29 juillet 2015

« Réaliser l'intensité de self-control déployé chaque instant de chaque jour » (A.)
 
Oui, si bien que ça devient une habitude, un réflexe plus ou moins conscient, et que je continue de maîtriser mes élans même quand je ne devrais pas. Ouvrir la cage est un processus que je ne compléterai pas d’un coup sec, semble-t-il.  Mais je le ferai, et sur ça, aussi, there will be #NoGoingBack.
 
Moving on happens at its own speed; it has a will of its own. But it happens, whether we want to or not, whether we are conscious of it or not. And one day… #GoingBack is not even an option anymore, and you own a little bit more of your Freedom.

(I'm reading.  Don't stop.)

28 juillet 2015

Remplissage (automatique)

Parce que « gone fishing » pour les prochaines heures mais que l’absence de la Présence se fait sentir je sens le besoin de taper taper et mettre ici des mots.  Refresh : actualiser mon esprit.  Nouveau cliché, nouvel update.  I am here.  Absence, mais tu es tout près pourtant.  Une alliée dans le Centre-Ville.  Une alliée de ce Monde.  Égal à égale.  (Arrière-pensées de Marla et Philippe.)  La télépathie existe, c’est tout simplement qu’elle est à sens unique : on ne peut qu’envoyer nos pensées, pas recevoir celles des autres.  Cerveau fiévreux, trop chaud.
 
Flash : hier soir, le vent et la pluie qui me prennent dans leur bras (quelques minutes avant que tu fasses la même chose, geste que je n’anticipais pas mais qui était parfait pour ce moment, pour moi), coin Berri et Ste-Catherine; je soulève les bras et je ferme les yeux, puis je te regarde et tu me souris, surprise peut-être par cette soudaine et surprenante exubérance. Je voudrais être sur ce coin de rue, encore, hier soir. Ou assis sur ce banc moelleux, contemplant cette image fixe d’un lieu de Paris que tu faisais vivre par ta voix, technique d’animation encore plus raffinée que le stop-motion.
 
"C’est beau d’être témoin (et complice) de ce que tu vis à l’intérieur ces temps-ci" (A.): Flèche solaire qui se plante au milieu de mon vortex et qui affaiblit les défenses.  Allez, une autre volée.
 
I’m very close to some kind of breakthrough, and you act as an accelerant. But you won’t be responsible for me, I swear, I can hold myself up. And I will do my utmost so that you never regret having crossed paths with me.
 
- Continue d’être une anomalie.
- À ce stade-ci, je ne peux plus rien faire. Je peux perfectionner ce que je suis, mais pas revenir en arrière.
 
"If the fool would persist in his folly he would become wise." (William Blake) (qui d’autre)
 
Si mes doutes sont si agressifs, c’est en réaction proportionnelle à mes certitudes. Et quelles certitudes!
 
L’ambassadeur du Pays de Cocagne est plein d’admiration pour la Reine Féline-Qui-Remet-À-Plus-Tard.
 
(C’est un trou sans fin, je sais rarement d’avance ce qui va sortir, j’envoie mes mineurs au fin fonds des tunnels, je perds contact avec eux et puis ils reviennent avec des minéraux, précieux ou pas.)
 
Did you know that when I was a kid I was the leader of my little gang?   I think about that sometimes.
 
Il faut que tu me le dises si jamais je suis trop envahissant, trop présomptueux.  Parce que n'étant pas un bon juge de moi-même, le mieux est probablement que je cesse complètement de me juger, et que je laisse mes paroles et mes actions être une extension naturelle de ce que je suis.
 
Je me débarrasse des complications, le plus rapidement possible.  Et rien de plus simple que l'honnêteté.
 
Je me sens léger.  Mes nuages se meuvent, et on voit la lune.
 
Marchant dans le Domaine du Possible, j’ai la tête haute et je siffle.
 
 
 

27 juillet 2015

Lettre à une amie (écrite sur le chemin du retour)

On vient à peine de se dire au revoir, la fatigue me gagne et avec elle un sentiment de vide.  Me mettre à écrire me semble alors être le choix qui s'impose.  C'est ma manière de lutter.  Je devrais sans doute garder tout ça pour moi mais... je ne sais pas... malgré tout je crois encore fermement en l'Amitié.  Ce soir plus que jamais.  Alors sache que dans cette frénésie de scribe qui déborde de moi en ce moment, si je dis des bêtises déplacées c'est parce que je ne retiens rien et donc que ça coule directement de la source.

Ça va peut-être te sembler l'évidence même, mais j'ai un grand besoin de complicité, d'intimité.  Non pas pour me perdre ou m'oublier, mais pour sentir que je suis... connecté.  Pour échanger, donner, toutes ces choses que j'ai dit trop de fois.

Jusqu'à tout récemment, je n'avais aucune peur parce que je n'avais rien à perdre.  Voilà que la terreur me gagne à l'idée de perdre cette petite flamme encore toute timide qui n'existait pas il y a quelques semaines.  C'est absurde, mais mes sentiments et la situation et ta personne, tout ça correspond tellement à ces idéaux que je croyais irréalistes ou en tous cas hors de ma portée, idéaux que je garde en moi de façon latente, vestiges d'une civilisation disparue.  Mais voilà que je te rencontre et qu'une portion atrophiée de ce que je suis reprends vie, hydratée par les infusions sanguines de ce "nouveau moi".

Et alors les synapses correspondant s'éveillent aussi, et des souvenirs remontent à la surface...

Moi qui tombe complètement pour J., à l'âge de 10 ans; admiration se transformant en fascination puis en fixation puis finalement, avec le temps, en Amour, le concept même se cristallisant en moi à travers (et grâce à) elle.  Elle n'a pas quitté ma tête pendant des années.  On pourrait même dire qu'elle ne m'a jamais quitté.

Moi qui tombe aussi complètement, trop rapidement, pour une autre J. à l'âge de 17 ans, envoûté par sa joie de vivre et ses cheveux roux.  Puis A.-M., littéraire langoureuse qui me parlait longuement des problèmes qu'elle avait avec son chum.

Je retrouve donc cet engouement (le mot est faible), et je sais avec une certitude inébranlable que c'est authentique et plus gros que moi, et non un sentiment préfabriqué que j'enfilerais comme un pardessus à défaut de quelque chose de mieux, ou de quelque chose d'autre tout court.

Non, c'est véritable et de mon point de vue c'est rare et précieux.  Ayant peur que ça s'évapore, je me mets donc à anticiper le pire, à voir des signes néfastes qui sont fort probablement des mauvaises interprétations.

Je n'ai pas d'attentes, mais à mon insu se sont infiltrés des espoirs.  Elpis, aperçu au fond de l'urne, que je suis incapable d'oublier.

Ceci étant dit, ma décision ce soir est de laisser mon esprit divaguer et rêvasser, de façon toute aussi illogique et déraisonnée, mais avec allégresse plutôt qu'inquiétude.  Je vais arpenter mes Espoirs plutôt que mes Doutes.  M'enrober des moments concrets de félicité plutôt que des peurs abstraites.

Repenser à la complicité sereine que j'ai ressenti pour la majeure partie du temps passé avec toi.  Visualiser la furieuse majesté qui nous surplombait.  Me remémorer ce remarquable moment de bien être alors que l'on marchait et que mon cerveau était complètement transporté par l'ensemble des caractéristiques de l'instant.  Revoir ce sourire détendu et en confiance que tu arborais alors que tu me parlais de toi.  Ressentir la pleine étendue du privilège qui m'était accordé quand tu m'as confié ce que tu n'avais jamais dit à personne.  Repenser à l'aisance avec laquelle je m'habitue graduellement à ta compagnie, et à ta présence dans mes pensées.

Et surtout, garder en tête que peu importe ce qui arrive, présentement les vagues se brisent contre moi, mes sens sont tous sollicités par l'Expérience, et je suis en vie Ici et Maintenant.  Peut-être que je me raconte des histoires, mais j'y trouve des vérités et des joyaux et des farfadets et des larmes et des rires et des flots marins et des secrets et des élixirs et des arbres et des confiseries et des plaisanteries et des spéculations... et comment est-ce que tout ça peut être mauvais?

No matter what happens, it's all worth it.

Tell me you agree.  Lie to me if you have to.  Pain is inevitable, one way or another.  Everything is an Illusion anyway, everything is a Dream, might as well make it a good one.

Message to a Would-Be Cat

It’s always possible to wonder and wander; maybe not everywhere you’d like, but back alleys certainly are accessible.  A home you have, hugs you can have.   It is always possible to ignore the dogs and bipeds. Smelling flowers, following butterflies: that can be done, and I'm sure you already do it. Looking out your window at the Newness and Oldness: I know you already do it.  And you already are curious and wise.
Concentration
distillation
fermentation
de ma quasi
tabula rasa
en une Substance
digne de ce nom
propice à l’ivresse
aux vertigineuses extases
aux illuminations en tous genres
aux transes envoyés par Éros
et aux messages envoyés par Hypnos.

Qui
--- à part moi ---
goûtera de cette Substance?
Qui partagera ma route?
Qui se rendra avec moi
jusqu’au fond
de l’urne d’Anesidora,
où dort encore
l'Elpis?
Si je me regarde avec ces yeux qui sont les miens, je vois qu'il y a dans le moment présent la suite, la progression et l'évolution d'un renouveau, la poursuite d'une idée, celle de mettre fin à une longue Chute.  

Tomber pendant des années, des décennies, long tracé vers le bas.  Un piège tendu par l'Univers pour un Chat-Poisson nigaud ayant lu trop d'histoires, un individu que les confluences du Hasard ont fait trop Ouvert et trop Fermé à la fois, idéaliste et pessimiste, romantique et nihiliste, athée mais épris d'Absolu... Janus né en ce monde vers la fin du 20ème siècle qui a finalement décidé de ne plus se brûler les yeux à contempler cet Astre Funeste, cataclysme en fusion au coeur du monde, qui réclame notre attentions avec ses déflagrations intempestives.  Il ne pourra jamais l'oublier, s'en détourner complètement et en faire abstractions dans cette Réflexion constante qui l'habite, mais il comprend --- enfin! --- qu'avoir deux visages sous-entend qu'il a une autre pair de globes visuels avec lesquels il a le devoir d'ausculter tous les autres Astres, pour les combiner dans son Esprit en une Vision englobante et multi-dimensionnelle. 

26 juillet 2015

Thoughts...
brown eyes that dart away
intense silences
easy exchanges
then sudden switch to
daily occurences.

Three days
with face to face meetings
then
three days
of written back-and-forths.

What wonderful moments
(unexpected
unpredictable
understated
unfamiliar
unhurried)
await me now?
Doutes, encore.  Pourquoi aujourd'hui, maintenant?  La majorité de mes inquiétudes surviennent quand je commence à me regarder à travers les yeux des autres.  Alors que finalement, je devrais m'en balancer et juste foncer foncer foncer.  Je n'ai pas à avoir honte d'exister.  Je n'ai pas à avoir honte tout court.  Et en ce moment ce que je ressens confirme et souligne et mets l'accent sur ces éléments en moi qui brillent, qui sont uniques, et peut-être même qui valent la peine d'être partagés.

Ça suffit les doutes.
Je m'arrête.  Un doute.  Et si cette absence complète de méfiance dont je fais preuve était un signe que j'ai une veine presque pure d'auto-destruction au coeur de ma Mine Psychique?

Je fais confiance, je crois ce qu'on me dit, je prends pour acquis que les intentions sont bonnes.  Et quand je m'inquiète, c'est pour me demander si je ne suis pas en train de décevoir.

Qu'importe.  Je veux garder cette Confiance, cette ouverture complète, pour les mêmes raisons que je me contrains à l'Honnêteté la plus complète: parce que pour moi c'est la seule façon de vivre avec la conscience tranquille.  Et si ça se retourne contre moi (et ça va arriver), je ferai de mon mieux pour guérir et continuer mon chemin.
À peine éveillé que mon esprit continue de cogiter comme si sa survie en dépendait.  La première Idée de la journée:

La Chute n'est pas le seul moyen de s'affranchir d'une situation intenable; certes, si le but recherché est de ne jamais faire pleinement partie de son existence, et d'être en mesure de s'éclipser, d'être invisible... c'est un succès assuré.  Et parfois c'est la seule solution qui est à notre portée.

Mais il est possible d'insuffler la vie à chaque créature qui habite notre Âme... envoyer les mineurs dans les tunnels les plus profonds, attacher des messages aux pattes délicates de nos pigeons-voyageurs, hisser le Jolly Roger au-dessus de la cabane secrète, ordonner aux musiciens de créer des concertos hallucinogènes, étendre le territoire de notre escouade de pickpockets philanthropes, entamer de longs rituels impies qui réveilleront fantômes & vampires & squelettes, engager des sufragettes émancipées qui se coordonneront pour tenir des séances apocalyptiques aux quatre coins de la ville, imprimer des pamphlets incendiaires non dans le but de soulever la masse ouvrière mais pour rallier les aristocrates à la Cause, diffuser des messages publicitaires pour informer la population de l'importance d'avoir un Domovoï ayant une bonne santé mentale, financer des hordes de moines pour copier et créer des manuscrits enluminés et distiller des boissons incroyables et concocter des fromages inimitables, faire adopter des loins anti-constitutionnelles pour que soient déclarées Patrimoine Imaginaire Humain les anneaux de champignons qui sont portails pour les Fées... (Je reprends mon souffle.)

Engendrer en soi une longue insurrection festive qui fera de la Vie Intérieure un Domaine si chaotique et mystérieux et vibrant, qu'il sera pratiquement imprenable par les Forces de l'Apathie. 

25 juillet 2015

Noirceur.  Chaleur.  Nonchalante complicité, aux origines probablement explicables mais jusqu'ici inexpliquées.  Forces centrifuges qui me clouent aux parois, je ne résiste pas, les yeux fermés je souris, étourdissements extatiques auxquels je ne cherche pas à mettre fin.

Let's not stop.

La possibilité me m'effleure même pas l'esprit; however much time I have, whatever I have to give, I'm putting it all in.  Judgement of how I got here put aside, I intend to turn this situation into something Magickal and boundless and inspiring and blinding in its undefinable Truth.  This is where and when I am; this is Now.  We're here, we're near.

Overflowing with universal Love and Forgiveness and Gratefulness and Tolerance.  I have no idea how I ended up like this, where it comes from or where it's going.  But notwithtstanding... this is the State of my Being.  And my Being is looking your way.

With the coming of dusk, twilight, the Gloaming, worries strive to make their way back into my skull.  I push them back, repel their treacherous desperate assaults with the sole power of my clear conscience.  They are not winning, but still I feel the need to make a speech from the ramparts:

I have been honest.  And I am.  And I will be.


Whatever I am, however you see me, that's all I am.  No more, no less.  There is no hidden dark side to me.  It's there for all to see.  I'm Charlie Brown smiling under a big dark cloud.  Eeyore with a hip-flask.  I admit to everything, my failures, my weaknesses, the things I'm proud of, the things I'm ashamed of.  

If you like what you see, what you feel, what you hear, what you read, then rest assured: there's nothing else.  No big secret that'll break your heart down the line.  If you're expecting something more, I'm sorry.  That's not me.

What I am, I am.  What I'm not, I'm not.

Out of habit, I guess, I keep expecting you to realize that I'm subpar, a lowly failure, a schizo with a head full of stories (stories... stories are my language, my doorway into Life), a gentle loser (so why don't you kill me?), a weirdo with a pronounced disconnect from Reality.  But at the same time, even though I'm kinda expecting you to pull away, I don't believe in my own doubts.  That's not what I'm picking up.  And I'm grateful, so grateful, for the blessed privilege I am currently receiving.

I don't know, I don't understand, I don't care.  This, right here, is Magic.  And Magic is something bigger than yourself, that you can't predict or completely control.  Something that changes lives.
I see now
that all my life
I've been trying
to dedicate myself
fully and completely
to this very real
strata of Human Consciousness
called Imagination.

I understand
all my past struggles now,
and I pledge to myself
never to turn away
from that goal again.


"High, I'm telling you, high. What's the law against being high? What's the use of not being high? You gonna be low?"

--- "Visions of Cody", Jack Kerouac
Musiques, "housework SUPERCHARGE", pour mettre du vent dans des voiles inexistantes.  M'interroger sur ce ça prendrait pour les déployer.

(Randolph Carter, ta clé, ta clef, tu l'as laissée où?  J'espère qu'elle n'a pas été oubliée de l'Autre Côté... mais ça expliquerait bien des choses...)

Et puis, distrait, constater que j'ai progressé dans ce que j'avais à faire sans trop m'en rendre compte.

Ce qui est dans ta tête est dans la mienne, et vice-versa.  Comment on en est arrivé là?  Cette honnêteté et cette propension pour le partage qui se sont si souvent retourné contre moi, ça aurait finalement porté fruit?  Tout vient à point, c'est ça?  Incroyable.  Mais il n'est pas nécessaire de croire en quelque chose pour que ses influences opèrent.

Il faut faire durer cet Instant, où chaque mot, chaque échange, chaque confidence, résonnent dans ces Cavernes que sont nos Esprits. 
Se réveiller.  Avoir le désir de se lancer dans les flots du temps qui avance plutôt que de dormir un peu plus.  La maison est silencieuse.  Fraîcheur de la matinée.  La brise est revenue d'elle-même.  Aller cueillir quelques framboises.  Envoyer une salutation longue-distance.  Donner mon combustible matinal quotidien aux machines organiques qui m'animent.

Un félin qui s'exprime.  Un homme invisible qui renifle.  Des pigeons qui s'envolent subitement.  Une colombe (?) qui huhule paisiblement.  D'autres oiseaux qui mitraillent leur environnement avec des ondes sonores énergiques.

Des fleurs de trèfles (et j'ai un peu envie de me rouler dans le...), des lys orangés qui dansent au gré des agissements aériens, de l'herbe un peu trop longue qu'il faudrait que je tonde (contrat tacite mais ô combien absurde quand on a choisit de s'installer en banlieue... but nevermore).

Mais j'entends autre chose aussi.  Des fréquences que je ne devrais pas être en mesure de capter.  Comme si j'avais subi une métamorphose quelconque dans une des contrées d'Arcturus, j'ai des oreilles supplémentaires qui croient l'entendre, à des lieues de moi... ou du moins qui percoivent les signaux infimes de cette Présence, irradiant en cercles concentriques jusqu’à moi.

24 juillet 2015

Nonobstant ce qu'il y a dans nos têtes, les partages divers (morceaux de passé, collections d'imaginaires, impatience, hâte) constituent à eux seuls un acquis précieux, complet et n'ayant rien à envier.

Non, il n'est pas nécessaire de définir ça.  "Juste être, enjoy, progresser, partager, voyager, cote à cote et ensemble."  Oui.  Juste ça, c'est beaucoup, c'est enviable.  Tout vient à point.

Je ne sais pas.  Je ne sais rien.  Ou plutôt... je sais que quelque chose est en train de se passer.

La journée tire à sa fin, une journée sans événements visibles.  Mais tous ces mots échangés, envoyés, lus, relus, savourés... il y a là une matiére qui n'est pas du tout banale.  Et il reste encore deux journées complètes à remplir ainsi avant de se rendre à la Verdure.
Mélancholie nocturne avec la venue de la Soirée estivale; les cigales se taisent; les oiseaux aussi (ou en tous cas je ne peux les entendre avec le bruit ambiant qui m'entoure).  Un vide, un manque, qui survient et me surprend.

Alors je sors et m'asseois dehors, m'étant envoyé une lampée de lave dans l'oesophage.  Quelques oiseaux, si je me concentre et fais abstraction auditive de toutes les télés qui crachent leur hystérie dans les maisons du quartier.

L'arbre est immobile, la brise partie.

Wanderlust, oui.  Moi aussi.  Partir et essayer de retrouver la brise.  Je ne sers à rien ici, ou si peu.

L'Esprit, lui aussi, peut être pris par cette fièvre... alors je rêvasse, je dérive, et j'entends le son des vagues qui se brisent et se dispersent.
Inter-locked interlocutrice, correspondances envoyées sur des avenues à sens uniques jusqu'à ce que nous nous retrouvions dans le même microcosme et qu'alors la simultanéité immédiate soit possible.

Je ferme les yeux et je vois une grande tapisserie; lentement les motifs s'agencent, et je commence à en comprendre l'organisation, sa logique organique et les vérités inévitables auxquelles son unicité corpusculaire doit obéir.  Et le décadent que je suis se contente de sentir les vibrations de ce Tout sans se soucier des codifications philosophico-culturelles qui pourraient en être extraites, artificiellement ou pas.  Décadent, je ne vie plus que pour les sensations, et les extases qu'elles peuvent procurer (à moi, aux autres, je ne suis pas capricieux là-dessus).

* * *

"Pour sentir de cette façon, il faut avoir souffert beaucoup, il faut être un de ces coeurs que le malheur ouvre et amollit, au contraire de ceux qu'il ferme et durcit.  Le Bédoin de la civilisation apprend dans le Sahara des grandes villes bien des motifs d'attendrissement qu'ignore l'homme  dont la sensibilité est bornée par le home et la famille.  Il y a dans le barathrum des capitales, comme dans le Désert, quelque chose qui fortifie et qui façonne le coeur de l'homme, qui le fortifie d'une autre manière, quand il ne le déprave pas et ne l'affaiblit pas jusqu'à l'abjection et jusqu'au suicide."

--- "Les Paradis Artificiels", Charles Baudelaire
Activation de mes membres, tant bien que mal, malgré la pénurie de combustible.  Je n'ai pas de Potion Magique mauve mais j'ai quand même un twinner: il s'occupe de la ménagerie pendant que moi je m'explose les idées, envoyant des fusées pyrotechniques dans la direction approximative de celle qui me lit.  

Le souffle des détonations soulève la poussière et installe un joyeux chaos au centre de mon Territoire multi-dimensionnel.
Je reviens, étranger entre ces murs familiers, et je m'enfonce dans la répétition.  Fuire le meal-ticket pour permettre à quelqu'un d'autre de fuire.  Devant moi, amas de corvées que personne ne m'impose sauf moi-même, mais qui me semblent tout de même injustes.  Mais dans ma boîte cranienne je suis (d')ailleurs, vistas of the Multiverse are enticing me, and I'm not letting any/thing/one steal my happiness.

Après la douce nuit, la douce brise du jour qui commence.  Parmi la ménagerie de mes tâches, j'écris, toujours.  

23 juillet 2015

Trois/quatre jours avant le prochain rapprochement, ce qui me laisse non pas anxieux ou hâtif (d'accord, peut-être un peu), mais émerveillé de constater que (de mon point de vue du moins) tout se passe si fluidement, si naturellement... immersions mutuelles, dialogues live ou à retardement, élévations.  Sourires.

Se dire au revoir

("J'ai hâte de te lire / Moi aussi")

et sentir que c'est comme si on venait de s'avouer quelque chose, petit secret que nous partageons et qui n'existe nulle part ailleurs qu'en nous.

Résister (sans efforts) aux attitudes habituelles, n'être que soi, l'extension de nos personnalités respectives, et n'étant pas régis par des traditions, conventions sociales, idées pré conçues en usine ("Dark Satanic Mills" indeed, my dear W.B.), blocages culturels, méfiances fortement suggérées par la propagande officielle mais subliminale...

Trois/quatre jours pour méditer là-dessus et laisser le sang-d'encre couler.
idée fixe depuis l’Ides de Juillet
que mes yeux se ferment
ou bien qu’ils s’ouvrent;

vélocité volontaire
vers une accoutumance assumée
à cette Présence impalpable
dont la proximité
dédouble et décuple
la dense amplitude
de mes Pensées;

in ictu oculi
(un bel œil marron)
ajout manifeste
au dramatis personæ

22 juillet 2015

Le cérébral que je suis se perdant dans une réflexion sur le bien-fondé de la Réflexion...

       (ne pas s’attarder à ses soucis
       voir ça comme une perte de temps & d’énergie
       préférer lutter par le rire et l’action et la réflexion
       par le mouvement
       plutôt qu’une paralysie analytique
       
       est-ce une bonne chose?)

... s’en voit soudainement extirpé par l’apparition involontaire d’une image : de beaux yeux bruns, brillants et vifs, qui le regardent.
soirée festive
un peu de sommeil
me revoilà
l’esprit vague
mais bien en vie
prêt
pour une autre
succession de moments
que je remplis
comme il faut
comme je peux
comme je dois
comme je veux

laisser échapper
un peu de mes lueurs
sourires
que je ne retiens pas

vérité évidente
(sauf
pour un étourdi
comme moi):
si tu deviens
maillon d’une chaîne
le courant circule
et te passe au travers

l’énergie engendre l’énergie

21 juillet 2015

Ma présence, la tienne. Nos esprits qui se rencontrent brièvement, le temps de le dire, mais en ce qui me concerne le côtoiement se poursuit, s’étire, infuse, n’étant pas la cause de l’ébullition que je transporte en moi mais y contribuant. Ne remplaçant pas les pensées qui m’habitent, mais leur donnant une autre couleur et davantage de profondeur, tout au long de la journée, alors que je vaque à mes affaires. Non pas distraction, mais ajout d’une strate, d’une autre dimension à mon intellect, me permettant d’habiter plus d’une psychogéographie intérieure à la fois, comme un espèce d’anti-héros arpentant « the multiverse. »
 
Je ne sais rien; je ne sais pas comment tu me perçois, comment tu m’appréhendes, ou ce que tu retires de m’avoir parmi tes connaissances. Mais je ne m’en inquiète pas (trop), car tu me souris et tu me parles et tu m’écoutes et tu acceptes de passer du temps avec moi et le temps que ça dure c’est agréable, c’est plaisant. Curieux phénomène, entre deux individus qui ne se connaissent pas beaucoup, mais qui (me semble-t-il) sont sur la même longueur d’ondes. Similitudes, coïncidences, affinités.
 
« On refait ça demain? »
 
Mon sourire, le tien. Et je déguste la sensation d’amitié et de rapprochement que la continuation de nos rencontres sous-entend.

20 juillet 2015

Grateful

Where I saw
some kind of drama,
there was nothing
nothing to worry about.

And: "Don't stop."

When I jest
and extend
the extent
of the potential
time spent:
a smile.

And through it all,
a feeling.

As if
(by some common conscent)
the spaces overhead
have been filled
by bats, sparrows, hummingbirds, caterpillars-turned-butterflies, flying leaves, glorious wind, shiny pollen, dustmotes, fast flying clouds, a silent hot-air balloun, a kite, shooting stars, fireflies... and the best, most comforting blinding sunlight.



Réflexion modeste

"If the Sun and Moon should ever doubt, they'd immediately go out."
--- “Auguries of Innocence”, William Blake
 
Peut-être n’est-ce pas d’avoir « confiance en moi » qu’il me fallait, mais tout simplement l’atteinte d’un état de stabilité où je n’ai pas besoin d’avoir confiance en moi pour agir?
 
Non pas Confiance, donc, mais tout simplement absence de Doute.
 
Parvenu à un stade où il est temps pour quelqu’un de se donner, de s’ouvrir, d’offrir et de s’offrir (bref, d’aimer), l’absence totale de remise en question est donc peut-être légitime… agir comme on siffle ou on chante… comme on rit… comme on s’endort… comme on parle à un ami…
 
Je ne sais pas exactement comment j’ai réussi à me rendre jusque là, mais je vois les changements… cette envie de prendre ma place, de m’afficher, presque de me proclamer. Ces pulsions spontanées (mais réfléchies) qui font en sorte que j’arrive maintenant à me répandre en effusions de Moi, et à accepter celles des autres.

Observation modeste (le moteur s'échauffe)

J’essaie depuis longtemps --- encore et toujours --- de transformer mes malédictions en Bénédictions.
 
Avec cette prise de conscience sans cesse grandissante de la présence du Néant, je suis parvenu à être capable d’utiliser deux avenues :
 
Mes glandes nihilistes me donnent l’énergie du désespoir et je fonce, tête baissée, yeux fermés, jusqu’à ce qu’une sérénité me rattrape.
 
- ou -
 
Mes ganglions rêveurs m’entraînent dans une spirale envoûtante d’Infini, et alors j’émane dans un demi-rêve intemporel.
 
Dans les deux cas, j’existe et j’ai dans la bouche le goût de ma Vie.

19 juillet 2015

Belle's Palsy

(Because Darkness is the Primordial State.)

www.youtube.com/watch?v=NnS4pWihJTs


"My arms shake, I can't feel my legs
My skin flakes most every day
Leaves a mess of a man
In a sea full of sin
The storm is coming in

I open my mouth and find little voice
I was meant to love you, I don't have much choice
But I will sing this song and I'll sing it with joy
The storm is coming in

So I hold my breast
Imagining
The tenor and the bass singing
We'll beat our breast and sing our song
And whip ourselves to the candlelight

And this song is to my enemy
This song is for my priest
And this song is for my eagerness
In my ill prepared feast

And like this rain
I move it along
Remembered only through my pathetic song
But the wind it howls and the mobs that roar
The storm is coming in

I collect your name in a masons jar
Places on my shelf and handled with care
But sometimes the thunder shakes them close to the edge
And the storm is coming in

So it's broken glass on a hardwood floor
Once was here, now no more
It seems
So I take the glass and stab the throat
So I can hit the holy note from my hymns

And this song is for the prophet
This song is for the poor
And this song is for the holy men
Who abuse our sacred words
And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name

So I hold my arms
Imagining the tenor and the bass singing
And we beat our breast and sing our songs
And whip ourselves tot he candlelight

And this song is to my enemy
And this song is for my priest
And this song is for my eagerness
An ill prepared feast

And I'll get down on my knees
Hallelujah
I cry out your name

And I thank you
And I love you
But I must make you understand
I have become less than a man
And the storm is coming in"

--- "Bell's Palsy", Reverend Glasseye
"Je te lis.
N'arrête pas."

Avec cet encouragement
je me lance 
sans obstructions
"Les Amants du Pont-Neuf" en tête
je vois de l'eau
une rivière
un fleuve
une péniche
et on rit.

Par ici,
c'est par ici.
Tous sont les bienvenus.

Dans ce thorax,
dans cette cage,
un astre ardent
qui émane
qui projette
dans toutes
les directions
ne se souciant pas
de sa destination
de ses compagnons
ou de sa durée de vie.

Savoir que 
la douleur est Inévitable
c'est se libérer
de tout un baluchon
de pourritures.

Recueillir avec soin
chaque paille de sensation
et les répandre dans le vent;
mon astre est fait pour sentir.

J'irradie,
et je veux
m'amplifier
en me combinant
avec tous ceux
qui le veulent aussi.

18 juillet 2015

Le Retour des Sens

Le Retour des Sens (que je m'efforce d'étudier pour en capter les particularités et ensuite être capable de le codifier sur papier) trimbale avec lui tout un arsenal d'effets secondaires et d'ivresses arbitraires.  

Des enthousiasmes inexplicables et imprévus, marchant dans la rue avec un sourire béat. La capacité de me concentrer sur le Maintenant, ce qui me laisse un peu beaucoup ébahi par les assauts paralysants du Réel. Une effusion d'idées et de pensées, et pour la première fois en tellement longtemps le besoin d'avoir un petit carnet + crayon dans ma poche, comme avant, pour ne rien perdre. De douces rêvasseries qui se déplacent dans la présence corporelle et incarnée de cette fusion Corps & Esprit que j'appelle "Moi".

Mais aussi, ce qui pour moi est plus difficile à gérer, des entrains que je ne peux que qualifier d'égoïstes... conséquence directe d'avoir lentement appris à m'administrer le respect que je mérite, et donc de considérer que je ne peux être un individu positif et apte à contribuer que si mon propre bien-être est tout en haut de la liste de mes priorités.

C'est douloureux, par moments; je regarde mes enfants et je constate qu'ils ne sont plus pour moi les êtres quasi divins qu'ils étaient auparavant. Mon amour n'est pas moindre, mais... (comme c'est difficile à admettre) je pense à moi avant tout, tout en n'ayant pas perdu le sentiment de devoir et de responsabilité que j'ai envers eux.

Nouveaux "paradigmes" que je dois appréhender, instinctivement (ma seule approche, l'attitude qui me convient le mieux), avec les troubles et petits moments où je me sens dépourvus que ça sous-entend.

Mais ça aussi, je le reçois comme la lumière trop forte du soleil sur mes yeux fermés.

17 juillet 2015

mon dix sept zero sept à moi

Des mots nouveaux, des yeux nouveaux, s'engager sur le sentier, n'être qu'à l'orée de [...] mais sentir que [...]. Tourner le regard vers le bas et constater que je suis nus pieds, vulnérable certes mais surtout apte à absorber chaque sensation que l'aventure a à offrir. Puis vers le haut et me perdre dans l'abstraction de l'Infini. 

Dans mon abdomen une drôle de créature qui se débat sans raison, dilemme entre fight or flight alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une ombre. Décider de me plonger dans cette perturbation les yeux fermés. Une vieille phrase qui me revient: "des zones obscures d'inconfort et d'allégresse".

À la surface de ma Pensée des vagues, comme des caresses, qui de façon muette me transmettent un message qui dans ma tête devient mots: "tu es en vie et tu dois être conscient de la chance que ça sous-entend et du privilège que tu as de pouvoir passer des moments légers et intimes et hilarants et silencieux avec des individus qui décident de t'accepter dans leur proximité et de partager avec toi et de recevoir ce que tu partages... l'émotion innatendue que tu as ressenti quand M. t'as serré l'autre soir (accolade masculine et respectueuse mais sincère)... le cadeau spontané que B. t'as fait, et qui te démontre une fois de plus qu'il a autant d'égard  pour toi que tu en as pour lui... la façon posée et respectueuse que F. a lorsqu'il s'encquiert de toi... ce regard inquisiteur (ou intéressé?) que tu aperçois parfois chez M. dernièrement, comme si tu étais maintenant visible aux instruments de détection de son radar... et surtout, cette considération prudente mais entière qu'A. manifeste envers toi... tu es attentif à ces manifestations de Vie, cette Vie qui te sourit même quand tu lui tournes le dos, même quand tu dors, et qui n'a pas de rancune contre toi quand il t'arrive de passer plus de temps avec l'envers de la médaille."

L'animal continue de s'agiter dans sa cage, j'essaie de le calmer mais ça ne semble pas fonctionner. Jusqu'à ce que l'évidence s'impose: je n'ai qu'à ouvrir la cage.

11 février 2014

[Fouiller les archives #03]

Mon Cerveau est une masse charnelle épuisée,
inerte et flasque,
qui ne laisse plus rien passer,
ni Émanations vers l’Extérieur
ni Vibrations vers l’Intérieur.
 
Tout est morne,
tout est plat,
je n’ai rien à dire
et je suis mat.
 
Indifférence et irritation,
impassible je contemple,
et toujours recherche la Fuite.
 
Art, Musique, Littérature,
presque plus rien ne me fait rien.
Seules les Histoires, l’Imagination,
continuent --- encore et encore ---
d’irriguer les terres arides de
mon Cerveau…
[reprendre la lecture du début]

6 octobre 2013

[Fouiller les archives #02]

Le Néant est partout, cela va sans dire.  Mais il est peut-être encore pertinent de souligner qu'il faut continuer de vivre sous cette Domination, tenter d'évoluer ou tout simplement de cesser de régresser, avec autour de soi l'air ambiant de la nausée-abonde Fin des Temps Humains.
 
Oui, l'Humanité est morte de l'intérieur depuis un bon bout de temps déjà; l'avarice généralisée, les abus de Pouvoir de toutes sortes, la prolifération des Névroses, sont des pustules boursouflées à la surface du Cadavre.
 
Mais nous sommes ici, maintenant, et à part se suicider on ne peut pas faire grand-chose.  Sauf, peut-être, rester civils malgré l'effritement de la Civilisation.  Question de rendre plus agréables les derniers instants du Mort.
 
Ne pas faire de mal, donc.  Ne pas voler, subjuguer, violer, tuer, haïr, exiler, accuser, mépriser, démunir, dévaliser, déshériter, DÉTRUIRE.  Est-ce trop demander?
 
En définitive, rien n'a d'importance que ça.
 
Tout le reste (ambitions, réussites, conquêtes, appétits, héritages, vengeances, rancunes, traditions, blessures ancestrales, vertus, supériorités, créations, chef d'œuvres, monuments, philosophies, croyances, découvertes) n'est que Fiction Humaine dont il ne restera rien dans quelques années, quelques décennies… après notre mort ou après la disparition de l'Humanité, toutes deux inévitables.
 
"Come on people now
Smile on your brother
Everybody get together
Try to love one another
Right Now."

27 mars 2013

[Fouiller les archives #01]

Je continue de penser que le Cerveau se manigance les opinions dont Il a besoin pour justifier, expliquer et signifier la Personne à qui Il appartient.

Ainsi, l'Écrivain manqué que je suis, ayant abandonné l'écriture, en est arrivé graduellement à ne plus trop voir l'importance de la Littérature, et même de l'Art en général, tout en continuant, par habitude, d'en être intéressé, attiré.

Avec le temps, cette attitude inconsciente se métamorphose en quelque chose de plus précis; quelque chose comme une philosophie selon laquelle, bien qu'objectivement inqualifiable et donc sans réelle valeur quantifiable, l'Art dans son ensemble est tout de même important car il nous permet de se détourner du Vide (qui lui, au delà d'une initiation primaire avec ce qu'Il est, n'a absolument rien de bon à nous offrir).  L'Illusion étant donc ainsi une bénédiction, dont nous serions bien fous de ne pas nous prévaloir (sans toutefois vouloir ou pouvoir oublier qu'il ne s'agit toujours que d'un baume sur une plaie qui ne guérira jamais).

Et puis, plus tard, cette Constatation ayant été absorbée, sédimentée, voilà que ça se transforme en une Pensée plus profonde encore.  Une vaste réflexion où, tout en étant conscient de l'aspect utopique et irréaliste de la chose, on se dit que pour passer à autre chose à l'échelle de l'Humanité, il faudrait tout démolir, incluant ces beaux passe-temps qui me sont si essentielles.

Mais immédiatement je me reprends... je me dis que non, ça ne peut pas être vrai...

Et je jongle avec ça, sans appuis ou support externe.  Jusqu'à ce que je lise Island de Huxley, et que j'y trouve une élaboration précise de cette même idée.

Voyons vers quoi me mènera ensuite mon Cerveau...

14 juin 2012

Fear and Loathing in Whatever

Être étrange que je suis, à mes yeux du moins, je suis poussé, par-là, par ici, au gré d'événements aux apparences mystiques, sinon dans leur nature du moins dans les effets qu'ils ont sur moi.

D'abord, suite à une transe artificielle dans ses origines mais bien réelle dans ses ramifications, je me trouve à penser aux remous qui secouent actuellement mon petit coin de la planète, et j'y vois l'énergie du désespoir, rien de plus rien de moins, explosant momentanément dans un cul-de-sac civilisationnel beaucoup trop avancé pour être réglé.  À ce stade-ci, c'est tabula rasa ou la Fin des Temps pour l'humanité.

Quelques jours plus tard, un rêve dans lequel je suis chez moi avec ma Compagne, mes enfants, quand tout à coup nous entendons le vacarme sinistre de plusieurs hélicoptères nous survolant.  Moi et Elle on se regarde, et on comprend que quelque chose de grave vient de se produire.  Nous descendons nous réfugier au sous-sol, puis je regarde par la fenêtre et je vois les couleurs radieuses du soleil qui est près de l'horizon (coucher ou lever, je ne sais pas trop), me disant que c'est peut-être la dernière fois que je vois cela.  Je remonte, vais sur Internet, et là sur le site des nouvelles je lis quelque chose qui ressemble à: "Tragédie!  Aujourd'hui le Canada a un nouvel ennemi, l'Alberta et le Nord de l'Ontario ayant été dévastées par des bombes nucléaires."

Ces deux petits événements internes m'habitent et me hantent indûment, et quand au fil de la routine quotidienne je suis mis devant les mots ou les actions de ces humains qui nous gouvernent, ou quand je prends connaissances des commentaires de la majorité de mes concitoyens face à l'actualité, je suis rempli de rage, de dégoût, et j'ai chaque fois le réflexe instinctif de me retirer, de quelque façon que ce soit.

25 mai 2012

Je suis perdu, un perdu, chez qui le déracinement est arrivé trop tôt, trop fort, cataclysme s'étant produit suite à ce qui n'aurait finalement dû être qu'un dépaysement.  Je suis isolé dans ma tête, incapable de me sentir à l'aise ou "chez moi" nulle part, ou avec qui que ce soit.  Ma famille n'est plus ma famille, mes amis ne sont plus mes amis, je ne souhaite pas retourner dans ma terre natale, je ne souhaite que m'isoler encore plus, ne pouvant pas me sentir plus aliéné que je le suis déjà.

Tel un damné dans un récit de Lovecraft qui a vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, un Grand Ancien qui lui aurait révélé l'Absurdité Cosmique de l'Univers, je déambule, sans joie, sans ambition, à jamais en exil dans mon propre intellect.

21 mai 2012

Pleurer de rage,
alors que jour après jour
rien ne me fait rien...
un miracle,
ou une calamité.

Souhaiter qu'étincelles
deviennent Feu.
Que ça soit le Début
de la Fin
du Début
du Début
de la Fin.

Les appels à la Solidarité
me donnent envie de partir.
Je suis un Déraciné,
un Fini.


2 février 2012

Vox Nihili [Latineries]

Alors qu'actuellement ma vie extérieure est entraînée dans des remous qui devraient mener ma Famille dans une situation plus confortable (tabula rasa, pour mieux recommencer), intérieurement je continue de me détériorer.

L'image la plus appropriée que j'ai trouvé pour exprimer cette sensation de désintégration que je ressens depuis des années, c'est celle d'un moteur qui manque d'huile, et donc qui surchauffe et lentement s'use à force de friction sèche et pénible.

Je ne vois que la Mort, partout.  Sur ma tête est perchée une créature, une Idée Noire — sombre et funeste — qui répète, sans cesse: Memento Mori.  Ça va et ça vient, l'intensité est variable, mais le résultat c'est que plus rien n'a de sens, tout me semble futile. 

Je suis bien au-delà d'être un "nihiliste", car même le "nihilisme", l'affirmation de déni implicite de cette philosophie, n'a pas de sens pour moi.  Continuer et vivre, abandonner et se tuer, rien ne m'attire, rien n'a de sens.

Le cliché, évidemment, est de répondre: Carpe Diem.

Mais voilà, qu'est-ce qu'on fait quand on a perdu (et depuis longtemps) la pleine capacité d'apprécier quoi que ce soit?

Je suis vide, dénué de passions.  Une passion est un peu comme une obsession dont on ne peut pas se débarrasser, quelque chose qui s'apparente à une pulsion qu'on ne contrôle pas.  Or, moi, je maîtrise parfaitement mes intérêts… ce sont des obsessions que j'encourage et que je nourris, volontairement, pour ne pas qu'elles meurent (et moi avec).  Car elles me gardent en vie, elles me droguent, me permettent d'oublier.

J'ai une Compagne, des enfants, alors je reste droit et je fais ce que je dois faire.  Je participe aux entreprises d'améliorations (mutatis mutandis) dont ma Compagne a besoin, me range avec elle car elle est du côté de la Vie, et qui peut se ranger contre la Vie?  Mais je ne désire rien, ni changement ni statu quo, et donc il est inévitable que tout ça finisse par manquer d'élan, et périodiquement j'en arrive à cet État de Vide Total qui présentement m'occupe.

Ubi nihil vales, ibi nihil velis.

Et puis depuis quelques jours, une recrudescence de ces brèves douleurs vives que je ressens parfois, depuis des années, en quelque part dans le côté gauche de mon cerveau… quelques fois par jour, pour une ou deux seconde… comme une brûlure du noyau central.  Des accès hypocondriaques où je m'imagine une tumeur au cerveau, un anévrisme qui me terrasse et me laisse légume… tout ça accentue le poids de cette Idée Noire.

Et une impatience géante face à tout, les nouvelles, la radio, les publicités, les "réseaux" "sociaux", mon travail.  Tout est futile, tout est de trop.  Mors Omnibus.

Inlassables refrains, que je dépose ici parce que ça semble être un réflexe quand j'ai l'impression de toucher le fond.

Cacoethes scribendi.

22 décembre 2011

Solstice

[From Jack Kerouac's Home At Christmas, first published in 1961]

"[…] now the Snow King has laid his drape upon the world, locked it in new silence, all you hear is the profound higher-than-human-ear screaming of snow radios bedazzling and electrifying the air like orgones and spermatazoas in a Universe Dance ― They start black specks from heaven, swirl to avoid my gaze, fall white and ploppy on my nose ― I turn my face up to the sweet kiss of Heaven ―

[...]

Somewhere above, the coalblack crow is yawking, cr-a-a-a-ck, c-r-a-a-ck, I see the flop of raven twit limbs battering onward through treetop twigs of aeril white to a hole in the heart of the forest, to the central pine and pain of my aching desire, the real Christmas is hiding somewhere from me and it is still, it is holy, it is dark, it is insane, the crow broods there, some Nativity darker than Christianity, with Wise Men from underground, a Virgin Mary of the ice and snow, a Joseph of the tress, a Jesus like a star ― a Bethlehem of pinecones, rocks, snakes ― Stonewalls, eyes ―

[...] 

Everything is saved.  There's heat and warm joy in my house.  I linger at the window looking in.  My heart breaks to see they're moving so slowly, with such dear innocence within, they don’t realize time and death will catch them ― not now."

21 décembre 2011

A little Christmas entertainment

[Taken from The New Traveler's Almanac, in Alan Moore's The League of Extraordinary Gentlemen, Volume 2]

"We headed on without event, though rather slowly, and at sunset yesterday we glimpsed what proved to be the claw-carved ice caves that comprise the region called Polar Bear Kingdom, where we were intrigued to find the gentle yet ferocious-looking ursine natives quite conversant with the English language […] they told us how they had been lately visited by representatives of an American who manufactured phosphate drinks and was most anxious in securing the pictorial rights to any suitably appealing bear activity, for purposes of advertising.  They said also that the representatives had next struck further north in hope of finding an elusive polar witch-doctor with whom they sought to make a similar agreement.  As of yet, the men had not returned
[…]

[...] we struck north and shortly blundered into yet more sense-defying circumstances, coming on a strange and mournful figure crouched before a deer-hide wigwam howling penitently.  Nearby was the body of another person (an American, we later learned) in modern arctic clothing, who'd been partly torn to pieces, as if by some form of animal.  The wild-eyed, bearded fellow, we discovered, was the same witch-doctor that our friends had warned us of, though he seemed far too stricken by remorse to do us harm.  He wore, as his magician’s robe, a fresh-flayed reindeer hide reversed so that the skin was outermost, its bloody red by now turned almost black, lined by the fur inside that stuck out in a trim around the garment’s edge.  The beast's head formed a cowl, the antlers jutting there above his lined, grey-bearded face.  He told us between moans of anguish that he was the ‘sha-man’ of the North Pole, charged at the mid-winter solstice with delivering the gift of cheer to all the homes on Earth, his disembodied soul darting around the globe born by his flying spirit animals while all the time his body lies here in his wigwam, raving mad and stained with vomit from the mind-affecting spotted mushrooms that he must take to achieve his trance.  Apparently, this Christmas past, his trance was interrupted by two rash Americans who represented the same phosphate-drink concern the polar bears had told us of.  This breach of the magician’s most important yearly ritual was met by the witch-doctor’s fierce invisible familiars, or ‘little helpers’ as he called them, who had torn one of the representatives into the shreds we saw a short way off.  The other fled, but only after reassuring the frantically-apologizing witch-man that his actions did not constitute a reason to break off their hoped-for future business dealings."

26 septembre 2011

Faussetés

Il y a trois ans, en septembre 2008, une série d'articles ont été publiés, dans Le Devoir et ailleurs, où il était question de nouveaux manuscrits de Jack Kerouac qui auraient été découverts par un journaliste nommé Gabriel Anctil.

Cette "nouvelle" a par la suite été reprise par l'Internet et ça s'est retrouvé sur plusieurs sites (allant même jusqu'à être mentionnée dans la page Wikipedia de l'auteur.)

Il est un peu tard pour réagir à ces articles, mais ça fait longtemps que je rumine tout ça, et des lectures récentes ont fait en sorte que ça soit remonté à la surface de mes réflexions.

En résumé, les points majeurs qui étaient postulés dans ces articles [1] sont les suivants:

1) Gabriel Anctil aurait découvert des manuscrits de Jack Kerouac, jusqu'ici inconnus, un appelé Sur le Chemin, un autre appelé La nuit est ma femme.  On allait même jusqu'à dire que les manuscrit "inédit[s] et insoupçonné[s]", "dormai[en]t depuis plus d'un demi-siècle dans la noirceur des archives".  On dit aussi que "on ignorait, jusqu'à tout récemment, que le célèbre écrivain américain avait créé une œuvre littéraire dans sa langue maternelle".

2) S'appuyant sur certains des ses écrits, on avance la thèse selon laquelle le Québec, et Montréal en particulier, aurait été des paradis espérés pour Kerouac.  On insiste donc un peu plus sur l'idée que Jack Kerouac serait tout simplement un québécois ayant vécu aux États-Unis.

Allant dans le même sens que les postulats mentionnés plus haut, on pouvait lire dans ces article des affirmations telles que:

"[…] la découverte de manuscrits inédits à New York par Le Devoir […]"

"La pièce maîtresse de ce fonds d'archives est très certainement un manuscrit complet de 56 pages intitulé La nuit est ma femme. Ce roman, constitué de courtes nouvelles de cinq ou six pages, est entièrement écrit en français et prouve pour la première fois que Jack Kerouac avait eu de très sérieuses ambitions de devenir, comme il le disait lui-même, un véritable écrivain Canadien français."

"Comme le montre cette semaine la découverte d'un roman […] Kerouac se considérait comme un Canuck avant d'être un Américain."

"Avant la récente découverte de manuscrits inédits […]"

Ou encore, cette fois tirée d'une entrevue avec Anctil:

"Tous les manuscrits de Jack Kerouac à New York sont accessibles, sur demande, depuis un an et demi. […] On avait quelques indices sur le fait qu'il avait écrit en français, mais aucune preuve tangible. J'ai donc épluché ses manuscrits à New York. Il y a un an, j'ai mis au jour un premier roman en français : La nuit est ma femme. C'est un texte dont l'existence était connue, mais qui n'avait jamais été lu, car non seulement, il était écrit en français, mais en joual, le langage populaire québécois. Seul un Québécois pouvait donc le lire. […] Quant à Sur le chemin, c'est un texte dont l'existence était vraiment insoupçonnée. Je l'ai trouvé en fouillant dans un cahier de notes."

Je vais maintenant tenter de démontrer pourquoi je pense que ces articles (et donc, par extension, leur auteur) sont mensongers, sinon directement, du moins de façon détournée et manipulatrice.

1) Gabriel Anctil n'a absolument rien découvert.  Ces manuscrits sont connus depuis des années.  Des versions abrégées de La nuit est ma femme et d'un autre texte en français appelé Ma folle naissance crépusculaire ont même été publiées en 1996 dans le numéro 521 de la Nouvelle Revue Française. 

De plus, tout l'inventaire de la New York Public Library a été catalogué en 2006 (on peut consulter cet inventaire ici: http://www.nypl.org/ead/479).  La nuit est ma femme y est classé sous l'étiquette 15.20; Sur le chemin sous l'étiquette 39.10.

La biographie de Kerouac écrite par de Paul Maher Jr., publiée en 2004, dit ceci: "The social mores and language of Lowell's Franco-America endeared its people to Kerouac.  In 1950, he wrote a letter to Yvonne Le Maitre […] commenting upon using his native tongue as an approach to speaking English […] Later he was comfortable enough to write some poems […] and an unpublished novella, La nuit et [sic] ma femme, in his native language."

Anctil n'a donc absolument rien "découvert".  Or, il s'agit d'un domaine trop pointu pour que ses affirmations soient ouvertement remises en question.


2) Il est fallacieux d'essayer de prétendre que Jack Kerouac était "québécois".  C'est une perception vraisemblablement populaire, puisqu'elle permet à un peuple de s'approprier une figure célèbre et de parer sa dorure nationale d'un aura de grandeur; ça m'apparait cependant être une fabrication, véhiculée encore et encore par plusieurs dont Anctil, dans ses articles (et — vraisemblablement — dans les conférences qu'il a donné sur le sujet). 

Il cite par exemple le Book of Sketches de Kerouac, n'en retenant que le passage suivant: "Montréal est mon paradis. Ils m'ont presque refusé l'entrée. Restaurant de gare de San Francisco combiné avec une taverne de paysans de Mexico + Lowell - O Thank's Lord."; Anctil conclue son article en disant "Visiblement, Kerouac se sentait bien chez lui au Québec."

Or, si on prend la peine de lire un peu plus du même sketch d'où est tirée la citation, on peut lire ceci:

"MONTREAL (in "taverne")  Montreal is my Paradise ― & they almost didn't let me in ― Railroad restaurant Frisco combined with Mexico Fellaheen girls taverns & Lowell ― O thanks Lord […] America is thrilling on a gray day, Quebec non […] The Canucks are ignorant, vulgar, cold hearted — I dont like them — No one else does"

Voyez que tout ça est déjà plus nuancé.  Ça semble être une épiphanie du moment, une extase de courte durée.  C'est moins facile à interpréter, et alors c'est plus difficile de faire dire à Kerouac ce qu'on aimerait bien qu'il dise.

Au moment où Kerouac écrit ces lignes, en mars 1953, il contemple effectivement la possibilité de déménager avec sa mère à Montréal, voulant se dénicher un emploi dans une compagnie de chemin de fer.  Mais son séjour au Québec est bref et décevant; il réalise assez rapidement qu'il n'y est pas à sa place.

Jack Kerouac n'était pas québécois; ses parents l'étaient.  Kerouac, étant né aux États-Unis, était donc un étatsunien.  Mais — et c'est là que le sujet devient intéressant — il était plus; il était Américain.  Il était amoureux de l'Amérique dans son ensemble, en tant que continent, géographique et psychique.  Sa déception, son désespoir, son cœur brisé, viennent justement de l'échec senti, annoncé et puis confirmé, de ce "rêve américain".

* * *

Voilà, je n'ai pas d'autres grandes affirmations pour contredire ou rabaisser Anctil outre mesure.  Je voulais juste faire ces précisions anodines, tout seul dans mon coin.

Ce qui me met en colère dans tout ça, c'est cette impression de voir quelqu'un se faire un nom en tant que prétendu "'expert de Kerouac" en s'octroyant des honneurs (i.e. avoir découvert des manuscrits), et en prenant Kerouac comme un pantin de ventriloque pour lui faire dire des choses qu'il n'a jamais dites.




Sources:

- Sur le chemin, publié le 4 septembre 2008


- Kerouac, le français et le Québec [http://www.ledevoir.com/culture/livres/156026/kerouac-le-francais-et-le-quebec], publié le 8 septembre 2007






[1] Et qui le sont sans doute toujours, puisque nulle part je n'ai vue une remise en question de ces énoncés.

10 août 2011

Émeutes

Passage de London: A Biography de Peter Ackroyd, où il est question d'émeutes s'étant déroulées vers la fin du 18ème siècle:

"It is as if the very restriction of the city encouraged the sudden appetite for wildness and license; the restraints imposed by a mercantile culture, ruinous in its effects upon many who comprised the crowd, encouraged rapid volatility of rage and exhilaration.  There were also too many people forced into too small a space, and this massive over-crowding in narrow streets engendered strange fevers and excitements."

3 août 2011

Dump

Si "acheter c'est voter" et bien je vote de moins en moins, et ce pour quoi je vote, c'est du vent, du vide, des "histoires imaginaires" dont la seule utilité est de me faire Oublier.

Je vote pour l'Oubli,
n'ayant plus
aucune envie,
désir ou élan
de Vivre.