l'ensoleil
courageux regard malgré l'entorse

l'Elle je la vois
croisement creusé
brasier aisé
facilitation
curieusement offerte

quelle est la nature
de cette fleur éolienne
toute gravée d'inconnus
variables non résolues
algèbre approximative
d'un rapprochement

qu'il soit
ancrage définitif
tentative amnésique
lueurs follettes
propulsions étiologiques

je suis partout


[13 février 2016, 1:25 pm]

8 février 2016

Malgré tout tous toutes
constater que les couleurs
ne changent pas
ne tirent pas
vers aigre amère

intacte
est ma confiance
est mon ouverture
est ma sincérité

je ne vais pas me réfugier
dans la peur et l'hésitation
frileux et avare
prompt à pointer du doigt
et à ne rien voir
que moi moi moi

ma cage reste béante
je sais la douleur
tapie sous tout
derrière n'importe quoi
prête en tout temps

d’autres choses
aussi se cachent


[1er février 2016, 7:56 pm]

3 février 2016

Words spoken by Malick’s ‘One Big Soul’, in Knight of Cups:

“You’re so quiet. You keep everything to yourself. You have love in you. I know it. When I’m with you, I forget everything else.”

(Things which one longs to hear… and which make one tear up, even when it’s coming from a digitally recorded sound being played from a lifeless machine.)

29 janvier 2016

à l’extérieur du faisceau de lumière des ombres
panoplie de pronoms qui gravitent
orbites concentriques de plus en plus oblongs
entre les apparitions et les retours
les empires naissent
se positionnent dans leur siège d’apogée
tombent

même au confins limitrophes
les influences se font sentir
marées qui défont le paysage
métamorphoses lycanthropes
vagues de massacres
disparitions inexpliquées
fulgurantes folies
retraites isolationnistes
dévouements loyaux mais incertains
glossolalie passagère
visions de lieux et d’époques
lettres ensanglantées qui restent secrètes

parmi tout ça
alors que je ne m’y attends plus
des signaux des missives
qui se posent à mes pieds

28 janvier 2016

constance
consistance
abattement
ne renflouant
rien

attentes involontaires
inconscientes
d’énergies
de sens
de vibrations
d’événements
de lueurs
éclats d’existence
confluences
coïncidences
apaisements

patienter
cheminer
tâter
tâcher le possible
persister pour persister

26 janvier 2016

Vingt-et-un zéro un seize


soirée déjà entamée
mon estomac vide
saupoudré
de miettes tumultueuses
je crayonne de noir
de vieux mots sacrés

lever ma vision
Elle vient vers moi
nous avançons ensemble
couloirs froids
foule
file
domestication obligatoire
transparence qui transperce
pour accéder au Temple

à l’intérieur des enceintes
se mouvoir vers le recueillement
un espace précis alloué
par les Officiants

nous surplombons d’abord
la vaste superficie
il y a transition
comme dans un rêve
et nous voilà
rapprochés de la Musique

émanations centrales
réactions circonférentielles
joyeux
nos têtes se rejoignent

oscillations
de mon plexus
se répandant
vers le haut
chaleur sur l’arrière
de mon cerveau

les mots luttent
contre la proximité
et sont balayés
comme des confettis

je lui donne
ma main ouverte
Elle la prend
quelques instants
entre les siennes

je me laisse souffler
par vibrations chaleurs
pensées sensations images
sans odeurs

à la fin
luttant
pour rester près d’Elle
dans la foule
comme le premier soir

le Sourire a vaincu
la confession troublée

22 janvier 2016

jusque dans mes rigoles
lévitations insensées
garanties amères
décuplées par l’axiome
des courants
laissés-pour-contre
des profondeurs

dans l’interstice compris
entre deux inconsciences
la promesse d’une parole
d’une étreinte
d’une élévation de lèvres

la résolution de m’entraîner
vers le fond
larguer le leste
qui me retient
à la surface
couler & descendre
et au fond
insuffler des bulles
à l’Étrangle

tics
longeant l’usuelle
patience ennuyée
choisissant de ne pas simuler
inquiétude irritation arrogance
détritus gratuits
qui signalent l’abattement
témoignent du vide
hurlent la pauvreté ambiante

révéler au grand jour
les décorations sédimentées
de ma Cage
les variations thoraciques
et touffues
de ma charpente

salves journalières
aide-mémoires inopportuns
je me décolle les dents
ma langue flétrie
se croit à l’agonie

évitant l’arène
jusque dans ma tête
un visage tapisse
mon antichambre

le monte-charge
expédie
les fragments
de verre broyé
vers les bas
les engrenages
s’obstruent

dévisagé de face
au milieu
de la sur-opulence
destinée à des fantômes
qui n’ont jamais
été en vie

territoires arpentés
clonés
dans un éventail de souvenirs
(décennies/saisons/époques/états/gradations)
gravité auxiliaire

faire le guet
dans la neige
trop plein qui recanalise
de la chaumière au Palais

la douceur
murmurée
scandée
apaisement océanique

puis le retour de la marée
joyaux qu’il faut dénicher
sous le sable humide

passerelles…
puis la herse se referme

autre bond de sept lieues
subsistances & déchéance
sommeiller devant le Ragnarok
rêves épistoliers

à l’ultime instant
savoir
qu’il va falloir
provoquer le Destin

16 janvier 2016

« troublés »
« criblés
de mal »
« souffreteux
et chétifs »

les Grand nous examinent
nous dissèquent à distance
préfèrent donner les restes
à leurs chiens...


Et nous…

... nous inventons des jeux, de tous les genres, les prenons au sérieux (ou pas), pour tenter d’unifier nos acquis en une masse plus grande que nous… aller plus loin et faire plus avec ce qui nous anime…

... nous construisons des arches, refusant l’utilité unique de ces bateaux, de ces bicoques, insistant pour qu’en plus de nous sauver du Déluge ça nous conduise quelque part, ailleurs, toujours ailleurs…

... nous broyons (du noir, du blanc, nos dents, nos os, soi-même, autrui, ce qui nous garde prisonnier, ce qui nous libère), nous broyons à n’en plus finir, ce qui est le propre de l’animal en cage…

... nous cherchons à combler cette faim, qu’elle soit alimentaire ou spirituelle, et au terme de nos efforts nous adoptons une pose, une attitude, une direction, même quand elle n’est pas bonne ou appropriée, ayant besoin de croire que nos labeurs ne sont pas vains…

... nous réalisons, consciemment ou pas, que nos solitudes sont absolues, que finalement c’est chacun pour soi, et malheureusement en concluons parfois que c’est donc une erreur de partager, d’aider, ou même de vouloir aider…

... nous convoitons, sans arrêt, de tout, à tous les niveaux, car si on cesse de le faire on nous dévisage et on se méfie de notre autosuffisance dérangeante…

... nous nous protégeons, sous l'impression que ce n’est jamais assez, jusqu’à ce que Bouclier devienne Barricade devienne Muraille devienne Parapet impénétrable…

... nous accusons, nous critiquons, distribuons les réprimandes comme des contraventions, car rien ne remplit le Vide comme les échos de la colère…

... nous admirons et nous vénérons, ou prenons des airs et gonflons notre torse, car la haine de soi prend plusieurs formes…

... et nous essayons de nous distinguer, soit par l'exubérance, soit par une réserve plus-que-discrète, convaincus de notre unicité et du bien-fondé de notre position...

... et la conscience absurde du Néant nous incite à le remplir, de dieux, de lubricité ou de projets, à votre guise…

... et nous aimons, ayant enfin devant nous la preuve tangible que la Beauté peut exister, qu’elle est bonne pour nous, que l’amitié est possible, la félicité atteignable, mais si subséquemment cette preuve se volatilise nous en concluons que nous nous étions trompés, que tout ça était Mensonge, Tromperie, Fausseté…


Alors qu’en fait…

... ce sont nos jeux qui devraient nous inventer et nous réinventer, ne laissant pas le temps à notre intellect de se solidifier dans une quelconque position de sériosité médusienne, car la matière de nos êtres est plus dense, tellement plus, que n'importe quelle de nos passions...

... il serait impératif d'apprendre à nager, et d'accepter la possibilité que les lieux où nous vivons et respirons soient désormais sous-marins...

... nous devrions examiner les mécanismes de ce verrou qui nous retient, et puis le défaire le
le crocheter le briser le déjouer le contourner...

... même rassasiés, comblés et repus, nous devrions continuer de chercher, de varier, d'expérimenter, même si ça veut dire qu'il faut perdre nos acquis et recommencer, le ventre vide...

... nous devrions voir que c'est cette solitude universelle et généralisée qui nous unit, fait de nous quelque chose comme un Être Unique, Universel, persistant depuis des millénaires son cycle et sa quête...

... nous devons comprendre que le désir (cette attraction plus grande que nous, obéissant à des lois universelles toutes aussi irréductibles que la gravité) n'est pas un mal en soit, que c'est une émotion toute aussi complète et savoureuse et jouissive que la satisfaction du dit désir...

... nous devons réaliser que ce sentiment de sécurité qui nous est accordé derrière nos défenses est acheté au profit de notre liberté de mouvement, de pensée, d'action, de parole...

... nous aurions avantage à accepter qu'il est toujours malencontreux de piétiner son humilité pour aller lancer des pierres à ceux qui nous entourent...

... nous devons nous tenir debout et admettre que ce que nous admirons chez les autres sont des qualités, des attributs ou des accomplissements qui sont accessibles à tous, puisque l'Humanité est unique, nous sommes Un, que ça nous déplaise ou pas... ainsi, il est absurde de vouloir se démarquer de soi-même, s'élever au dessus de soi-même, s'éloigner de soi-même...

... nous devons apprendre que le Vide ne se remplit pas, mais qu'il faut tenter de le faire au moins une fois pour le comprendre pleinement...

... nous devrions éliminer les concepts de Vérité et de Mensonge de notre esprit, ne gardant en tête que nos émotions, nos sensations, chérir ce qui nous fait du bien et laisser mourir le reste...


Alors ignorons les Grands, rendons leur la monnaie de leur pièce absente, déprivons les de notre attention et de toutes nourritures spirituelles pour qu'ils s'atrophient ou s'éteignent, leurs chiens aussi...

« névrosés »
« affaiblis
d'avarice »
« boursouflés
et paranos »

14 janvier 2016

J’arpente encore les longs couloirs du Labyrinthe. Souvent, presque continuellement même, j’entends mystérieusement ta voix de l’autre côté du mur. Ton odeur (qui m’est parfum) emplit mes narines, sensation fantôme qui ne semble avoir qu’un lien ténu avec la « réalité. »

Je ne te cherche pas mais tu es toujours dans mes pensées, fil d'Ariane invisible, sans substance, mais actuellement indestructible.

Un soir de grande fatigue, ayant atteint une belle apogée de découragement, plongé (une fois de plus) dans l’incompréhension totale devant ce qui s’est passé entre nous, j'avançais sans réfléchir (et si le Minotaure avait été proche c'en était fait de moi), j'ai débouché sur un petit jardin coquet. En son centre une belle statue, radieuse, conçue pour être mise en valeur par la lumière du soleil. Je m'en suis approché, l'ai contemplé quelques instants. J'ai senti en moi le désir de lui parler, de tout lui exprimer, de m'expliquer, de me justifier. Et puis j'ai eu comme un sursaut.

"Non, je dois arrêter de m'adresser aux statues, de quémander leurs attentions... pourquoi c'est toujours moi qui dois faire les premiers pas et instiguer et provoquer les rencontres? Non, c'est assez, j'ai..."

Je me suis soudain senti, inexplicablement, en proie à une colère foudroyante, hors-du-commun.

Je n’aime pas la colère, ce qui se produit en moi quand elle me prend, mais il y a de ces moments où (bien que je puisse la contenir) je ne peux pas la repousser.

Mon monologue intérieur était orageux, plein de tonnerre et de bruit et de tremblement, et ça menaçait de tout écraser ce que je conserve en moi de toi, trésor délicat et rarissime. […]

Je me suis précipité et j’ai fourni de gros efforts pour la faire basculer de son socle. Elle est tombée à la renverse, sans plus, étant fait d’une matière plus résistante que moi, avec mes jointures ensanglantées et mes jambes meurtries.

Agenouillé, paumes contre terre, j’ai fermé les yeux, luttant, luttant pour ne pas…

Et là j’ai pensé à l’Urne… à Elpis. Et ça m’a donné la force de me relever.

Y réfléchissant, j’ai entrevue une possibilité. Essayer d’oublier, ou du moins de mieux endurer, en penchant mes yeux, concentrant ma volonté. Prendre du recul, cesser de me juger aussi sévèrement, être aussi indulgeant que je le suis avec autrui. Ne pas faire de suppositions interminables sur le pourquoi et le comment. Accepter ma vulnérabilité sans pour autant y capituler. Être ouvert, constemment, prêt à tout, et en même temps prêt à rien... ne rien anticiper, ni le bon ni le mauvais, et seulement... être. Même si je dois le faire sans toi, sans qui que ce soit.

Être. Espérer.

Agir.

12 janvier 2016


"I can't face the evening straight
you can offer me escape
houses move and houses speak
if you take me there you'll get relief

relief
relief
relief

but if I'm gonna talk
I just wanna talk
please don't interrupt
just sit back and listen"

11 janvier 2016


point final
temps d'arrêt
temps d'arrêter
déposer le fardeau
qui ne sert à rien
à personne

la proximité du bonheur
l'été
m'a berné
la confiance

confondre
puissance de la Lumière
avec solidité de Soi

oui
l'Illusion
toujours elle
permet des merveilles
Autre jour
autre tentation
dans le silence

moi
deux chats
le soleil
le froid
le vent
les mots d'un ami lointain
qui lui aussi s'est éteint

mais sinon
le silence

10 janvier 2016

seul
maison vidée
mauvaises vibrations
encore présentes

seul
pour plusieurs jours

la vieille question qui revient
comme une Amante secrète
cachée
patiente:

"Allez, viens dans mes bras obscurs, il n'y a que nous deux, personne d'autre ne veut de toi en ce moment, nous avons tout le loisir de faire ça correctement, à la façon que tu préfères, prendre tout notre temps pour profiter de chaque seconde. Qui de plus loyale que moi? Jamais je ne te quitte, jamais je ne t'ignore. Je te prends tel que tu es, et ne m'offusque de rien. Alors viens, depuis le temps qu'on se connait, depuis le temps que tu me désires, tu ne trouves pas qu'il est temps qu'enfin on s'étende ensemble et que l'on se donne tout ce qu'on à offrir, jusqu'à la pleine satisfaction de nos appétits?"

je tourne les yeux
fais semblant
qu'Elle n'est pas là

je m'affaire
me dissipe
pense à une autre
que j'aime mais
ne peux plus voir

Elle reste là
me sourit
essuie mes larmes
caresse mes épaules
me susurre
sa tentation virulente

Doute/Tentation:
Aurait-elle raison?

9 janvier 2016

couverture 
ramenée de chez elle
l'odeur des lieux
qui m'accueillait
en haut des marches
quand j'entrais
juste avant
qu'elle me prenne
dans ses bras

(me voilà 
encore fragilisé
vulnérabilité
qui probablement
est ce qu'on
méprise
en moi)

6 janvier 2016

inondations
crue des eaux
recrudescence
(omni)présence

des gants sans doigts
tes doigts effilés
mon oreille
tendue vers tes mots

mystère qui persiste
(qu’est-ce que tu vois?)
déjouant les certitudes
(qu’est-ce que tu sens?)

mal à l’aise
à la limite de la honte
je condense
ce qui m’accable:
labours qui déchirent
des sillons
dans une matière grise

(pollinisation
contamination
croisées
huis clos
une corne d’abondance
dans la salle des tortures)

tes yeux qui pensent
ta pensée qui voit
tes lèvres
ont l’air de se retenir
pour ne pas dire

m’éloignant
(l’instant évaporé)
tu persistes
derrière mes yeux

je vois la neige
devine le froid
envie de marcher
de discuter
silencieusement

24 décembre 2015

24 décembre 2015

Like Ebenezer being haunted
by the Ghost of Christmas Present
I see
I think I see
and there you are
dear one
to behold you
is to feel you
and feeling you
I am
I am
happy.

18 décembre 2015

In this momentous ALL perceived as the present moment I hear you but almost not over the beat of this celestial body in my chest…

Frantic, insisting, anxious, joyous, metronomic beast, it keeps everything going, propels and rushes, freezes then starts, gathers its strength and then leaps.

Imperious, it commands me, demands my attention, then pushes its willful emanations out of me:

I will not accept
that I was wrong
all these months
lying to myself
or misunderstanding
no
I wasn’t
you weren’t either
it was Real
it was True
which means it still is.

As it was said:
pain is inevitable
but it’s all worth it.

I haven’t given up
and hope you haven’t either.

I still believe
in everything I’ve said
all the things I’ve thought
and all that I’ve felt.

Namely:
that I am grateful;
that I recognize
how amazing
how precious
the situation is;
that I want to build on this;
that it is
most meaningful to me
and as such
I confer upon it
all the accoutrements
of Sacredness;
that my heart is growing
(sometimes out of control)
with no clear trajectory
or destination
but that this is
how it should be;
that I am open
to everything
and accept
that it might change
or stop or die or evolve or grow or…
BLOOM.

In this Season
of confirmed Solitude
wherein was proved
the painstaking unraveling
--- utter and consummate ---
of my societal Self,
the essence of You
permeates
the core of Me
even now
despite the Absence
of your Presence;
you will live in me
until the end
no matter
what happens.

13 décembre 2015


chants grégoriens
que personne n'entend
sur décor de Peste
et d'Inquisition
rien ne change
allez-y
pêtez-vous les bretelles
continuer de prétendre
que vous êtes capables
de vous contempler
sans vous brûler les yeux
et proclamez
vos Grands Principes
et faites la Morale
et jugez de haut
portant votre couche
dégoulinante
sur votre tête
pointant le Néant du doigt
juchés en haut du mat
et criant: "Terre!"
elle vient de où
votre autorité
crédibilité dorée
de quelle école
achetée avec quel argent?
oui
c'est bien
ce que je pensais
la Nef des Fous
est partout
est tout le monde
est tout le temps
est sans raison
là est la surface
là est le fond;
qu'on le veuille ou non
c'est tous ensemble
que l'on flottera
ou que l'on coulera

3 décembre 2015

it seems to me
(but why?)
that my Silence
is just tantamount
(for most, if not all)
to agreement
tacit acceptance
passive manipulability
yet when I do talk
(clumsy hesitant fumble)
the easy way out is chosen
and my pronouncements
are malleably shaped
into whatever suits the listener
so as to remake the past & present
realities
into whatever suits
him/her
best

so what happened
to Listening
does that even mean
anything anymore

who ever said
that understanding
should come easy
with no effort
at transposing
our mind into
somebody else's

I repudiate easy Truths
I turn away from conventions
cowardly proverbs
passed-on resignation
they make me sick 
to my stomach
allergic repugnance
irritating insistance
upon the systematic
gathering of clues
tidbits 
nuggets of fact
simulacrums of fancy
gruesome testimonies
to Innocence and/or Experience
yeah, me maties

the next Ice Age
will NOT be televised
(on the contrary)
it's happening inside us all
right now
for a long time now
denying us our right to envision
(you see where I'm going with that)

every one of us
who imagines something new
digging up 
instead of using the cast
questing for
not paying for
tearing out of our beings
without anybody knowing
yeah
that's what we need
to be concerned about

there are few of us
but a fraction of an infinity
is a veritable army

let us take arms
and fight
for our right
to gush
kiss
hold
seek
explore
gather
invent
adapt
adopt
change
improve
invert
(covert peaceful gentle revolution)
insert
our spiritual DNA
our psychic revelatory
abnormalities
into
the cursed
fated
destined
doomed
directives
of our Age

I want to walk
between mysterious rows 
of forbidden books
with the girl of my dreams
holding her hand
kissing her there
hearing her laugh
my hand on the nape
of her neck
while we smuggle
forsaken knowledge
back to the Circle
of our crazy friends
while my children
use scrap metal
and foam
and electric tape
to materialise
their thoughts
into new
shocking
(rows upon rows)
contraptions of
imaginative sweet
tender bright
emanations
of their own unique
manifest giddiness

let us join

2 décembre 2015

C'est le Brouillard complet, ce qui donne toutes les latitudes à l'Imagination, qui pour moi est Toute-Puissante, Surnaturelle, Totale, Gouvernail de mes nuits et Baluchon de mes jours. La Palette est variée, si variée, je ne peux jamais être en terrain connu, me fier à mon expérience, être sûr de moi. Une vie entière dans les souliers du Perdu. Mais je l'accepte et (j'ose espérer) en tire profit.

Ça va de "Noir Néant" à "Lumineux Désintégrant". Il y a de tout. Et l'équivalence objective de ces États demeure une de mes pseudo-certitudes.

Or (or des fous) depuis deux semaines, je suis heureux de constater que ce n'est pas la Noirceur qui domine. Ça prend plusieurs formes, assauts d'une fulgurance schizophrénique qui est difficile à absorber mais --- encore une fois --- je l'accepte. Même quand ça veut dire que les larmes coulent sur mes joues jusqu'à ma barbe, aux yeux de tous les passagers de l'autobus 705 qui me ramène dans ce logis de Sorel-Tracy pour lequel j'ai signé mon âme au Diable.

Non, même si c'est la douleur qui quémande mon attention avec le plus d'insistance, même si il y a des moments où tout est Blessure, ce n'est pas elle qui est souveraine. J'ai confiance. En moi, en toi ma très chère Bellamie, en nous, en tout. Je sais que peu importe ce qui arrivera, peu importe ce qui me tombera dessus mercredi prochain, ce sera pour le mieux et je survivrai et mon apprentissage en sera gratifié. Et la colère ne fera pas partie de ce que je suis (je n'ai même pas à fournir d'efforts pour la repousser, elle glisse sur moi). Et l'amertume ne sera pas l'aboutissement de ma démarche. Et l'Amour persistera, vulnérable mais néanmoins d'une puissance stupéfiante, irréductible, indéniable. Et à travers tout ça, plus souvent qu'autrement, c'est à ta souffrance que je pense, et elle me donne envie de pleurer tout autant que la mienne. J'espère, j'espère, que tu ne souffres pas trop, et que tu auras la sagesse de te diriger vers ce qui est le mieux pour toi.

Quant à moi... je n'en sais rien. J'improvise, comme toujours. Et je gaffe, comme toujours. Mais j'espère... que je vais être encore en mesure de fixer tes yeux, d'admirer la lumière sur ta chevelure, d'écouter ton âme incomparable. J'espère... que je ne t'ai pas fait de mal. J'espère... que tu ne regretteras pas notre rencontre, et tout ce qui s'en est suivi. J'espère, et espère, et ne désespère pas. Tu te rends compte: je ne désespère pas.

Et c'est encore avec une gratitude à m'en briser le coeur que je repense à ces moments que j'ai passé avec toi, et à tout ce que tu as partagé avec moi.

Je suis prêt à tout, à toutes les éventualités et à tous les destins, mais j'ai confiance.